Parmi eux figurent les quatre imams : Abou Bakr, ‘Umar, ‘Othmân et ‘Alî ! Parmi eux se trouve également ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, ainsi que certains membres des Banû al-‘Abbâs. Il ne s’agit pas de dire qu’ils forment nécessairement douze imams successifs, mais qu’ils doivent exister.
Cela ne vise pas les douze imams auxquels adhèrent les Râfidah, dont le premier est ‘Alî ibn Abî Tâlib et le dernier est « l’Attendu » dans la crypte de Samarrâ (1), c’est-à-dire Mohammed ibn al-Hassan al-‘Askarî selon leurs prétentions. En effet, parmi ceux-là, le plus utile fut ‘Alî, ainsi que son fils al-Hassan ibn ‘Alî lorsqu’il abandonna la lutte et remit l’autorité à Mu‘âwiyah, éteignant ainsi l’incendie de la discorde et apaisant le tourbillon des guerres au sein de la communauté musulmane. Quant aux autres, ils se trouvaient simplement parmi le commun des fidèles, sans exercer aucune direction sur la communauté. Pour ce qui est de ce qu’ils croient au sujet de la crypte de Samarrâ, il ne s’agit là que d’un égarement dans les esprits et d’un délire dans les âmes, sans réalité, ni existence, ni trace.
Ce qui importe, c’est que lorsque Hâjar (– qu'Allah soit satisfait d'elle –) mit au monde Ismâ‘îl, la jalousie de Sârah envers elle s’accrut. Elle demanda alors à l’Ami intime (Ibrâhîm) de lui masquer la vue de Hâjar. Il partit donc avec Hâjar et son fils, cheminant jusqu’à les déposer à l’emplacement actuel de La Mecque. On raconte que l’enfant était alors encore un nourrisson.
Lorsqu’il les laissa sur place et leur tourna le dos, Hâjar s’avança vers lui et s’accrocha à ses vêtements : « Ô Ibrâhîm ! Où vas-tu ? Allons-nous rester seuls ici, sans de quoi subvenir à nos besoins ? » Il ne lui répondit pas. Lorsqu’elle insista et qu’il demeurait silencieux, elle lui demanda : « Est-ce Dieu qui t’a ordonné cela ? » Il répondit : « Oui. » Elle dit alors : « Dans ce cas, Il ne nous perdra pas. »
Le shaykh Abou Mohammed ibn Abî Zayd (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) mentionne, dans son livre intitulé « al-Nawâdir », que Sârah s’était vivement irritée contre Hâjar et avait juré de lui trancher trois de ses membres. L’Ami intime (Ibrâhîm) lui ordonna donc de percer ses deux oreilles et de la circoncire (2), afin qu’elle s’acquitte de son serment. As-Suhaylî rapporte qu’elle fut la première femme à être circoncise, la première à qui l’on perça les oreilles, et la première à avoir allongé sa traîne.
C’est ainsi que l’on rapporte la migration d’Ibrâhîm avec son fils Ismâ‘îl et sa mère Hâjar vers les montagnes de Fârân – correspondant à la région de La Mecque – et l’édification de la Maison Antique.
Al-Bukhârî relate (3) : « ‘Abdullâh ibn Mohammed – qui est Abou Bakr ibn Abî Shaybah – nous rapporta : ‘Abd ar-Razzâq nous rapporta : Ma‘mar nous rapporta, d’après Ayyûb as-Sikhtiyânî et Kathîr ibn Kathîr ibn al-Muttalib ibn Abî Wadâ‘ah – l’un d’entre eux ajoutant à ce que disait l’autre – d’après Sa‘îd ibn… »