Ibn ʿAbbâs rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismâʿîl. Si seulement elle avait laissé Zamzam », ou il a dit : « Si seulement elle n’avait pas puisé de l’eau, Zamzam serait devenue une source jaillissante (1). » Elle but donc et allaita son enfant. L’ange lui dit : « Ne crains pas la ruine (2), car c’est ici la Maison d’Allah. Ce garçon et son père la construiront, et Allah ne délaisse pas Ses protégés. »
À cette époque, la Maison était légèrement surélevée au-dessus du sol, telle une colline ; les crues affluaient et se déversaient de chaque côté. La situation resta ainsi jusqu’à ce qu’une caravane de la tribu de Jurhum — ou une famille de Jurhum — arrivât par la route de Kadâ’. Ils s’installèrent dans la partie basse de La Mecque et aperçurent un oiseau tournoyant (3). Ils dirent : « Cet oiseau vole au-dessus d’une source. Nous connaissons ce vallon et il n’y avait pas d’eau auparavant. » Ils envoyèrent alors un éclaireur (4). Celui-ci découvrit l’eau, puis revint les en informer, et ils s’y rendirent.
La mère d’Ismâʿîl se trouvait auprès de l’eau. Ils lui dirent : « Nous autorises-tu à nous établir près de toi ? » Elle répondit : « Oui, mais vous n’aurez aucun droit sur l’eau. » Ils acceptèrent. Ibn ʿAbbâs rapporte que le Prophète (ﷺ) a alors dit : « Cela plut à la mère d’Ismâʿîl, car elle aimait la compagnie. » Ils s’installèrent donc et firent venir leurs proches, qui vinrent s’établir là. Le jeune garçon grandit, apprit la langue auprès d’eux et gagna leur affection. Une fois parvenu à l’âge adulte, ils le marièrent à l’une des leurs. Sa mère mourut ensuite.
Plus tard, Ibrâhîm revint après le mariage d’Ismâʿîl pour rendre visite à ce qu’il avait laissé. Il ne trouva pas Ismâʿîl et interrogea son épouse : « Où est-il ? » Elle répondit : « Il est parti nous chercher de quoi subsister. » Il demanda : « Comment vivez-vous ? » et l’interrogea sur leur situation, et elle répondit : « Nous menons une existence difficile, nous sommes dans la gêne et la détresse. » Elle se plaignit à lui. Ibrâhîm dit : « Lorsque ton mari reviendra, transmets-lui mes salutations et dis-lui de changer le seuil de sa porte. »
Quand Ismâʿîl rentra, il sut qu’il s’était passé quelque chose et interrogea sa femme : « Quelqu’un est-il venu ? » Elle répondit : « Oui, un vieil homme d’aspect ainsi et ainsi est venu, il m’a questionnée sur toi et je l’ai informé. Il m’a aussi demandé comment nous vivions, je lui ai dit que nous étions dans la difficulté et la détresse. » Ismâʿîl demanda : « T’a-t-il transmis un message ? » Elle répondit : « Oui. Il t’adresse ses salutations et te demande de changer le seuil de ta porte. » Ismâʿîl lui dit : « C’était mon père, et il m’ordonne de me séparer de toi. Retroune donc auprès des tiens. » Il la répudia, puis épousa une autre femme de la même tribu.
Ibrâhîm tarda à revenir. Lorsqu’il revint plus tard, il ne trouva pas Ismâʿîl et questionna la nouvelle épouse : « Où est Ismâʿîl ? » Elle répondit : « Il est parti nous chercher de quoi subsister. » Il demanda : « Comment vivez-vous ? » et l’interrogea sur leur condition. Elle répondit : « Nous vivons dans l’aisance et l’abondance », et elle loua Allah. Il demanda : « Quelle est votre nourriture ? » Elle répondit : « De la viande. » Il demanda : « Et votre boisson ? » Elle répondit : « De l’eau. » Ibrâhîm invoqua alors en disant : « Ô Allah, bénis leur viande et leur eau. »
Le Prophète (ﷺ) dit ensuite : « En ce temps-là, ils ne possédaient aucune céréale. S’ils en avaient eu, il aurait aussi invoqué la bénédiction dessus. Ainsi, nul n’utilise ces deux choses (la viande et l’eau) en dehors de La Mecque sans qu’elles ne perdent de leur bienfait. »