Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il lui éventra le ventre et lui fracassa la tête, et Dieu hâta son âme vers le Feu – quel détestable séjour !

Dieu, exalté soit-Il, a dit :
« Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Dieu ou dit : “Une révélation m’a été faite”, alors que rien ne lui a été révélé, et [que] celui qui dit : “Je ferai descendre l’équivalent de ce que Dieu a fait descendre” ? Si seulement tu voyais les injustes au moment des affres de la mort tandis que les anges tendent leurs mains [en disant] : “Sortez vos âmes ! Aujourd’hui, vous serez rétribués par le châtiment de l’humiliation, pour ce que vous disiez sur Dieu sans vérité et parce que vous vous montriez arrogants vis-à-vis de Ses signes.” » (Al-An‘âm : 93)

Ainsi, Musaylima, Al-Aswad et ceux de leur acabit – que Dieu les maudisse – sont les premiers concernés par ce verset sublime et les plus méritants de ce terrible châtiment.

An douze de l’Hégire

Au début de cette année, les armées du “Siddîq” (Abou Bakr) et ses émirs, qu’il avait dépêchés pour combattre les renégats de la foi, parcouraient les contrées en tous sens afin de consolider les fondements de l’islam et de combattre les tyrans. Ils ramenèrent à la religion ceux qui s’en étaient écartés, rétablirent la vérité à sa juste place et pacifièrent la Péninsule arabique, si bien que ce qui était autrefois lointain devint aussi proche que l’immédiatement voisin.

Des savants en Sîra et en histoire rapportent que la bataille d’Al-Yamâma se produisit en Rabi‘ Al-Awwal de cette année. D’autres affirment qu’elle eut lieu à la fin de l’année précédente. On peut concilier les deux avis en considérant que son commencement se déroula l’année précédente et sa conclusion lors de l’année suivante. C’est pourquoi certains estiment qu’il convient de mentionner ces événements l’année passée, comme nous l’avons fait, par supposition qu’ils y furent tués, et dans le but de présenter leurs biographies avant de relater le sort de ceux qui périrent en Syrie et en Irak au cours de cette même année, comme nous le rapporterons, si Dieu le veut, c’est en Lui que nous plaçons notre confiance et à Lui que nous nous en remettons.

On a également avancé que les batailles de Jouâthâ, de ‘Oman, de Mahra et d’autres affrontements évoqués eurent lieu en l’an douze de l’Hégire.

Durant cette année, les quatre rois – Jamd, Mikhoûs, Abda‘a et Mishraḥ – furent tués, et leur sœur Al-‘Amradda fut faite prisonnière.

