Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’avais envisagé de l’assimiler à la bahîra, à la sā’iba, à la waṣîla et au ḥâm(1). Cependant, j’ai décidé de le donner en aumône. Il le fit, puis il mourut, et ‘Amr ibn al-‘Āṣ s’en étonnait(2).

Lorsque al-Mundhir mourut, les habitants de Bahreïn apostasièrent et placèrent à leur tête al-Ghurūr, c’est-à-dire al-Mundhir fils d’al-Nu‘mān fils d’al-Mundhir. L’un d’eux déclara : « Si Muḥammad était vraiment prophète, il ne serait pas mort. » Et il ne demeura aucune localité solide dans la foi en ces terres, si ce n’est un village nommé Jawāthā(3), qui fut la première localité ayant établi la prière du vendredi parmi ceux qui étaient retombés dans l’apostasie, ainsi que le rapporte al-Bukhārī d’après Ibn ‘Abbās. Les apostats les assiégèrent et leur bloquèrent toute subsistance, si bien qu’ils souffrirent d’une grande famine, jusqu’à ce qu’Allāh leur vînt en aide. Un homme parmi eux, appelé ‘Abd Allāh ibn Ḥadhf, de Banū Bakr ibn Kilāb, éprouvé par la faim(4), déclama alors :

[Sur le mètre al-wāfir]
« Ne vas-tu pas transmettre un message à Abū Bakr, ô messager,
À tous les jeunes gens de Médine ?
Avez-vous un recours pour soutenir un noble peuple,
Qui demeure assis à Jawāthā, prisonnier du siège ?
On dirait que leur sang, dans chaque ravin,
Est un rayon de soleil aveuglant ceux qui les regardent.
Nous avons placé notre confiance en ar-Raḥmān : assurément,
Nous avons compris que la patience est le lot de ceux qui s’en remettent à Lui(5). »

C’est alors qu’un homme éminent se leva, al-Jārūd ibn al-Mu‘allā – l’un de ceux qui avaient émigré vers l’Envoyé d’Allāh ﷺ – pour prendre la parole, après avoir rassemblé les siens. Il leur dit : « Ô gens de ‘Abd al-Qays, je vais vous poser une question : répondez-moi si vous la connaissez, ne répondez pas si vous ne la connaissez pas. » Ils répondirent : « Demande. » Il dit : « Savez-vous qu’il y a eu des prophètes envoyés par Allāh avant Muḥammad ? » Ils dirent : « Oui. » Il reprit : « Le savez-vous de façon certaine ou les avez-vous vus ? » Ils dirent : « Nous le savons. » Il dit : « Qu’est-il advenu d’eux ? » Ils dirent : « Ils sont morts. » Il ajouta : « Muḥammad ﷺ est donc mort comme ils sont morts. Pour ma part, j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allāh et que Muḥammad est le Messager d’Allāh. » Ils dirent alors : « Nous aussi, nous attestons qu’il n’y a de dieu qu’Allāh et que Muḥammad… »

