Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Après (selon la version la plus répandue) six mois écoulés depuis son décès, sa fille Fâtima (1) — que Dieu l’élève en honneur — qu’on surnommait «Oumm Abîhâ», mourut à son tour. En effet, le Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — lui avait annoncé qu’elle serait la première de sa famille à le rejoindre. Il lui dit également : «Ne te réjouis-tu pas d’être la maîtresse des femmes des gens du Paradis ?» (2). Elle était, d’après l’avis le plus connu, la plus jeune des filles du Prophète — que Dieu lui accorde Sa grâce — et il ne resta plus qu’elle après lui. C’est pourquoi sa récompense fut grande, car elle fut éprouvée par la perte de son père — que Dieu lui accorde Sa grâce. On rapporte qu’elle était la jumelle de ‘Abd Allâh, fils du Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — et qu’il ne laissa de descendance que par son intermédiaire.

Al-Zubayr ibn Bakkâr a rapporté qu’au soir des noces d’Ali et de Fâtima, le Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — fit ses ablutions, en aspergea Ali et Fâtima, et invoqua la bénédiction divine pour leur progéniture. Fâtima fut mariée à son cousin Ali ibn Abî Tâlib après l’Hégire, et ce, d’après certains, après Badr, ou selon d’autres, après Uhud, ou encore quatre mois et demi après que le Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — eût marié ‘Â’isha ; puis le ménage fut établi sept mois et demi plus tard. Ali lui offrit pour dot son armure «al-Hutamiyya» (3), estimée à quatre cents dirhams. Fâtima avait alors quinze ans et cinq mois, tandis qu’Ali était son aîné de six ans.

On a attribué à ces noces des hadiths forgés, que nous ne rapportons pas, préférant nous en détourner. De leur union naquirent al-Hassan, al-Husayn, Muhsin et Umm Kulthûm — cette dernière épousa plus tard ‘Umar ibn al-Khattâb.

L’imam Ahmad (4) a dit : «‘Affân nous a rapporté, Hammad nous a transmis, ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib, selon son père, d’après Ali : lorsque le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — maria Fâtima à Ali, il l’envoya auprès de lui avec une pièce de drap (“khumayla”), un oreiller en cuir garni de fibres, une meule, une outre et deux jarres. Un jour, Ali dit à Fâtima : “Par Dieu, j’ai puisé de l’eau à en ressentir une douleur à la poitrine, et voilà que Dieu a fait parvenir à ton père des captifs de guerre. Va donc lui demander une servante.” Elle répondit : “Par Dieu, moi-même j’ai tant moulu le grain que mes mains en sont couvertes d’ampoules.” Elle se rendit auprès du Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — qui lui demanda : “Qu’est-ce qui t’amène, ô ma fille ?” Elle répondit : “Je viens simplement te saluer”, car elle eut honte de lui adresser sa requête, puis retourna chez elle. Le Prophète l’interrogea : “Qu’as-tu fait ?” Elle répondit : “J’ai eu trop de pudeur pour lui demander.” Alors Ali et Fâtima se rendirent ensemble auprès de lui. Ali déclara : “Ô Messager de Dieu, par Dieu ! J’ai puisé tant d’eau que j’en souffre à la poitrine.” Fâtima poursuivit : “J’ai tant moulu que mes mains sont abîmées. Dieu t’a accordé des captifs et l’aisance. Accorde-nous donc une servante.” Il répondit : “Par Dieu, je ne vous donnerai rien et laisserai les pensionnaires de la ‘suffa’ le ventre vide, sans ressources pour eux.” (7) Ils s’en retournèrent alors, puis le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — vint les voir et…"

