Il marcha jusqu’à parvenir au canal de Bosra, où il trouva les Compagnons en train de la combattre. Le maître des lieux conclut alors un accord avec lui et lui remit la ville. Elle fut ainsi la première cité de Syrie conquise, louange à Dieu.
Khalid envoya ensuite le quint de butin pris aux Ghassanides, par l’intermédiaire de Bilal ibn al-Harith al-Mouzani, à as-Siddiq (Abou Bakr). Puis Khalid, Abou ‘Oubayda, Marthad et Charhabeil se mirent en route vers ‘Amr ibn al-‘As – tandis que les Byzantins marchaient contre lui sur la terre d’al-‘Araba, depuis al-Ma‘our – et ce fut la bataille d’Ajnadayn.
Or, un homme parmi les musulmans déclama, durant cette marche avec Khalid, dans un poème en rajaz :
« Par Dieu, que Rafi‘ a bien trouvé son chemin !
Il est passé de Qouraqir à Souwa.
Cinq jours de voyage qui ont fait pleurer l’armée,
Car nul humain, à ma connaissance, ne les avait parcourus avant toi. »
Certains Arabes avaient dit à Khalid lors de cette expédition : « Si, au matin, tu parviens à tel arbre, tu seras sauvé, toi et ceux qui t’accompagnent ; si tu ne l’atteins pas à temps, vous serez tous anéantis. » Khalid et ses hommes marchèrent donc, parcourant une longue distance de nuit, puis, au matin, ils se trouvèrent près de cet arbre. Khalid dit alors : « À l’aube, on loue le fait d’avoir voyagé de nuit. » Il en fit un proverbe, et il fut le premier à le formuler.
D’autres sources que Ibn Ishaq – comme Saïf ibn ‘Oumar, Abou Mikhnaf et d’autres – complètent ce récit initial : lorsque les Byzantins se rassemblèrent avec leurs chefs à al-Waqoussa, les Compagnons quittèrent leur position pour s’établir près des Byzantins sur la seule route possible. ‘Amr ibn al-‘As déclara : « Réjouissez-vous, ô gens, car les Byzantins se trouvent cernés – par Dieu –, et nul cerné n’a jamais obtenu un bon résultat. »
On rapporte que lorsque les Compagnons se réunirent afin de délibérer sur la manière de marcher contre les Byzantins, les chefs se mirent à siéger lorsqu’arriva Abou Soufyan. Il dit : « Je n’aurais jamais cru vivre assez longtemps pour voir un groupe se réunir en vue d’une guerre sans que je sois là avec eux. » Il conseilla ensuite de diviser l’armée en trois parties : qu’un tiers s’avance et campe face aux Byzantins, qu’un autre tiers conduise les fardeaux et les familles, tandis que Khalid resterait en arrière avec le dernier tiers. Une fois les fardeaux et les familles parvenus jusqu’aux premiers, ces derniers poursuivraient alors la marche et camperaient dans un lieu où le désert se trouverait derrière eux, afin que les courriers et les renforts puissent les atteindre. Ils suivirent son plan, et c’était assurément un excellent avis.
Al-Walid, rapportant d’après Safwan, lui-même rapportant d’après ‘Abd ar-Rahman ibn Jubayr, relate que les Byzantins campèrent entre Deir Ayyoub et le Yarmouk, tandis que les musulmans prirent place de l’autre côté de la rivière, avec Adhru‘at derrière eux pour que les renforts puissent leur parvenir depuis Médine. On raconte que Khalid n’arriva qu’après que les Compagnons se furent installés face aux Byzantins et qu’ils les eurent affrontés (et assiégés) durant tout le mois de Rabi‘ al-Awwal. Lorsque ce mois se termina et que le combat devint possible en raison de la raréfaction de l’eau, ils envoyèrent