Au sincère véridique,
N’avez-vous pas entendu la parole de Dieu (qu’Il soit exalté) : « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et accompli de bonnes œuvres… » (An-Nûr, 55) jusqu’à la fin du verset ? Ayez honte – que Dieu vous fasse miséricorde – devant votre Seigneur de vous laisser voir en fuite devant votre ennemi, alors que vous êtes dans Sa Main, et que nul refuge ne vous est assuré en dehors de Lui.
‘Amr ibn al-‘Âs se mit alors en marche au milieu des troupes en proclamant : « Ô musulmans, baissez le regard, agenouillez-vous, brandissez vos lances. Lorsque l’ennemi lance sa charge contre vous, attendez jusqu’à ce qu’il parvienne à la pointe de vos lances, puis bondissez sur lui à la manière du lion. Par Celui qui agrée la vérité et la récompense, qui exècre le mensonge et rend le bien pour le bien ! J’ai entendu dire que les musulmans la conquerront village par village, forteresse par forteresse. Ne vous laissez pas impressionner par leurs rangs ni par leur nombre. Si vous leur livrez un assaut sincère, ils se disperseront comme les oisillons de la perdrix. »
Puis Abou Sufyân prit la parole. Il encouragea avec éloquence à combattre et fut très convaincant dans un long discours. Lorsqu’ils se firent face, il s’exclama : « Ô vous, gens de l’Islam ! L’heure que vous voyez est arrivée : voici le Messager de Dieu et le Paradis devant vous, tandis que Satan et l’Enfer sont derrière vous. » Il incita également les femmes : « Celle d’entre vous qui voit un homme fuir, qu’elle le frappe de ces pierres et de ces bâtons jusqu’à ce qu’il revienne. »
Khâlid suggéra à Sa‘îd ibn Zayd de se tenir au centre, et à Abou ‘Ubayda de rester en retrait derrière les troupes afin de ramener ceux qui fuiraient. Khâlid divisa ensuite la cavalerie en deux groupes : l’un placé derrière l’aile droite, l’autre derrière l’aile gauche, de sorte que personne ne s’enfuie et qu’ils puissent les soutenir par l’arrière. Ses compagnons lui dirent : « Fais ce que Dieu t’a inspiré », puis ils se conformèrent au plan de Khâlid (qu’Allâh l’agrée).
Les Romains arrivèrent, levant bien haut leurs croix. Le grondement de leurs voix tonnait comme le tonnerre, tandis que leurs prêtres et leurs évêques les exhortaient au combat. Ils formaient une armée aux effectifs et à l’équipement tels qu’on n’en avait jamais vus. C’est donc en Dieu que l’on recherche soutien et appui.
Parmi ceux qui assistèrent à la bataille de Yarmouk se trouvait az-Zubayr ibn al-‘Awwâm, le meilleur des Compagnons présents ce jour-là, célèbre parmi les cavaliers et réputé pour sa vaillance. Ce jour-là, un groupe de champions vint à lui et lui dit : « Ne voudrais-tu pas charger ? Nous te suivrons ! » Il leur répondit : « Vous ne tiendrez pas bon. » Ils insistèrent : « Mais si, nous tiendrons ! » Alors il chargea, et eux avec lui. Mais à la vue des rangs romains, ils reculèrent, tandis que lui fonça et traversa les lignes adverses jusqu’à ressortir de l’autre côté, avant de retourner vers les siens. Ils revinrent une deuxième fois lui demander la même chose ; il agit alors comme la première fois. Ce jour-là, il fut blessé à deux reprises entre les deux épaules – selon une autre version, il reçut une seule blessure. Al-Bukhârî rapporte dans son Sahîh un récit dont le sens confirme ce que nous venons de rapporter.
Quant à Mu‘âdh ibn Jabal, chaque fois qu’il entendait les voix des prêtres et des moines, il s’écriait : « Ô Dieu, ébranle-les ! »