Sify ibn ‘Umar (1) rapporta – d’après ‘Amr ibn Muḥammad, lui-même rapportant d’al-Sha‘bī – qu’au moment où Khālid conquit al-Ḥīra, il accomplit huit rak‘ates avec une seule salutation finale.
Quant à ‘Amr ibn al-Qa‘qā‘, il composa en ces jours-là des vers au sujet des musulmans tombés au combat, ainsi qu’au sujet des journées des « guerres de l’apostasie » (2) :
« Que Dieu comble de Sa miséricorde ceux tombés au bord de l’Euphrate, installés là-bas,
et aussi ceux qui reposent sur les flancs du Nijāf, ces hauteurs protectrices.
Nous avons foulé Hormuz à al-Kawāẓim,
puis, à ath-Thinī, les deux chefs de Qārin dans la contrée d’al-Jawārif.
Le jour où nous cernâmes les palais, ils se succédèrent sur al-Ḥīra la radieuse,
l’une de ces places majeures.
Nous les avons fait descendre de là,
alors que leur trône vacillait comme vacille un lâche qui s’oppose.
Nous leur avons lancé l’assaut avec détermination, et ils virent
l’approche de la mort rôder autour de ces demeures.
Au matin, ils dirent : “Nous sommes un peuple descendu
vers les terres fertiles depuis le pays âpre des Arabes.” »
C’est alors que Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī arriva auprès de Khālid ibn al-Walīd (7), qui se trouvait à al-Ḥīra après les multiples batailles et les butins déjà évoqués, sans toutefois avoir été présent à ces opérations. En effet, as-Ṣiddīq (Abū Bakr) l’avait initialement envoyé avec Khālid ibn Sa‘īd ibn al-‘Āṣ en direction du Shām (la Syrie). Jarīr demanda alors à Khālid ibn Sa‘īd la permission de revenir voir as-Ṣiddīq afin de rassembler pour lui sa tribu de Bajīla et qu’ils se joignent à ses côtés (8). Lorsque Jarīr arriva devant as-Ṣiddīq et lui présenta cette requête, celui-ci s’emporta en déclarant : « Es-tu venu me détourner de ce qui est plus agréable à Dieu que ce à quoi tu m’invites ? » Puis as-Ṣiddīq le renvoya finalement auprès de Khālid ibn al-Walīd en Irak.
Sify, s’appuyant sur ses chaînes de transmission, mentionne ensuite : Ibn Ṣulūbā vint trouver Khālid et conclut avec lui un accord au sujet de Bāniqyā, de Barsūmā (9) et de leurs alentours, pour un montant de dix mille dinars. Les dihqāns (propriétaires terriens) de ces contrées vinrent également négocier avec lui (10) en vue de protéger leurs villes et leurs familles, tout comme l’avaient fait les habitants d’al-Ḥīra (11).
Il advint à cette même époque, alors que [Khālid] s’était déjà solidement établi aux confins de l’Irak et avait pris possession d’al-Ḥīra ainsi que d’autres localités