Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Tu es occupé par tes affaires, et Tu sais, ô Dieu, toute chose avec science. Il dit : « J’ai alors compris que ces gens n’avaient été soutenus par les anges que parce qu’ils étaient sur l’ordre de Dieu. » Il ajouta : « Ainsi, son Islam s’améliora, et les Compagnons l’écoutaient. »

Mention de l’apostasie des habitants d’Oman et de Mahra (1) du Yémen :
Quant aux habitants d’Oman, il surgit parmi eux un homme que l’on nommait Dhû al-Tâj, Laqît ibn Mâlik al-Azdî, qui portait le nom d’al-Julandâ à l’époque préislamique. Celui-ci se proclama également prophète, et il fut suivi par les ignorants d’Oman. Il s’empara du territoire, vainquit Jifar et ‘Abbâd, les contraignant à se retirer vers les confins de la région, dans les secteurs montagneux et côtiers. Jifar dépêcha alors un messager auprès du Siddîq (Abou Bakr) pour l’informer de la situation et lui demander de l’aide. Abou Bakr envoya deux commandants : Hudhayfa ibn Muhsin al-Himyarî et ‘Arfaja al-Bâriqî, tous deux de la tribu des Azd, Hudhayfa en direction d’Oman et ‘Arfaja en direction de Mahra. Il leur recommanda de s’entendre, de s’unir et de commencer par Oman, où Hudhayfa exercerait l’autorité. Une fois arrivés à Mahra, ce serait ‘Arfaja qui prendrait le commandement.

Nous avons déjà rapporté qu’après qu’Abou Bakr eut envoyé ‘Ikrima ibn Abî Jahl pour combattre Musaylima, suivi plus tard par Sharhâbîl ibn Hasana, ‘Ikrima se hâta de livrer bataille à Musaylima avant l’arrivée de Sharhâbîl, espérant s’approprier seul la victoire. Il subit toutefois un revers face à Musaylima et ses hommes, et dut se replier jusqu’à l’arrivée de Khâlid ibn al-Walîd, qui finit par vaincre Musaylima, comme déjà mentionné. Abou Bakr écrivit alors à ‘Ikrima pour lui reprocher sa précipitation : « Ne me laisse pas te voir ni entendre parler de toi tant que tu n’auras pas fait tes preuves », et il l’ordonna de rejoindre Hudhayfa et ‘Arfaja à Oman. Chacun d’eux commanderait son armée respectivement, et tant qu’ils resteraient dans la région d’Oman, Hudhayfa resterait le chef suprême. Une fois Oman pacifiée, ils devaient gagner Mahra, puis, après l’avoir soumise, se rendre au Yémen et à Hadramawt pour se joindre à Al-Muhâjir ibn Abî Umayya. Quant à quiconque parmi les apostats se trouverait entre Oman et Hadramawt ou le Yémen, ils devaient le châtier.

‘Ikrima partit donc exécuter les ordres d’Abou Bakr et rejoignit Hudhayfa et ‘Arfaja avant qu’ils n’entrent à Oman. Abou Bakr avait aussi écrit à ces derniers de se rallier à l’avis de ‘Ikrima, qu’ils demeurent à Oman ou qu’ils en sortent, une fois leur mission achevée. Ils marchèrent donc ensemble, et lorsque Lâqît ibn Mâlik apprit la nouvelle de l’arrivée de l’armée, il sortit à la tête de ses troupes et campa dans un lieu appelé Daba (3), la principale cité et le plus important marché de ce pays. Il plaça les familles et les biens derrière son ost afin de galvaniser ses soldats. De leur côté, Jifar et ‘Abbâd se rassemblèrent dans un endroit nommé Sohâr (4), où ils établirent leur camp, puis ils envoyèrent chercher les commandants d’Abou Bakr pour qu’ils se joignent à eux. Les deux armées se retrouvèrent face à face, livrant un combat si âpre que les musulmans faillirent reculer. Mais la grâce de Dieu leur parvint