(1) Ici se termine le trou de la copie (A). (2) Ce qui est entre crochets est une addition de la copie A, nous nous contenterons de cette indication pour les prochaines fois. (3) Dans A : « selon l’opinion des premiers ». (4) Dans A : « en Syrie ». (5) Dans A : « selon ce qui sera mentionné ». (6) Dans T : ḥamd, muḥarris, abḍaʿ et mushraḥ, et dans A : ḥamīd, majūs, mushraḥ et abḍaʿ ; il y a dans les deux lectures une erreur d’écriture et une déformation. Al-Fayrūzabādī dit dans al-Qāmūs (ḥās) : ḥawūs — comme minbar — et mishraḥ et jamd, et abḍaʿ : les Banū Maʿdīkarib, les quatre rois maudits par le Messager de Dieu ﷺ et leur sœur lʿumradda, ils vinrent avec al-Ashʿath, se convertirent puis apostasièrent, et furent tués le jour de an-Nujayr. Leur pleureuse dit : « Ô œil, pleure-moi les quatre rois ». Dans al-Nihāya, dans les mots rares du ḥadīth (1/134) : abḍaʿ, au poids d’arnabah ; il est dit aussi avec le ṣād. Tārīkh Khalīfa (98).
فبعج بطنَه، وفلقَ رأسه، وعجّل الله بروحه إلى النار فبئس القرار، قال الله تعالى: ﴿وَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّنِ افْتَرَى عَلَى اللَّهِ كَذِبًا أَوْ قَالَ أُوحِيَ إِلَيَّ وَلَمْ يُوحَ إِلَيْهِ شَيْءٌ وَمَنْ قَالَ سَأُنْزِلُ مِثْلَ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ وَلَوْ تَرَى إِذِ الظَّالِمُونَ فِي غَمَرَاتِ الْمَوْتِ وَالْمَلَائِكَةُ بَاسِطُو أَيْدِيهِمْ أَخْرِجُوا أَنْفُسَكُمُ الْيَوْمَ تُجْزَوْنَ عَذَابَ الْهُونِ بِمَا كُنْتُمْ تَقُولُونَ عَلَى اللَّهِ غَيْرَ الْحَقِّ وَكُنْتُمْ عَنْ آيَاتِهِ تَسْتَكْبِرُونَ﴾ [الأنعام: ٩٣] فمُسَيْلمةُ والأسودُ وأمثالهما لعنهم الله أحق الناس دخولًا في هذه الآية الكريمة، وأولاهم بهذه العقوبة العظيمة. سنة (١) اثنتي عشرة من الهجرة النبوية استُهلَّت هذه السنة، وجيوشُ الصديق وأُمراؤه الذين بعثهم لقتال أهل الرّدّة جَوّالون في البلاد يمينًا وشمالًا، لتمهيد قواعد الإسلام، وقتال الطُّغاة من الأنام، حتى ردَّ شاردَ الدّين بعد ذهابه، ورجعَ الحقُّ إلى نصابه، وتمهدتْ جزيرةُ العرب، وصار البعيدُ الأقْصى كالقريب الأدْنى [الأقرب] (٢) . وفد قال جماعةٌ من علماءَ السِّير والتواريخ: إنّ وقعة اليمامةِ كانت في ربيع الأول من هذه السنة، وقيل إنها كانت في أواخر [السنة] التي قبلها، والجَمْعُ بينَ القولين أنَّ ابتداءها كان في السنة الماضية، وانتهاءَها وقع في هذه السنة الآتية، وعلى هذا القول ينبغي (٣) أن يُذْكروا في السنة الماضية كما ذكرناه لاحتمال أنهم قُتلوا في الماضية، ومُبادرة إلى استيفاء تراجمهم قبل أن يُذْكروا مع منْ قُتل بالشام (٤) والعراق في هذه السنة على ما سنذكر (٥) إن شاء الله وبه الثقة وعليه التكلان. وقد قيل: إن وقعةَ جُواثا وعُمان ومهرة وما كان من الوقائع التي أشرنا إليها إنما كانت في سنة ثنتي عشرة [من الهجرة] . وفيها كان قتلُ الملوك الأربعة: جَمْدٍ ومِخْوسٍ وأبْضَعة ومِشْرَحٍ (٦) ، وأسروا أختهم العَمرَّدة
(١) هنا ينتهي خرم النسخة (أ). (٢) ما بين معقوفين زيادة من النسخة أ، وسنكتفي بهذه الإشارة عن المرات القادمة. (٣) في أ: فعلى قول الأولين. (٤) في أ: في الشام. (٥) في أ: على ما سيذكر. (٦) في ط: حمد ومحرس وأبضعة ومشرحًا، وفي أ: حميد ومجوس ومشرح وأبضعة؛ وفي كلا الروايتين تصحيف وتحريف. وقال الفيروزأبادي في القاموس (حاس): ومحوس - كمنبر - ومِشْرح وجمْد، وأبضعة: بنو معديكرب الملوك الأربعة الذين لعنهم رسول الله ﷺ ولعن أختهم العَمرَّدة، وفدوا مع الأشعث، فأسلموا ثم ارتدوا، فقتلوا يوم النُّجير فقالت نائحتهم: يا عين بكِّي لي الملوك الأربعة. وفي النهاية في غريب الحديث (١/ ١٣٤): أبْضعة بوزن أرْنبة، وقيل: هو بالصاد. تاريخ خليفة (٩٨).

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