Et ce qui a été rapporté selon lequel elle se serait lavée avant son décès et aurait recommandé de ne pas être lavée après cela est faible et l’on ne s’y fie pas. Dieu est plus savant.
Celui qui pria sur elle fut son époux ‘Alî. D’aucuns disent que ce fut son oncle paternel al-‘Abbâs, d’autres disent que ce fut Abû Bakr al-Siddîq. Dieu est plus savant.
Elle fut enterrée de nuit, la nuit du mardi correspondant au troisième jour du mois de Ramadan de l’an onze (de l’Hégire). Certains ont dit qu’elle décéda deux mois après lui, d’autres avancent soixante-dix jours, d’autres soixante-quinze jours, d’autres encore trois mois ou huit mois. Toutefois, la version correcte est celle établie dans le Sahîh (1) selon la chaîne de transmission d’az-Zuhrî, d’après ‘Urwah, d’après ‘Â’isha : Fâtima vécut six mois après le Prophète (ﷺ), et elle fut enterrée de nuit. Il est rapporté qu’elle ne rit point durant tout le temps de sa vie après lui, et qu’elle se consumait de tristesse pour lui et de désir ardent de le rejoindre.
On diverge quant à son âge ce jour-là : certains disent vingt-sept ans, d’autres vingt-huit, d’autres vingt-neuf, d’autres trente, d’autres trente-cinq ans. Cette dernière estimation est éloignée, et les précédentes sont plus proches, Dieu est plus savant. Elle fut enterrée au cimetière d’al-Baqî‘ et fut la première pour qui l’on dissimula le cercueil derrière un voile.
Il est établi dans le Sahîh (2) qu’‘Alî avait un certain statut auprès des gens du vivant de Fâtima. Quand elle mourut, il rechercha alors l’allégeance (bay‘a) d’Abû Bakr, et lui prêta effectivement serment, comme le rapporte al-Bukhârî. Ce serment avait pour but de dissiper la brouille survenue à cause de l’héritage et n’annule pas la bay‘a antérieure qui avait déjà eu lieu, comme nous l’avons expliqué. Dieu est plus savant.
Figurent parmi ceux qui moururent cette année-là : Umm Ayman, Baraka (3) bint Tha‘labah ibn ‘Amr ibn Hisn (4) ibn Mâlik ibn Salama ibn ‘Amr ibn an-Nu‘mân, la servante affranchie du Messager de Dieu (ﷺ), qu’il avait héritée de son père – certains disent plutôt de sa mère. Elle l’éleva lorsqu’il était enfant, puis continua par la suite à prendre soin de lui. Elle but même son urine, et il lui dit : « Tu t’es protégée par un rempart (5) contre le Feu. » Il l’affranchit et la maria à ‘Ubayd (6), de qui elle eut un fils, Ayman, prenant ainsi son nom. Puis elle épousa Zayd ibn Hâritha, l’affranchi du Messager de Dieu, et mit au monde Usâma ibn Zayd. Elle émigra deux fois pour la cause de Dieu.