«Ô toi qui me serviras à boire (1) avant que n’éclate (2) l’aube (3)… Peut-être nos fins sont-elles proches sans que nous le sachions.» Et le poème se poursuit jusqu’à son terme.
Il raconta alors : «Les gens se ruèrent sur lui, et l’un d’eux lui porta un coup à la tête au point que celle-ci se retrouva dans son propre récipient. Ses fils, ses filles et sa femme furent capturés.»
Dans cette bataille furent tués deux hommes qui s’étaient convertis à l’islam et possédaient une lettre de protection accordée par as-Siddîq (Abou Bakr), mais dont les musulmans n’étaient pas informés. Il s’agissait de ʿAbd al-ʿUzzâ ibn Abî Ruhm (4) ibn Qirwâsh, tué par Jarîr ibn ʿAbd Allâh al-Bajalî, et de Labîd ibn Jarîr, tué par certains musulmans. Lorsque la nouvelle parvint à as-Siddîq, il les indemnisa et envoya des recommandations pour la protection de leurs enfants. ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb critiqua Khalid à ce sujet, comme il l’avait déjà fait au sujet de Mâlik ibn Nuwayra.
As-Siddîq lui répondit : «C’est ainsi qu’il se passe pour celui qui habite parmi les gens en guerre sur leurs terres», signifiant par là qu’ils portaient la responsabilité de s’être établis parmi les polythéistes. Cela rappelle la parole du Prophète (ﷺ) : «Je me désavoue de quiconque séjourne avec un polythéiste dans sa demeure» (5). Dans un autre hadith (6), il est dit : «Que leurs feux ne soient pas visibles l’un pour l’autre», autrement dit, que les musulmans et les idolâtres ne cohabitent pas dans un seul et même lieu.
Ensuite eurent lieu les combats d’al-Ṯhanī (7) et az-Zumayl (8), au cours desquels ils lancèrent une attaque de nuit contre ceux qui se trouvaient là, Arabes comme non-Arabes, n’épargnant personne et ne laissant personne s’enfuir pour informer d’autres (9). Par la suite, Khâlid envoya à as-Siddîq le cinquième du butin et des captifs. C’est alors que ʿAlî ibn Abî Ṭâlib acheta une captive arabe, la fille de Rabîʿa ibn Bujayr at-Taghlibî, dont il eut deux enfants : ʿUmar et Ruqayya (qu’Allah les agrée tous).