Il dit : « Lorsque ton mari rentrera, transmets-lui mon salut et dis-lui de consolider le seuil de sa porte. » Une fois Ismaïl revenu, il demanda : « Quelqu’un est-il venu vous voir ? » Elle répondit : « Oui, un homme âgé, d’une belle apparence, nous a rendus visite. » Elle fit son éloge, puis poursuivit : « Il m’a interrogée à ton sujet, je l’ai informé ; il m’a questionnée sur notre vie quotidienne, je lui ai dit que nous étions dans l’aisance. » Il dit : « T’a-t-il fait une recommandation ? » Elle répondit : « Oui, il te transmet son salut et t’ordonne de consolider le seuil de ta porte. » Il dit alors : « C’était mon père. Il m’a ordonné de te garder (de ne pas te renvoyer). »
Il s’écoula le temps voulu par Dieu, puis il (Abraham) vint après cela alors qu’Ismaïl taillait des flèches sous un grand arbre non loin de Zamzam. Lorsque Ismaïl le vit, il se leva vers lui, et ils agirent l’un envers l’autre comme un fils avec son père et un père avec son fils. Puis Abraham dit : « Ô Ismaïl ! Dieu m’a ordonné une chose. » Il répondit : « Fais ce que ton Seigneur t’a commandé. » Il poursuivit : « Vas-tu m’assister ? » Ismaïl dit : « Oui, je t’aiderai. » Abraham dit : « Dieu m’a ordonné de construire une Maison ici. » Et il montra du doigt une éminence (1) surélevée par rapport à ce qui l’entourait.
C’est alors qu’ils commencèrent tous les deux à élever les fondations de la Maison. Ismaïl apportait les pierres et Abraham bâtissait. Lorsque la construction fut assez élevée, il apporta cette pierre qu’il plaça pour Abraham, lequel se mit dessus pour poursuivre l’édification. Ismaïl lui tendait les pierres. Tous deux disaient : « [Ô notre Seigneur, accepte ceci de nous, car Tu es l’Audient, l’Omniscient] » (Sourate al-Baqara, 2 : 127). Ils continuèrent de bâtir en faisant le tour de la Maison, tout en répétant : « [Ô notre Seigneur, accepte ceci de nous, car Tu es l’Audient, l’Omniscient] » (Sourate al-Baqara, 2 : 127).
Puis il (2) ajouta : « Nous a rapporté ‘Abdallah ibn Muhammad, nous a rapporté Abou ‘Amir ‘Abd al-Malik ibn ‘Amr, nous a rapporté Ibrahim ibn Nafi‘, d’après Kathîr ibn Kathîr, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs qui dit : “Quand il advint ce qui advint d’Ibrahim et de sa famille, il partit accompagné d’Ismaïl et de la mère d’Ismaïl, en emportant une outre (3) contenant de l’eau…” et il mentionna la suite du récit, à peu près comme précédemment.” »
Ce hadith est la parole d’Ibn ‘Abbâs, arborant une chaîne de transmission remontant partiellement au Prophète, et il contient certains éléments inhabituels. Il semble qu’Ibn ‘Abbâs l’ait reçu en partie de récits israélites. On y apprend également qu’Ismaïl était alors un nourrisson. Or, selon les gens de la Torah, Dieu ordonna à Abraham de circoncire son fils Ismaïl, ainsi que tous les serviteurs et autres personnes de sa maisonnée, et il obéit à cet ordre alors qu’il était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, de sorte qu’Ismaïl avait alors treize ans. Cela constitue l’accomplissement de l’ordre de Dieu (Glorifié soit-Il) concernant sa famille, et prouve donc qu’il s’agit là d’une obligation. C’est pourquoi l’avis correct selon les savants soutient qu’elle est obligatoire pour les hommes, comme il est établi dans l’ouvrage consacré à ce sujet.
Il est également établi dans le hadith rapporté par al-Bukhârî (4) : « Nous a rapporté Qutayba ibn Sa‘îd, nous a rapporté Mughîra ibn ‘Abd al-Rahmân al-Qurashî, d’après Abou l-Zinâd, d’après al-A‘râj, d’après Abou Hurayra, qui rapporte que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : “Ibrahim le Prophète se circoncit…” »