Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il resta ferme jusqu’à ce qu’il fût tué sur place.

Les émigrés (al-Muhâjirûn) dirent alors à Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfa : « Crains-tu que l’on nous atteigne par ton côté ? » Il répondit : « Je serais alors un bien mauvais porteur du Coran ! »

Zayd ibn al-Khattâb dit : « Ô vous tous, serrez les dents, et frappez vos ennemis en avançant ! » Et il ajouta : « Par Dieu, je ne parlerai plus tant que Dieu ne les aura pas vaincus, ou que je ne rencontre Dieu et ne Lui présente mon plaidoyer. » Il fut alors tué en martyr.

Abû Hudhayfa s’écria : « Ô vous, gens du Coran, embellissez le Coran par vos actes ! » puis il chargea l’ennemi jusqu’à les disperser, tout en étant lui-même touché. De son côté, Khâlid ibn al-Walîd les dépassa et se dirigea vers Musaylima, guettant l’occasion de le tuer. Puis il revint, se posta entre les deux lignes de combattants et les appela au duel. Il déclara : « Je suis le fils d’al-Walîd al-‘Awd (1), je suis le fils de ‘Âmir et de Zayd ! » puis il lança l’appel au cri de guerre des musulmans – ce jour-là, il s’agissait de : « Ô Muhammad ! » – et nul ne se présenta à lui sans être tué ; rien ne l’approchait sans qu’il ne le terrasse.

Le combat tourna alors en faveur des musulmans, et Khâlid s’approcha de Musaylima. Il lui proposa l’équité (2) et de revenir à la vérité, mais le démon de Musaylima lui tordait le cou, si bien qu’il n’acceptait rien. Chaque fois que Musaylima songeait à se rapprocher d’un accord, son démon le détournait. Khâlid se retira et sépara l’armée entre émigrés, auxiliaires (al-Ansâr) et bédouins, chaque clan combattant sous sa propre bannière, pour que l’on sache d’où surviendrait la faille. Les Compagnons firent preuve d’une persévérance sans précédent, avançant vers la tête de leur ennemi jusqu’à ce que Dieu leur accorde la victoire. Les mécréants prirent la fuite, et on les pourchassait en les frappant à la nuque, les tuant comme on le souhaitait, jusqu’à ce qu’on les repousse dans la « Jardinet de la Mort ». Sur conseil de Mukhakkam al-Yamâma – Mukhakkam ibn al-Tufayl, que Dieu le maudisse –, ils s’y engouffrèrent, y trouvant l’ennemi de Dieu Musaylima, que Dieu le maudisse. ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr atteignit Mukhakkam ibn al-Tufayl et lui décocha une flèche dans la gorge alors qu’il haranguait les siens, le tuant sur-le-champ. Les Banû Hanîfa refermèrent alors la porte du jardin sur eux, et les Compagnons les encerclèrent.

Al-Barâ’ ibn Mâlik lança : « Ô vous, musulmans, lancez-moi sur eux dans la jardinet ! » On le souleva donc sur un grand bouclier, porté par des lances, pour le jeter par-dessus la muraille. Il combattit alors les apostats devant la porte jusqu’à ce qu’il parvînt à l’ouvrir. Les musulmans pénétrèrent dans la jardinet par les murs et par les portes, exterminant ceux qui s’y trouvaient parmi les renégats de Yamâma, jusqu’à ce qu’ils atteignent Musaylima, que Dieu le maudisse. Ils le trouvèrent debout dans une brèche du mur, tel un chameau gris (3), écumant, s’appuyant sur les parois, hors de lui de colère. Lorsqu’un accès démoniaque le saisissait, il écumait, la bave lui sortant des deux côtés de la bouche.

C’est alors que Wahshî ibn Harb, l’affranchi de Jubayr ibn Mut‘im – celui qui tua Hamza –, s’avança et lui lança sa lance, le transperçant de part en part. Abû Dujâna, Samâk ibn Khurasha, accourut à son tour et le frappa de l’épée, le faisant s’écrouler. C’est alors qu’une femme cria depuis le haut du palais : « Ô chef resplendissant, le voilà tué par l’esclave noir ! »

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(1) Al-‘Awd : surnom indiquant la robustesse ou l’expérience de Khâlid ibn al-Walîd.
(2) La proposition de s’en remettre à un compromis juste, ou de reconnaître la légitimité de l’islam.
(3) Qualificatif décrivant sans doute la couleur et l’allure farouche de Musaylima à cet instant.

