Parmi eux, certains furent brûlés par le feu, d’autres furent lapidés, et d’autres encore furent précipités du haut des montagnes. Tout cela fut fait afin que ceux qui entendraient leur histoire parmi les apostats arabes en tirent une leçon.
Sufyân ath-Thawrî rapporta, d’après Qays ibn Muslim, d’après Târiq ibn Shihâb, que lorsque la délégation de Buzâkha – appartenant aux tribus d’Asad et de Ghatafân – vint trouver Abû Bakr pour demander la paix, celui-ci leur laissa le choix entre une « guerre qui expulse » (harb mujalliya) ou une « convention humiliante » (khitta mukhziya). Ils lui dirent : « Ô successeur du Messager de Dieu, nous connaissons la guerre qui expulse, mais quelle est cette convention humiliante ? » Abû Bakr répondit : « On vous retire vos armes et vos montures (halqa wa-kurâ‘), et l’on laissera certains d’entre vous suivre les chamelles, jusqu’à ce que Dieu montre au successeur de Son Prophète et aux croyants une issue qui permette de vous excuser. Vous réparez ce que vous nous avez fait, mais nous ne réparerons pas ce que nous vous avons fait. Vous attestez que nos tués sont au Paradis et que les vôtres sont en Enfer. Vous payez l’indemnité pour nos morts, alors que nous ne payons pas pour les vôtres. » ‘Umar s’exclama alors : « Pour ce qui est de ton propos : “Vous payez l’indemnité pour nos morts”, nos tués sont tombés pour la cause de Dieu, ils ne sauraient faire l’objet d’une indemnisation. » ‘Umar refusa cet aspect, puis déclara plus tard qu’il trouvait néanmoins la proposition louable. Al-Bukhârî l’a rapporté (1) sous une forme abrégée, selon la chaîne de Sufyân.
[Autre épisode]
Un grand nombre de ceux qu’on appelait al-Fullâl (2) s’étaient rassemblés le jour de Buzâkha auprès de Tulayha, issu des Banû Ghatafân. Ils rejoignirent une femme nommée Umm Zummal – Salma bint Mâlik ibn Hudhayfa – laquelle comptait parmi les grandes dames des Arabes, à l’exemple de sa mère Umm Qirfa. Sa mère était souvent citée en exemple pour sa noblesse, due au grand nombre de ses enfants (3), à la puissance de sa tribu et à la renommée de sa famille. Quand ces hommes se réunirent autour d’elle, elle les incita à combattre Khâlid, ce qui enflamma leurs ardeurs. D’autres se joignirent alors à eux (4), issus des Banû Sulaym, de Tayyi’, de Hawâzin et d’Asad, formant ainsi une importante armée. La situation prit une grande ampleur autour de cette femme. Informé de leur rassemblement, Khâlid ibn al-Walîd marcha contre eux. Il y eut un violent combat, et elle-même combattait juchée sur la chamelle de sa mère, dite : « Quiconque parvient à l’atteindre obtiendra cent chameaux », signe de son prestige. Khâlid les vainquit, abattit la chamelle et tua Umm Zummal, puis il transmit la nouvelle de la victoire à as-Siddîq.
Quant à l’histoire d’al-Fujâ’a (5), son nom était Iyâs ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Yâ Layl ibn ‘Amîra ibn Khuffâf, de la tribu des Banû Sulaym, comme l’a rapporté Ibn Is h âq. Abû Bakr as-Siddîq le fit brûler au Baqî‘, à Médine. La raison en est qu’il s’était présenté auprès de lui, prétendant avoir embrassé l’islam, et lui demanda de l’équiper