‘Amr b. Saʿīd, Abān b. Saʿīd, et on a confirmé (1) la présence de Khālid b. Saʿīd, sans que l’on sache où il est parti, ainsi que Dirār b. al-Azwar, Hishām b. al-ʿĀṣ et ʿAmr b. al-Ṭufayl b. ʿAmr al-Dawsī. Dieu a réalisé la vision de son père (2) le jour de Yamāma. Ce jour-là, un groupe de personnes se faufila (3) : ʿAmr b. al-ʿĀṣ prit la fuite, accompagné de quatre hommes, jusqu’à ce qu’ils atteignent les femmes. Puis ils firent demi-tour lorsqu’ils furent réprimandés par (4) ces dernières.
Sharḥabīl b. Ḥasana et ses compagnons se dispersèrent, puis ils se ressaisirent lorsque l’émir les exhorta en récitant la parole divine : « Certes, Dieu a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens » [at-Tawba, 9:111]. Ce jour-là, Yazīd b. Abī Sufyān tint bon et combattit énergiquement. En effet, son père passa près de lui et lui dit : « Ô mon fils, crains Dieu et sois patient : il n’existe pas un seul homme parmi les musulmans de cette vallée qui ne soit cerné par le combat. Qu’en sera-t-il donc de toi et de ceux qui, comme toi, ont reçu la charge des affaires des musulmans ? Ceux-là sont les plus dignes de patience et de conseil. Crains donc Dieu, ô mon fils, et que personne parmi tes compagnons ne soit plus empressé que toi à rechercher la récompense et la patience au combat, ni plus audacieux face à l’ennemi de l’islam. » Yazīd répondit : « J’agirai ainsi, si Dieu le veut. » Ce jour-là, il combattit avec vigueur et se trouvait du côté du centre (– qu'Allah soit satisfait de lui –).
Saʿīd b. al-Musayyib a rapporté de son père que, le jour de la bataille de Yarmouk, les voix s’étaient tues et que l’on entendit un cri qui résonnait dans tout le camp : « Ô secours de Dieu, approche ! Tenez bon, tenez bon, ô musulmans ! » Il dit : « Nous avons alors regardé et constaté qu’il s’agissait d’Abū Sufyān (abrité sous l’étendard de son fils Yazīd). » Quant à Khālid, il passa la nuit dans la tente de Tadhāriq, le frère d’Héraclius — lequel était à la tête de toutes les troupes romaines ce jour-là. Tadhāriq prit la fuite avec ceux qui fuyaient. Toute la nuit, les chevaux parcouraient la zone en direction de la tente de Khālid, tuant chaque Romain sur leur chemin jusqu’au matin, où ils abattirent Tadhāriq. Il possédait trente pavillons et trente grands auvents en brocart, garnis de tapis et de soieries. À l’aube, les musulmans s’emparèrent du butin qui s’y trouvait. Cependant, leur tristesse pour as-Siddīq (Abū Bakr) — dont Khālid leur avait annoncé la mort — l’emportait sur la joie d’avoir trouvé ce butin. Mais Dieu les consola par al-Fārūq (– qu'Allah soit satisfait de lui –).
Lorsque Khālid présenta ses condoléances aux musulmans pour la mort d’as-Siddīq, il dit : « Louange à Dieu qui a décrété la mort d’Abū Bakr, lui qui m’était plus aimé qu’ʿUmar. Et louange à Dieu qui investit ʿUmar, lui qui m’était plus haïssable qu’Abū Bakr, et m’imposa de l’aimer. » Khālid poursuivit ensuite ceux qui avaient pris la fuite parmi les Romains jusqu’à Damas. Ses habitants sortirent à sa rencontre et dirent : « Nous restons sur notre pacte et notre traité ? » Il répondit : « Oui. » Puis il les talonna jusqu’à Thaniyyat al-ʿAqāb, où il en mit un grand nombre à mort, avant de continuer jusqu’à Ḥimṣ. Les habitants en sortirent et conclurent avec lui un accord semblable à celui de Damas.
Abū ʿUbayda envoya également ʿIyāḍ b. Ghanm à leur poursuite ; il les poursuivit jusqu’à ce qu’il atteigne Malaṭya (5), dont les habitants conclurent un traité avec lui, puis il rebroussa chemin. Lorsqu’il parvint à