Ils prirent alors les biens de la caravane, et Abou Al-‘Âs s’enfuit à Médine, où il rechercha la protection de son épouse Zaynab, qui la lui accorda. Le Messager de Dieu (ﷺ) valida sa protection et rendit à Abou Al-‘Âs ce qu’il détenait des biens de Quraysh. Abou Al-‘Âs rapporta alors ces biens à La Mecque et restitua chaque bien à son propriétaire, avant de prononcer l’attestation de foi et d’émigrer à Médine. Le Messager de Dieu (ﷺ) lui rendit Zaynab selon leur premier contrat de mariage. Il s’écoula six ans entre leur séparation et leurs retrouvailles (1), ce qui eut lieu deux ans après l’interdiction faite aux musulmanes d’épouser des polythéistes lors de la ‘Umra d’Al-Hudaybiyya. Il est également rapporté qu’il la lui rendit à travers un nouveau contrat de mariage, mais Dieu sait mieux.
De Zaynab, Abou Al-‘Âs eut pour enfants ‘Alî ibn Abî Al-‘Âs et [Umâma bint Abî Al-‘Âs]. Abou Al-‘Âs se rendit avec ‘Alî au Yémen lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) l’y envoya. Celui-ci faisait son éloge en tant que gendre, et disait : « Il m’a parlé et m’a dit la vérité, il m’a fait une promesse et l’a honorée » (2). Abou Al-‘Âs mourut à l’époque d’Abou Bakr As-Siddîq, l’an douze de l’Hégire. Cette même année, ‘Alî ibn Abî Tâlib épousa sa fille, Umâma bint Abî Al-‘Âs, après le décès de sa tante Fâtima. J’ignore si cela eut lieu avant ou après la mort d’Abou Al-‘Âs ; Dieu sait mieux (3).
[En l’an treize de l’Hégire] Cette année commença alors qu’Abou Bakr As-Siddîq s’apprêtait à rassembler les troupes pour les envoyer en Syrie, après son retour du pèlerinage, conformément à la parole de Dieu : « Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des infidèles qui sont près de vous, et qu’ils trouvent en vous dureté ; et sachez qu’Allah est avec les pieux » [At-Tawbah : 123] et à Sa parole : « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier… » [At-Tawbah : 29]. Il suivait ainsi l’exemple du Messager de Dieu (ﷺ), lequel avait réuni les musulmans pour la campagne vers la Syrie, l’année de Tabûk, et s’y était rendu malgré une chaleur accablante et des difficultés, avant de revenir cette même année. Peu avant sa mort, il dépêcha Oussâma ibn Zayd, son affranchi, pour conquérir les confins de la Syrie, comme cela fut mentionné plus tôt.
Lorsque As-Siddîq eut achevé l’organisation de la Péninsule arabique, il étendit son action vers l’Irak, y envoyant Khâlid ibn Al-Walîd. Puis, comme il souhaitait également dépêcher des troupes vers la Syrie, à l’instar de ce qu’il avait fait pour l’Irak, il s’employa à rassembler des chefs militaires dans différents endroits de la Péninsule. Il avait nommé ‘Amr ibn Al-‘Âs chargé de recueillir les aumônes auprès de la tribu de Qudhâ‘a, aux côtés d’Al-Walîd ibn ‘Uqba. Il lui écrivit pour l’appeler au combat en Syrie (5) : « Je t’ai renvoyé à la fonction que t’avait jadis confiée le Messager de Dieu (ﷺ), et il t’en avait reparlé ultérieurement. Ô Abou ‘Abd Allah, j’ai voulu te décharger de ce poste afin de te consacrer à ce qui est meilleur pour ta vie présente et ta destinée future, à moins que tu ne préfères demeurer dans ce que tu fais .»