(Habitants) des campagnes et des villes : « N’avez-vous donc pas entendu parler de la douceur de la vie (1) ? » Ils répondirent : « Bien sûr que si. » On leur dit alors : « Voilà la douce vie ! » On la nomma ce jour-là « raqâq ». Pourtant, à l’origine, les Arabes l’appelaient « al-qurâ » (2).
Sayf ibn ‘Umar (3) a rapporté, d’après ‘Amr ibn Muḥammad, d’après al-Sha‘bī, par celui qui tenait cela de Khâlid, que le Messager de Dieu ﷺ donna aux gens, le jour de Khaybar, du pain, des plats cuisinés (4) et de la viande rôtie, et ils ne mangèrent rien d’autre, sans s’en réserver comme provision (5).
Tous ceux qui furent tués lors de la bataille du jour d’Al-Lays étaient originaires d’une localité appelée Umghishiyâ (7). Khâlid s’y rendit, ordonna de la détruire et s’empara de ce qu’elle contenait. Ils y trouvèrent un butin considérable, qu’il répartit entre les combattants. Après la distribution initiale, chaque cavalier reçut mille cinq cents (pièces) en plus de ce qui lui avait déjà été attribué auparavant.
Khâlid envoya ensuite à As-Siddîq (Abû Bakr) la bonne nouvelle de la victoire, ainsi que le cinquième des biens et des captifs, par l’intermédiaire d’un homme du nom de Jandal, issu des Banû ‘Ajl, qui était un guide résolu. Quand il parvint à As-Siddîq avec son message et s’acquitta de sa mission, celui-ci le loua et lui octroya une captive parmi les prisonnières. Puis As-Siddîq déclara : « Ô vous, gens de Quraysh, voilà que votre lion s’est jeté sur un lion (faghalabahu ‘alâ khurâdîlihi) (8) et l’a vaincu. Les femmes sont incapables d’enfanter un homme semblable à Khâlid ibn Al-Walîd. » [Et le véridique As-Siddîq, qu’Allah l’agrée, disait vrai.]
Ensuite, il se produisit pour Khâlid de nombreux événements à divers endroits, longs à raconter, sans qu’il se lasse ou se fatigue : il ne faiblissait pas et ne s’attristait pas. Bien au contraire, il demeurait toujours dans la force, la fermeté, la rigueur et la noblesse de caractère. Dieu l’avait placé comme honneur pour l’islam et ses fidèles, et comme source d’humiliation pour la mécréance, dispersant ainsi ses rangs.
[Chapitre]
Puis Khâlid se mit en route et campa à Al-Khawarnaq et As-Sadîr (9), près d’An-Najaf, d’où il dépêcha ses détachements ici et là pour assiéger les fortins de