Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Gabriel ? Alors il (Tulayha) répond : « Non. » Puis il repart combattre, et revient ensuite en posant la même question, recevant la même réponse. Lorsque cela se produisit une troisième fois, il lui demanda : « Gabriel est-il venu à toi ? » Il répondit : « Oui. » Il lui dit : « Qu’a-t-il dit ? » Il répliqua : « Il m’a dit : “Tu auras une meule comme la sienne, et un récit que tu n’oublieras pas.” »

ʿUyaynah déclara alors : « Je pense que Dieu sait qu’il y aura pour toi un récit que tu n’oublieras pas. » Puis il ajouta : « Ô Banû Fazârah, repartez ! » Ils battirent en retraite, et les gens se retirèrent loin de Tulayha. Quand les musulmans arrivèrent, Tulayha enfourcha un cheval qu’il avait préparé, fit monter sa femme An-Nuwwâr sur un chameau qui lui appartenait, puis s’enfuit avec elle vers la Syrie. Ses troupes se dispersèrent, et Dieu fit périr un groupe de ceux qui l’avaient suivi.

Une fois que Dieu infligea à Tulayha et aux Fazarah le sort qu’Il voulut, les Banû ʿÂmir, Sulaym et Hawâzin dirent : « Nous rentrons dans ce dont nous étions sortis, nous croyons en Dieu et en Son Messager, et nous nous soumettons à Son jugement concernant nos vies et nos biens. »

J’ai dit : Tulayha al-Asadî avait apostasié du vivant du Prophète (que Dieu lui accorde paix et bénédiction). Quand le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) mourut, ʿUyaynah ibn Ḥiṣn, présent à Badr, le soutint et renia l’islam, disant à son peuple : « Par Dieu, un prophète issu des Banû Asad m’est plus cher qu’un prophète issu des Banû Hâshim. Muhammad est mort, voici Tulayha, suivez-le ! » Son peuple, Banû Fazârah, se rallia alors à lui. Mais lorsque Khâlid les défit, Tulayha s’enfuit avec sa femme en Syrie et s’installa chez les Banû Kalb. Khâlid captura ʿUyaynah ibn Ḥiṣn, l’envoya à Médine les mains liées au cou. Il entra dans la ville dans cet état, et les enfants vinrent le pousser du bout de leurs doigts en disant : « Ô ennemi de Dieu, tu as apostasié de l’islam ? » Il répondait : « Par Dieu, je n’avais jamais cru. »

Lorsqu’il fut présenté à As-Siddîq (Abû Bakr), celui-ci l’invita à se repentir et épargna sa vie. Par la suite, son islam s’améliora. De même, il gracia Qurrah ibn Hubayrah, qui comptait parmi les chefs aux côtés de Tulayha et qui fut arrêté en même temps que ʿUyaynah. Quant à Tulayha, il revint aussi à l’islam plus tard. Il se rendit à La Mecque pour y accomplir la ʿUmra à l’époque d’Abû Bakr As-Siddîq, trop gêné pour le rencontrer durant toute sa vie. Plus tard, il reprit part au combat aux côtés de Khâlid, et Abû Bakr écrivit à ce dernier : « Consulte-le dans la guerre, mais ne le nomme pas commandant » — c’est-à-dire qu’il le traita de manière opposée à ce qu’il recherchait en secret comme pouvoir. C’était là une preuve de la sagesse d’Abû Bakr As-Siddîq (que Dieu l’agrée).

Khâlid ibn al-Walîd demanda à certains compagnons de Tulayha, qui embrassèrent l’islam et dont la foi s’était ensuite renforcée : « Informez-nous de ce que Tulayha vous récitait comme prétendue “révélation”. » Ils dirent : « Il disait : “Les colombes et les pigeons, et l’oiseau ‘ṣurad’ jeûneur, ils ont jeûné bien des années avant vous pour que notre royaume s’étende à l’Irak et à la Syrie…” et ainsi de suite, autant d’élucubrations et de balivernes sans valeur. »

Abû Bakr As-Siddîq écrivit à Khâlid ibn al-Walîd, après avoir su qu’il avait défait Tulayha et tous ceux qui s’étaient rangés à ses côtés et l’avaient soutenu, pour lui dire : « Que Dieu te comble davantage de bienfaits pour ce dont Il t’a gratifié. Crains Dieu dans toutes tes affaires, car Dieu est avec ceux qui Le craignent et qui font le bien. Tâche d’agir sans relâche et ne faiblis pas. Si tu mets la main sur l’un des polythéistes qui a tué des musulmans, alors inflige-lui un châtiment exemplaire. Quant à ceux que tu attraperas, parmi ceux qui ont combattu ou défié Dieu, et si tu juges que c’est pour le bien commun, exécute-les. »

Khâlid (que Dieu l’agrée) demeura alors un mois à Buzâkhah, y allant et venant, y retournant pour traquer ceux au sujet desquels As-Siddîq l’avait instruit. Il s’y établit durant un mois, recherchant ces hommes pour venger les musulmans vivant parmi eux et qui furent tués lorsqu’ils apostasièrent.

