Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et qu’est-ce donc ? Alors Musaylima s’exclama : « Ô wabar, ô wabar (1), en vérité tu n’es qu’afflux et reflux, et tout le reste n’est que creusement et perforation (2). » Puis il dit : « Qu’en penses-tu, ô ‘Amr ? » Et ‘Amr lui répondit : « Par Dieu, tu sais très bien que je sais que tu mens. »

Les historiens (3) ont rapporté qu’il cherchait à imiter le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il avait appris que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avait craché dans un puits et que l’eau de celui-ci s’était alors abondamment accrue. Musaylima cracha donc dans un puits dont l’eau s’assécha totalement ; il cracha dans un autre puits, dont l’eau devint saumâtre (4). Il fit ses ablutions, puis donna à boire de cette eau à des palmiers qui se desséchèrent et périrent. On lui amena des enfants pour qu’il invoque sur eux la bénédiction (5) ; il leur passa la main sur la tête, et certains devinrent chauves (6), d’autres perdirent la faculté de bien parler. On raconte même qu’il pria pour un homme souffrant d’un mal aux yeux, et qu’après avoir passé sa main sur eux, l’homme perdit la vue.

Seyf ibn ‘Umar (7) a relaté, d’après Khalid ibn Zafar an-Namrî, d’après ‘Umayr ibn Talha, d’après son père : Celui-ci se rendit à al-Yamâma et demanda : « Où est Musaylima ? » On lui répondit : « Tais-toi, c’est le Messager de Dieu. » Il rétorqua : « Je ne me tairai pas tant que je ne l’aurai pas vu. » Quand Musaylima se présenta, il lui dit : « Es-tu Musaylima ? » – « Oui », répondit-il. « Qui te visite (avec la révélation) ? » – « Le Tout-Miséricordieux (8). » – « Vient-Il dans la lumière ou dans l’obscurité ? » – « Dans l’obscurité. » Il déclara alors : « Je témoigne que tu es certes un menteur et que Muhammad est véridique. Seulement, le menteur de Rabî‘a nous est plus cher que le véridique de Mudar. » Cet Arabe fruste, que Dieu le maudisse, suivit donc Musaylima jusqu’à ce qu’il fût tué à ses côtés le jour d’Aqrabâ, à Dieu ne plaise.

Mention de l’apostasie des gens de Bahreïn et de leur retour à l’Islam (9) :

Voici le récit : le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avait envoyé al-‘Alâ’ ibn al-Hadramî chez leur roi, al-Mundhir ibn Sâwâ al-‘Abdî, qui se convertit à l’Islam par son intermédiaire. Il établit alors parmi eux l’Islam et la justice. Quand le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) décéda, al-Mundhir mourut peu de temps après. C’est alors que ‘Amr ibn al-‘Âs se trouvait auprès de lui durant sa maladie. Al-Mundhir lui demanda : « Ô ‘Amr, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) réservait-il une part de ses biens à celui qui était gravement malade ? » ‘Amr répondit : « Oui, le tiers. » – « Que dois-je en faire ? » poursuivit-il. – « Si tu le souhaites, distribue-le en aumône à tes proches ; si tu le veux, aux nécessiteux ; ou bien, si tu préfères, consacre-le comme aumône durable après ta mort (waqf), afin qu’il soit inviolable. » Al-Mundhir lui rétorqua : « Je n’aime pas cela. »