(1) Le rapport sur l’apostasie des habitants d’Oman et de Mahra au Yémen se trouve dans l’Histoire de al-Ṭabarī (t. 3, p. 313) et dans Le Kāmil d’Ibn al-Athīr (t. 2, p. 372). Yāqūt dit : « Mahra - avec un fatḥa puis un sukūn - c’est ainsi que la plupart des gens le transmettent, mais la forme correcte est Maḥra avec un ḍamma, et je l’ai trouvée dans les manuscrits d’un groupe d’anciens savants qui ne divergent pas à ce sujet. » Au Yémen, ils ont des formes abrégées où le complément est omis, et il y a environ un mois entre elle et Oman, ainsi qu’entre elle et Hadramawt. (Muʿjam al-Buldān, t. 5, p. 234). (2) Un poète s’en est distingué : « kharaja », et « nabagha » quelque chose signifie que la langue est apparue (nabagha). (3) Dabā, avec un fatḥa sur la première lettre et une kasra brève, est un marché des Arabes à Oman, et c’était autrefois la citadelle d’Oman. (Muʿjam al-Buldān, t. 2, p. 436). (4) « Ṣuḥār » : la citadelle d’Oman située près de la montagne, et sa ville jumelle est située près de la côte. Al-Bakrī a dit que Ṣuḥār est dans le pays de Banū Tamīm à l’intérieur de l’al-Yamāma ou ses environs. (Muʿjam al-Buldān, t. 3, p. 393) et dans Ma istaʿjam (p. 825).
أنتَ في شأنٍ، وعلمتَ اللَّهم كل شيء علمًا، قال: فعلمتُ أنَّ القوم لم يعانوا بالملائكة إلَّا وهم على أمر الله، قال: فحسُنَ إسلامه وكان الصحابةُ يسمعون منه. ذكرُ ردَّة أهلِ عُمان ومَهَرَ (١) اليَمَنِ أما أهل عُمان فنبغَ (٢) فيهم رجلٌ يقالَ له: ذو التاج لَقيطُ بن مالك الأَزدي، وكان يُسَمَّى في الجاهلية الجُلَنْدَى، فادّعى النُّبوَّة أيضًا، وتابعَهُ الجَهَلَةُ من أهل عُمان، فتغلَّب عليها وقهر جيفرًا وعبادًا وألجأهما إلى أطرافها، من نواحي الجبال والبحر، فبعثَ جيفر إلى الصديق فأخبره الخبر واستجاشه، فبعث إليه الصديق بأميرين وهما حذيفة بن محصن الحميري، وعرفجة البارقي من الأزد؛ حذيفة إلى عمان، وعرفجة إلى مهرة، وأمرهما أن يجتمعا ويتّفقا ويبتدئا بعُمان، وحذيفة هو الأمير فإذا ساروا إلى بلاد مهرة فعرفجة الأمير. وقد قدمنا أن عكرمةَ بن أبي جهل لمّا بعثه الصديقُ إلى مسيلمةَ وإتباعِه بشرحبيل بن حسنة، عجَّل عكرمةُ وناهضَ مسيلمةَ قبلَ مجيءِ شرحبيل ليفوز بالظَّفر وحدَه، فناله من مسيلمة قرحٌ والذين معه، فتقهقر حتى جاء خالدُ بن الوليد، فقهرَ مسيلمة كما تقدّم، وكتب إليه الصديق يلومُه على تسرُّعه، قال: لا أرينَّك ولا أسمعن بك إلا بعد بلاء، وأمره أن يلحقَ بحذيفة وعرفجة إلى عُمان، وكل منكم أميرٌ على جيشه وحذيفة ما دمتم بعمان فهو أمير الناس، فإذا فرغمُم فاذهبوا إلى مهرة، فإذا فرغتُم منها فاذهب إلى اليمن وحضرموت فكن مع المُهاجر بن أبي أمية، ومن لقيته من المرتدة بين عمان إلى حضرموت واليمن فنكِّلْ به، فسار عكرمةُ لما أمره به الصديق، فلحق حذيفة وعرفجة قبل أن يصلا إلى عمان، وقد كتب إليهما الصديق إن ينتهيا إلى رأي عكرمة بعد الفراغِ من السير من عُمان أو المقام بها، فساروا فلما اقتربوا من عمان راسلوا جيفرًا، وبلغَ لقيطَ بن مالك مجيءُ الجيش، فخرجَ في جموعه فعسكر بمكانٍ يقال له: دبا (٣) ، وهي مصر تلك البلاد وسوقُها العُظمى، وجعل الذراري والأموال وراءَ ظهورهم ليكونَ أقوى لحربهم، واجتمع جيفر وعباد بمكانٍ يقال له صُحار (٤) ، فعسكرا به وبعثا إلى أمراء الصديق فقدموا على المسلمين، فتقابل الجيشان هنالك، وتقاتلوا قتالًا شديدًا، وابتُلي المسلمون وكادوا أن يُولُّوا، فمن الله
(١) خبر ردة أهل عمان ومهرة اليمن في تاريخ الطبري (٣/ ٣١٣) والكامل لابن الأثير (٢/ ٣٧٢)، وقال ياقوت: ومَهْرة - بالفتح ثم السكون - هكذا يرويه عامة الناس، والصحيح: مَهرة بالتحريك وجدته بخطوط جماعة من أئمة العلم القدماء لا يختلفون فيه. وباليمن لهم مخلات يقال بإسقاط المضاف إليه، وبينه وبين عمان نحو شهر وكذلك بينه وبين حضرموت. معجم البلدان (٥/ ٢٣٤). (٢) نبغ منه شاعر: خرج، ونبغ الشيء: ظهر اللسان (نبغ). (٣) دبا بفتح أوله والقصر: سوق من أسواق العرب بعمان وكانت قديمًا قصبة عمان. معجم البلدان (٢/ ٤٣٦). (٤) "صُحار": قصبة عُمان مما يلي الجبل، وتؤام قصبتها مما يلي الساحل، وقال البكري صحار في بلاد بني تميم باليمامة أو ما يليها. معجم البلدان (٣/ ٣٩٣) ومعجم ما استعجم (٨٢٥).

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