Vingt mille hommes étaient placés sous les ordres d’Abou ‘Ubayda, tandis que les Romains étaient cent vingt mille, commandés par Bâhân et Siqlab, le jour de la bataille du Yarmouk.
C’est également ce que rapporte Muhammad ibn Ishâq : Siqlab l’eunuque commandait les Romains ce jour-là, au nombre de cent mille, tandis que l’avant-garde, menée par Jirja (originaire d’Arménie), comptait douze mille hommes. Parmi les « musta‘riba », on dénombrait douze mille hommes sous la direction de Jabala ibn al-Ayham, et les musulmans étaient au nombre de vingt-quatre mille. Le combat fut si intense que même les femmes qui se tenaient derrière combattirent âprement.
Al-Walîd a déclaré, d’après Safwân, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Jubayr : Héraclius envoya deux cent mille hommes sous le commandement de Bâhân l’Arménien.
D’après Saïf (1), les Romains se mirent en marche et campèrent à al-Wâqûsa, près du Yarmouk. La vallée fit alors office de fossé protecteur pour eux. Les Compagnons envoyèrent un message à as-Siddîq (Abou Bakr) afin de demander des renforts et de l’informer de la concentration de l’armée romaine au Yarmouk. C’est alors qu’as-Siddîq envoya l’ordre à Khâlid ibn al-Walîd de nommer un remplaçant en Irak et de se diriger, avec ceux qui étaient sous ses ordres, vers la Syrie (ash-Shâm). Il serait l’émir dès son arrivée. Khâlid désigna donc al-Muthannâ ibn Hâritha pour gouverner l’Irak, puis partit en hâte avec neuf mille cinq cents hommes. Son guide était Râfi‘ ibn ‘Umayra at-Tâ’î, et il le conduisit par la route de as-Samâwa (2) jusqu’à Qûrâqir (3). Il traversa des territoires que personne n’avait jamais empruntés avant lui : il franchit steppes et déserts, coupa les vallées, escalada les montagnes et s’engagea en dehors des chemins (4). Râfi‘ les guidait à travers ces contrées vastes et arides, laissant les chamelles à demi-assoiffées après leur avoir donné l’eau par fractions (5). Il leur coupa le mufle et les bâillonna (6) pour qu’elles ne ruminent pas, laissant leurs arrière-trains libres, et les garda avec lui. Lorsque l’eau vint à manquer, il les abattit et l’on but ce qui se trouvait dans leurs ventres.
On raconte aussi qu’il fit plutôt boire les chevaux de l’eau que transportaient ces chamelles, puis les hommes burent également et mangèrent leur viande. Par la grâce et le bienfait de Dieu, il parvint à destination en neuf (7) jours. Il déboucha sur les Romains du côté de Tadmor, traita avec les habitants de Tadmor et d’Arakah (8). Lorsqu’il passa par ‘Adhrâ’ (9), il en prit possession et s’empara de grands biens appartenant aux Ghassanides (10). Enfin, il sortit par l’est de Damas, puis