(1) « Al-Wabr » : avec un bāʾ sukūnée, c’est un petit animal de la taille d’un chat sauvage, gris ou blanc, appartenant aux bêtes du désert, doté de beaux yeux qui brillent d'un éclat profond. Les Arabes rapportent que le lapin dit au wabr : « Wabr wabr, hanche et poitrine, et le reste est mépris et picotement ! » Le wabr lui répondit : « Je vois, je vois, hanche et épaules, et le reste est deux bouchées. » (Al-Lisān, article « Wabr »). (2) « Al-Ḥaqr » – dans tous les sens – signifie l’humiliation ; et « an-Naqr » : un suivi et une insistance. (Al-Lisān, articles « Ḥaqr » et « Naqr »). (3) Tārīkh al-Ṭabarī (3/284‑285). (4) « Māʾ ʾAjāj » : c’est-à-dire de l’eau salée ; on a aussi dit amer, voire très amer, ou alors al-ʾAjāj signifie « très chaud ». (Al-Lisān, article « ʾAjjaj »). (5) « Baraka ʿalayhi » : c’est-à-dire qu’on a invoqué la bénédiction pour lui. (Al-Lisān, article « Baraka »). (6) « Qarʿ al-raʾs » : quand une personne est devenue chauve, sans un seul cheveu sur la tête. (Al-Lisān, article « Qarʿ »). (7) Tārīkh al-Ṭabarī (3/286). (8) Dans la tradition : rajs, correction d’al-Ṭabarī. (9) Les récits de l’apostasie des habitants de Bahreïn dans Tārīkh al-Ṭabarī (3/301) et al-Kāmil d’Ibn al-ʿAthīr (2/368).
وما هي؟ فقال مسيلمة: يا وَبر (١) يا وَبر، إنما أنتَ إيراد وصَدر، وسائرك حَفْرٌ نَقْر (٢) . ثم قال: كيف ترى يا عمرو؟ فقال له عمرو: والله إنكَ لتعلمُ أني أعلمُ أنكَ تكذبُ. وذكر علماء التاريخ (٣) أنه كان يتشبَّهُ بالنبي ﷺ ، بلغه أن رسولَ الله ﷺ بَصَقَ في بئر فغزرَ ماؤُه، فبصقَ في بئبر فغاض ماؤُه بالكلية، وفي أخرى فصارَ ماؤه أُجاجًا (٤) ، وتوضَّأ وسقى بوضوء نخلًا فَيَبستْ وهلَكتْ، وأتى بولدان يُبَرّك (٥) عليهم فجعلَ يَمْسحُ رؤوسَهمِ فمنهم من قَرَعَ رَأْسُه (٦) ، ومنهم من لَثَغَ لسانُه. ويقال: إنه دعا لرجل أصابه وجعٌ في عينيه فمَسَحَهُما فعَمي. وقال سيف بن عمر (٧) ، عن خليد بن زفر النَّمري، عن عمير بن طلحة، عن أبيه: أنه جاء إلى اليمامة فقال: أين مُسيلمةُ؟ فقال: مه رسول الله، فقال: لا حتّى أراهُ، فلما جاء قال: أنت مسيلمةُ؟ فقال: نعم. قال: من يأتيكَ؟ قال: رحمن (٨) ، قال: أفي نورٍ أم في ظُلْمةٍ؟ فقال: في ظُلْمةٍ، فقال أشهد أنَّك كذّابٌ وأن محمدًا صادقٌ، ولكن كذّابَ ربيعة أحبُّ إلينا من صادقِ مُضَر، واتبعه هذا الأعرابيُّ الجلفُ لعنه الله حتى قُتل معه يوم عقرباء، لا (رحمه الله) . ذكرُ ردَّةِ أَهْلِ البَحْرين وعودهم إلي الإسلام (٩) كان من خبرهم أنَّ رسولَ الله ﷺ كان قد بعثَ العلاءَ بن الحَضْرميّ إلى مَلِكِها، المُنْذر بن ساوى العَبْدي، وأسلم على يديه وأقام فيهم الإسلامَ والعدلَ، فلما توفي رسولُ الله ﷺ توفي المنذر بعدَه بقليل، وكان قد حضر عنده في مرضه عمرو بن العاص، فقال له: يا عمرو هل كان رسولُ الله ﷺ يجعلُ للمريض شيئًا من ماله؟ قال: نعم، الثلث، قال: ماذا أصنعُ به؟ قال: إن شئتَ تصدقتَ به على أقربائك، وإن شئت على المَحاويج، وإن شئتَ جعلتَه صدقةً من بعدك حبسًا محرمًا، فقال: إني أكرهُ
(١) "الوَبْر": بسكون الباء: دُوَيّبةٌ على قدر السنَّور غبراء أو بيضاء من دواب الصحراء، حسنة العينين تكون بالغَوْر، والعرب تقول: قالت الأرنب للوَبْر: وَبْرٌ وَبْرٌ، عَجُزٌ وصَدْر، وسائرك حَقْرٌ نقرٌ!! فقال لها الوَبْرُ: أرانِ أرانْ، عجز وكتفانْ، وسائرك أكلتان. اللسان (وبر). (٢) "الحَقْر" - في كل المعاني - الذلّة، "والنَّقْر": إتباع له وتوكيد. اللسان (حقر ونقر). (٣) تاريخ الطبري (٣/ ٢٨٤ - ٢٨٥). (٤) "ماء أجاج": أي مِلْحٌ، وقيل: مُرٌّ، وقيل: شديد المرارة، وقيل: الأجاج؛ شديد الحرارة. اللسان (أجج). (٥) "برك عليه": أي: دعا له بالبركة. اللسان (برك). (٦) "قَرْعُ الرأس": وهو أن يصلع فلا يبقى على رأسه شعر. اللسان (قرع). (٧) تاريخ الطبري (٣/ ٢٨٦). (٨) في ط: رجس والتصحيح من الطبري. (٩) أخبار ردة أهل البحرين في تاريخ الطبري (٣/ ٣٠١) والكامل لابن الأثير (٢/ ٣٦٨).

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