(1) «ʿAl-ʿawd» : le chameau âgé, qui conserve une partie de ses défenses, et qui est entraîné. Voir al-Lisān (ʿawd) et al-Nihāya fī Gharīb al-Ḥadīth, vol. 3, p. 317. (2) al-Naṣf, al-Naṣfa et al-Inṣāf : donner le droit. Voir al-Lisān (Naṣf). (3) Dans la version al-Ḥadītha : altération. (4) al-Awrak parmi les chameaux : celui dont la couleur va du blanc au noir. Abū ʿUbayd a dit : al-Awrak est le chameau dont la viande est la meilleure et qui est le moins fatigant pour le travail et la marche, mais il n’est pas apprécié pour son comportement et sa robustesse dans le travail et la marche. Voir al-Lisān (Waraq).
يزل ثابتًا حتى قُتل هناك، وقال المهاجرون لسالم مولى أبي حذيفة: أتخشى أن نؤتى من قبلك؟ فقال: بئس حامل القرآن أنا إذًا، وقال زيد بن الخطاب: أيها الناس عَضُّوا على أضراسكم، واضربوا في عدوِّكم وامضوا قدمًا، وقال: والله لا أتكلَّمُ حتى يهزمهم اللهُ أو ألقىَ اللهَ فأكلِّمه بحجَّتي، فقُتل شهيدًا (رضي الله عنه) . وقال أبو حذيفة: يا أهلَ القرآنِ زيِّنوا القرآنَ بالفِعال، وحملَ فيهم حتى أبعدَهم وأصيب (رضي الله عنه) ، وحملَ خالدُ بن الوليد حتى جاوزَهم، وسار لحيال مسيلمة وجعل يترقَّب أن يصلَ إليه فيقتلَه، ثم رجع ثم وقف بين الصَّفَّيْن ودعا البراز، وقال: أنا ابن الوليد العَوْد (١) ، أنا ابن عامر وزيد، ثم نادى بشعار المسلمين - وكان شعارهم يومئذ: يا محمداه - وجعل لا يبرز لهم أحدٌ إلا قتله، ولا يدنو منه شيء إلا أكله. ودارت رحى المسلمين، ثم اقترب من مسيلمة، فعرض عليه النَّصَفَ (٢) والرجوع إلى الحق، فجعل شيطانُ مسيلمةَ يلوي عنقه، لا يقبلُ منه شيئًا، وكلّما أراد مسيلمةُ يقاربُ من الأمر صرفه عنه شيطانه، فانصرف عنه خالد وقد ميز خالد المهاجرين من الأنصار من الأعراب، وكل بني أبٍ على رايتهم، يقاتلون تحتها، حتى يعرفَ الناسُ من أين يُؤْتون، وصبرت الصحابةُ في هذا الموطن صبرًا لم يُعْهد مثلُه، ولم يزالوا يتقدَّمون إلى نحور عدوهم حتى فتح الله عليهم، وولى الكفارُ الأدبارَ، واتَّبعوهم يقتلون في أقفائهم، ويضعونَ السيوفَ في رقابهم حيث شاؤوا، حتى ألجؤوهم إلى حديقة الموت، وقد أشار عليهم محكَّمُ اليمامة - وهو محكَّم بن الطفيل لعنه الله - بدخولها، فدخلوها وفيها عدوُّ الله مسيلمةُ لعنه الله، وأدرك عبد الرحمن بن أبي بكر محكمَ بن الطفيل فرماه بسهمٍ في عنقه وهو يخطب فقتله، وأغلقتْ بنو حنيفة الحديقةَ عليهم، وأحاط بهم الصحابةُ، وقال البراءُ بن مالك: يا معشرَ المسلمين ألقوني عليهم في الحديقة (٣) ، فاحتملوه فوق الجحف ورفعوها بالرماح حتى ألقوه عليهم من فوق سورها، فلم يزل يقاتلهم دون بابها حتى فتحه، ودخل المسلمون الحديقةَ من حيطانها وأبوابها يقتلون من فيها من المُرْتدَّةِ من أهل اليمامة، حتى خلصوا إلى مسيلمة لعنه الله، وإذا هو واقفٌ في ثُلْمةِ جدارٍ كأنه جملٌ أورقٌ (٤) ، وهو مُزْبدٌ يتساندُ، لا يعقلُ من الغَيْظِ، وكان إذا اعتراه شيطانُه أزبدَ حتى يخرج الزَّبَدُ من شِدْقَيْه، فتقدّم إليه وحشيُّ بن حرب مولى جُبَيْر بن مُطْعِم - قاتل حمزة - فرماه بحربته فأصابه وخرجت من الجانب الآخر، وسارع إليه أبو دُجانة سماك بن خرشة، فضَربه بالسيْف فسقطَ، فنادت امرأةٌ من القصر: وا أمير الوضاءة، قتله العبدُ الأسود.
(١) "العَوْد": الجمل المسن وفيه بقية وهو المدرَّب. اللسان (عود) والنهاية في غريب الحديث (٣/ ٣١٧). (٢) النَّصَفُ والنَّصفةُ والإنصاف: إعطاء الحق. اللسان (نصف). (٣) في ط: الحديثة؛ تحريف. (٤) الأورق من الإبل: الذي في لونه بياض إلى سواد. وقال أبو عبيد: الأورق: أطيب الإبل لحمًا وأقلها شدة على العمل والسير وليس بمحمود عندهم في عمله وسيره. اللسان (ورق).

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