(1) Al-Zamakhsharī dit : « Les gens de la période de l’ignorance, lorsqu’une chamelle produisait cinq chaleurs dont la dernière était mâle, creusaient son oreille — c’est-à-dire la fendaient — et interdisaient de la monter, sans l’éloigner de l’eau ni du pâturage, et quand le Ma‘ī la rencontrait, il ne la montait pas. On l’appelait al-Baḥīrah. L’homme disait : “Lorsque je reviens de voyage ou guéris d’une maladie, ma chamelle est en liberté.” Ils la considéraient comme la Baḥīrah, ce qui interdisait toute utilisation. Il a été dit : lorsqu’un homme affranchissait un esclave, il déclarait : “Il est en liberté (sā’iba), il n’y a donc ni tutelle ni héritage entre eux.” Lorsque la brebis mettait bas une femelle, elle leur appartenait, et si elle mettait un mâle, il était dédié à leurs divinités ; mais si elle mettait un mâle et une femelle, ils disaient : “Elle a rejoint son frère,” et ne sacrifiaient pas le mâle à leurs divinités. Quand une chamelle produisait dix chaleurs du côté du mâle, ils disaient : “Son dos est protégé,” donc interdiction de monter, de porter dessus, ou de l’éloigner de l’eau ou du pâturage. (Al-Kashshāf, vol. 1, pp. 684‑685). (2) Tārīkh al-Ṭabarī, vol. 3, p. 302. (3) Jawāthā — avec un ḍammah et entre les deux alifs une tāʾ emphatique allongée ou courte — est une forteresse d’Abd al-Qays dans la région du Bahreïn, conquise par al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī à l’époque d’Abū Bakr al-Ṣiddīq, en l’an 12 de l’Hégire. Ibn al-‘Arabī a dit : « Jawāthā, ville frontière », et certains l’ont rapporté comme Jū’āthā avec hamza. Jū’āthā fut le premier lieu où la prière du vendredi fut tenue après Médine. ‘Iyāḍ a dit : « Il y a aussi aux Bahreïn un lieu appelé Qasr Jawāthā, et on dit que tous les Arabes sont revenus à la religion après le Prophète (صلى الله عليه وسلم), sauf les habitants de Jawāthā. » (Mu‘jam al-Buldān, vol. 2, p. 174 et Mu‘jam mā sta‘jam, p. 401). (4) Les vers sont dans Mu‘jam al-Buldān, vol. 1, pp. 174‑175. (5) Dans Mu‘jam al-Buldān : nous avons trouvé al-Naṣr.
أن أجعله كالبَحيرةِ والسّائبة والوَصِيلةِ والحام (١) ، ولكني أتصدّقُ به، ففعل، وماتَ فكان عمرو بن العاص يتعجّب منه (٢) . فلما مات المنذرُ ارتدَّ أهلُ البحرين وملَّكوا عليهم الغرور، وهو المنذر بن النعمان بن المنذر. وقال قائلهم: لو كان محمد نبيًا ما مات، ولم يبق بها بلدةٌ على الثبات سوى قريةٍ يقال لها جُواثا (٣) ، كانت أولَ قريةٍ أقامت الجمعة من أهل الردة كما ثبت ذلك في البخاري عن ابن عباس، وقد حاصرهم المُرْتدون وضيَّقوا عليهم، حتى منعوا من الأقوات وجاعوا جوعًا شديدًا حتى فَرَّجَ اللهُ، وقد قال رجل منهم يقال له عبد الله بن حذف، أحد بني بكر بن كلاب، وقد اشتد عليه الجوع (٤) : [من الوافر] ألا أبلغْ أبا بَكْرٍ رَسولًا … وَفتيانَ المَدينةِ أجْمَعينا فهَلْ لكُمُ إلى قومٍ كرامٍ … قُعود في جُواثا مُحصرينا كَأنَّ دِماءَهم في كُلِّ فجٍّ … شُعاعُ الشمسِ يَغشى الناظرينا تَوكلْنا على الرَّحْمنِ إنَّا … وَجَدْنا الصَّبْرَ (٥) للمُتَوكِّلينا وقد قام فيهم رجلٌ من أشرافهم، وهو الجارود بن المُعلَّى - وكان ممَّن هاجروا إلى رسول الله ﷺ خطيبًا وقد جمعهم فقال: يا معشرَ عبد القيسِ، إنّي سائلُكُم عن أمرٍ فأخبروني إن علمتموه، ولا تُجيبوني إن لم تَعْلموه، فقالوا: سلْ، قال: أتعلمونَ أنَّه كان لله أنبياء قبلَ محمدٍ؟ قالوا: نعم، قال: تعلمونَه أم تَرَوْنهُ؟ قالوا: نعلمُه، قال: فما فعلوا؟ قالوا: ماتوا، قال: فإنَّ محمدًا ﷺ ماتَ كما ماتوا، وإني أشهدُ أن لا إله إلا الله. وأن محمدًا رسول الله، فقالوا: ونحن أيضًا نشهدُ أن لا إله إلا الله وأن محمدًا
(١) قال الزمخشري: كان أهل الجاهلية إذا نتجت الناقة خمسة أبطن آخرها ذكر، بحروا أذنها، أي شقوها وحرّموا ركوبها، ولا تطرد عن ماء ومرعى، وإذا لقيها المعي لم يركبها. واسمها البحيرة. وكان يقول الرجل: إذا قدمت من سفري أو برئت من مرضي فناقتي سائبة. وجعلها كالبحيرة في تحريم الانتفاع بها. وقيل: كان الرجل إذا أعتق عبدًا قال: هو سائبة فلا عقل بينهما ولا ميراث. وإذا ولدت شاة أنثى فهي لهم، وإن ولدت ذكرًا فهو لآلهتهم، فإن ولدت ذكرًا وأنثى قالوا: وصلت أخاها، فلم يذبحوا الذكر لآلهتهم. وإذا نتجت من صلب الفحل عشرة أبطن قالوا: قد حمى ظهره، فلا يركب، ولا يحمل عليه، ولا يمنع من ماء ولا مرعى. الكشاف (١/ ٦٨٤ - ٦٨٥). (٢) تاريخ الطبري (٣/ ٣٠٢). (٣) جواثاء - بالضم وبين الألفين ثاء مثلثة يمدّ ويقصر - حصن لعبد القيس بالبحرين فتحه العلاء بن الحضرمي في أيام أبي بكر الصدّيق ﵁ سنة ١٢ عنوة. وقال ابن الأعرابي: جواثا، مدينة الخط، ورواه بعضهم جؤاثا بالهمزة. وجؤاثا أول موضع جمعت فيه الجمعة بعد المدينة. وقال عياض: وبالبحرين أيضًا موضع يقال له: قصر جواثا، ويقال: ارتدت العرب كلها بعد النبي ﷺ إلا أهل جواثا. معجم البلدان (٢/ ١٧٤) ومعجم ما استعجم (٤٠١). (٤) الأبيات في معجم البلدان (١/ ١٧٤ - ١٧٥). (٥) في معجم البلدان: وجدنا النصر.

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