Yarbou‘ ibn Kharasha(1) ibn Sa‘d ibn Tarif ibn Jillan(2) ibn Ghanm ibn Ghani ibn A‘sir(3) ibn Sa‘d ibn Qays ibn Ghaylan ibn Mudar ibn Nizar, surnommé Abou Marthad al-Ghanawi, assista, lui et son fils Marthad, à la bataille de Badr. Aucun autre homme ne s’y rendit en compagnie de son fils, si ce n’est eux deux. Marthad, son fils, tomba en martyr le jour d’ar-Raji‘, ainsi qu’il a été relaté précédemment. Le fils de Marthad, Unays ibn Marthad ibn Abou Marthad, était lui aussi Compagnon : il assista à la Conquête de La Mecque ainsi qu’à Hunayn et fut l’éclaireur du Messager d’Allah (ﷺ) le jour d’Awṭas, formant ainsi une lignée de trois générations successives. Abou Marthad était l’allié d’al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib. On rapporte de lui un seul hadith émanant du Prophète (ﷺ), où celui-ci a dit : « Ne priez pas face aux tombes et ne vous asseyez pas près d’elles. » (rapporté par Muslim, Abou Dâwoud, at-Tirmidhî et an-Nassâ’î, par la voie de Wâthila ibn al-Asqa‘)(4).
Al-Wâqidî a affirmé qu’il mourut l’année douze. D’autres précisent son décès en Syrie, et certains ajoutent qu’il avait alors plus de soixante-six ans. C’était un homme grand et à la chevelure abondante. Je (l’auteur) déclare : J’ai trouvé près de Damas une tombe communément nommée « la tombe de Kathîr »(5). J’y ai lu l’inscription : « Ceci est la tombe de Kannâz ibn al-Husayn, Compagnon du Messager d’Allah (ﷺ). » J’ai ressenti autour de ce lieu une atmosphère solennelle et empreinte de spiritualité. Il est étonnant que le hâfiẓ Ibn ‘Asâkir ne l’ait pas mentionné dans l’Histoire de Damas, et Allah est plus Savant.
Parmi ceux qui décédèrent cette même année figure Abou al-‘Âṣ(6) ibn ar-Rabî‘ ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manâf ibn Qusayy, de la branche ‘Absham des Quraysh. Il était l’époux de Zaynab, la plus âgée des filles du Messager d’Allah (ﷺ), se montrait bienveillant et l’aimait sincèrement. Lorsque les polythéistes l’incitèrent à la divorcer(7) au moment de l’envoi du Prophète (ﷺ), il refusa. Il était le fils de la sœur de Khadîjah bint Khuwaylid, sa mère se nommant Hâlah – ou Hind – bint Khuwaylid. Son nom à lui demeure discuté : on dit qu’il se nommait (Laqît), et c’est l’opinion la plus répandue ; d’autres disent Mihsham(9) ou Hushaym.
Il participa à la bataille de Badr dans les rangs des polythéistes et fut fait prisonnier. Son frère, ‘Amr ibn ar-Rabî‘, vint alors proposer une rançon, y joignant un collier que Khadîjah avait offert à sa fille Zaynab lors de son mariage avec Abou al-‘Âṣ. Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) aperçut ce collier, il fut bouleversé et libéra Abou al-‘Âṣ en raison de ce geste, à la condition qu’il renvoie Zaynab auprès de lui à Médine, ce qu’il fit. Abou al-‘Âṣ demeura ensuite mécréant à La Mecque jusqu’à peu de temps avant la Conquête. Il partit alors pour une expédition commerciale au profit des Quraysh, mais se trouva intercepté par Zayd ibn Hârithah à la tête d’un détachement, lequel tua plusieurs de ses compagnons.