(1) Notice biographique de Fatima al-Zahra dans les Ṭabaqāt d'Ibn Saʿd (v. 8, p. 222), al-Istiʿāb (v. 4, p. 1891), Asad al-Ghābah (v. 7, p. 217), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 2, pp. 118-134) et al-Iṣābah (v. 4, pp. 377-380). (2) Rapporté par al-Bukhārī, n° 3624, et Muslim, n° 2450 (98) et (99). (3) Al-Ḥuṭmiyyah : cuirasses attribuées à un homme qui les fabriquait. ʿAlī possédait une cuirasse appelée al-Ḥuṭmiyyah, réputée pour briser les épées, c’est-à-dire les casser. Il est dit aussi que c’était une armure large et lourde, ou encore qu’elle est associée à une tribu de ʿAbd Qays appelée Ḥuṭmah ibn Muḥārib qui fabriquait des cuirasses. Selon al-Lisān (s.v. ḥaṭama), l’explication la plus plausible est celle-ci. (4) Son Musnad (v. 1, pp. 106-107), n° 838, avec une chaîne de transmission bonne ; le hadith est authentique. (5) Sanūt, wa-nasnū : signifiant « nous puisons » ou « nous puisons de l’eau ». Voir al-Nihāyah (v. 2, p. 415) et al-Lisān (s.v. sanā). (6) Majlat : désigne une plaie due à la grossesse. (7) Après cela, dans le Musnad : « Mais je les vends et je dépense leurs prix pour eux ».
وبعده بستة أشهر على الأشهر، توفيت ابنته فاطمة (١) (عليه السلام) ، وتُكْنَى بأم أبيها، وقد كان صلوات الله وسلامه عليه عهد إليها أنها أول أهله لحوقًا به، وقال لها مع ذلك: "أما ترضين أن تكوني سيدةَ نساءِ أهل الجنة؟ " (٢) وكانت أصغرَ بناتِ النبي ﷺ على المشهور ولم يبق بعده سواها، فلهذا عَظم أجرها لأنّها أُصيبت به (رحمهم الله) ، ويقال: إنها كانت توأمًا لعبد الله ابن رسول الله ﷺ وليس له (رحمهم الله) نسلٌ إلَّا من جهتها. قال الزبير بن بكار: وقد رُوي أنه (رحمهم الله) ليلةَ زفافِ علي عليٍّ فاطمةَ توضَّأ وصبَّ عليه وعلى فاطمةَ ودعا لهما أن يباركَ في نسلهما. وقد تزوجها ابنُ عمها علي بن أبي طالب بعد الهجرة، وذلك بعد بدر. وقيل: بعد أحدٍ، وقيل: بعد تزويجِ رسول الله ﷺ عائشةَ بأربعةِ أشهر ونصف، وبنى بها بعد ذلك بسبعةِ أشهرٍ ونصف، فأصدقَها درعَه الحُطَمية (٣) وقيمتُها أربعمئة درهم، وكان عمرُها إذ ذاك خمسَ عشرةَ سنةً وخمسة أشهر، وكان عليٌّ أسنَّ منها بستِّ سنين. وقد وردتْ أحاديثُ موضوعةٌ في تزويج عليٍّ بفاطمة لم نذكرها رغبة عنها. فولدت له حسنًا وحسينًا ومحسنًا وأم كلثوم - التي تزوجَ بها عمرُ بن الخطاب بعد ذلك -. وقد قال الإمام أحمد (٤) : حدَّثنا عفان، حذَثنا حماد، أنبأنا عطاء بن السائب، عن أبيه، عن علي: أن رسول الله لما زوَّجهُ فاطمةَ بعَثَ معها بخميلةٍ ووسادةٍ من أدم حشوها ليفٌ، ورحى وسقاء وجرَّتين، فقال علي لفاطمة ذات يوم: والله لقد سنوتُ (٥) حتى لقد اشتكيتُ صدري، وقد جاء الله أباك بسبي فاذهبي فاستخدميه، فقالت: وأنا واللهِ لقد طحنتُ حتى مجلت (٦) يداي، فأتت النبي ﷺ فقال: "ما جاء بك أي بنية؟ " قالت: جئتُ لأسلِّم عليك - واستَحْيَتْ أن تسألَه - ورجعتْ، فقال: ما فعلتِ؟ قالت: استحييتُ أن أسأله، فأتياه جميعًا، فقال علي: يا رسولَ الله والله لقد سَنَوْتُ حتى اشتكيتُ صدري، وقالت فاطمة: لقد طَحَنْتُ حتى مَجَلَتْ يداي، وقد جاءكَ الله بسبي وسَعة فأخدمنا، فقال: "والله لا أعطيكما وأدع أهل الصفة تَطْوَى بطونهم لا أجد ما أنفق عليهم" (٧) فرجعا فأتاهما رسول الله ﷺ وقد
(١) ترجمة فاطمة الزهراء (عليه السلام) في طبقات ابن سعد (٨/ ٢٢٢) والاستيعاب (٤/ ١٨٩١) وأسد الغابة (٧/ ٢١٧) وسير أعلام النبلاء (٢/ ١١٨ - ١٣٤) والإصابة (٤/ ٣٧٧ - ٣٨٠). (٢) رواه البخاري رقم (٣٦٢٤) ومسلم رقم (٢٤٥٠) (٩٨) و (٩٩). (٣) الحُطميَّةُ: دروع كانت تنسب إلى رجل كان يعملها وكان لعلي ﵁ درع يقال لها: الحطميَّة وهي التي تحطم السيوف أي تكسرها، وقيل: هي العريضة الثقيلة، وقيل: هي منسوبة إلى بطن من عبد قيس يقال لهم حُطمة بن محارب كانوا يعملون الدروع. قال: وهذا أشبه الأقوال. اللسان (حطم). (٤) مسنده (١/ ١٠٦ - ١٠٧) رقم (٨٣٨) وإسناده حسن، وهو حديث صحيح. (٥) سنوت، ونسنو أي نستقي. النهاية (٢/ ٤١٥) واللسان (سنا). (٦) مجلت: تقرَّحت من الحمل. (٧) بعد هذا في المسند: "ولكني أبيعهم وأنفق عليهم أثمانهم".

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