(1) At-Tārīkh d'al-Ṭabarī (3/262) et al-Kāmil d'Ibn al-Athīr (2/350).
جبريلُ؟ فيقول: لا، فيرجع فيقاتل، ثم يرجع فيقول له مثلَ ذلك ويردّ عليه مثل ذلك، فلما كان في الثالثة قال له: هل جاءك جبريلُ؟ قال: نعم، قال؟ فما قال لك؟ قال: قال لي: إنَّ لكَ رحاءً كرحاه، وحديثًا لا تنساه، قال يقول عيينة: أظنّ أن قد علم الله سيكون لك حديث لا تنساه، ثم قال: يا بني فزارة انصرفوا، وانهزمَ وانهزمَ الناسُ عن طُلَيْحة، فلما جاءه المسلمون ركب على فرس كان قد أعدّها له، وأركبَ امرأتَه النُّوار على بعيرٍ له، ثم انهزمَ بها إلى الشام وتفرَّق جمعُه، وقد قتل الله طائفةً ممن كان معه، فلما أوقعَ الله بطليحةَ وفزارة ما أوقع، قالت بنو عامر وسليم وهوازن: ندخلُ فيما خرجنا منه، ونؤمن بالله ورسوله، ونسلِّم لحكمه في أموالنا وأنفسنا. قلت: وقد كان طُلَيْحةُ الأسديُّ ارتدَّ في حياةِ النبي ﷺ فلما مات رسول الله ﷺ قام بمؤازرته عُيَيْنة بن حصن من بدر، وارتدَّ عن الإسلام، وقال لقومه: والله لنبيٌّ من بني أسدٍ أحبُّ إليَّ من نبيٍّ من بني هاشم، وقد مات محمدٌ وهذا طُلَيْحةُ فاتَّبعوه، فوافق قومُه بنو فزارة على ذلك، فلما كسرهما خالدٌ هربَ طُلَيْحةُ بامرأته إلى الشام، فنزل على بني كلبٍ، وأسر خالدٌ عيينةَ بن حصن، وبعثَ به إلى المدينة مجموعة يداه إلى عنقه، فدخل المدينةَ وهو كذلك فجعلَ الولدانُ والغلمانُ يطعنونه بأيديهم، ويقولون: أي عدوَّ الله، ارتددتَ عن الإسلام؟ فيقول: والله ما كنتُ آمنتُ قطُّ، فلما وقفَ بين يدي الصّدّيق استتابه وحقنَ دمه، ثم حَسُنَ إسلامُه بعد ذلك، وكذلك منَّ على قرّة بن هبيرة، وكان أحد الأمراء مع طُلَيْحة، فأسره مع عُيَيْنة، وأما طُلَيْحة فإنه راجعَ الإسلام بعد ذلك أيضًا، وذهب إلى مكةَ مُعتمرًا أيامَ الصّدّيق، واستحيى أن يواجهه مدةَ حياتِه، وفد رجعَ فشهدَ القتالَ مع خالدٍ، وكتبَ الصّدّيق إلى خالدٍ، أن استَشِرْهُ في الحرب ولا تُؤَمِّره - يعني معاملته له بنقيض ما كان قصده من الرئاسة في الباطن - وهذا من فقه الصّدّيق (رضي الله عنه) وأرضاه. وقد قال خالد بن الوليد لبعض أصحاب طُلَيْحة ممَّنْ أسلمَ وحَسُنَ إسلامُه: أخبرنا عمّا كان يقولُ لكم طُلَيْحةُ من الوحي، فقال: إنه كان يفول: الحمام واليمام، والصُّرد الصَّوَّام، قد صُمن قبلكم بأعوام ليبلغنَّ ملكنا العراقَ والشام، إلى غير ذلك من الخرافات والهذيانات السمجة. وقد كتب أبو بكر الصديق إلى خالد بن الوليد حين جاءه أنه كسر طليحة ومن كان في صفه وقام بنصره فكتب إليه: ليزدك ما أنعم الله به خيرًا واتقِ الله في أمرك، فإن الله مع الذين اتَّقَوْا والذين هم محسنون، جدّ في أمرك ولا تلنْ ولا تظفر بأحد من المشركين قتل من المسلمين إلا نكَّلْتَ به، ومن أخذت ممن حادَّ الله أو ضادَّه ممن يرى أن في ذلك صلاحًا فاقتله. فأقام خالد (١) ببُزاخةَ شهرًا، يُصعِّدُ فيها ويُصوِّبُ ويرجعُ إليها في طلب الذين وصَّاه بسببهم الصديق، فجعل يتردّد في طلب هؤلاء شهرًا يأخذه بثأر من قتلوا من المسلمين الذين كانوا بين أظهرهم حين ارتدّوا،
(١) تاريخ الطبري (٣/ ٢٦٢) والكامل لابن الأثير (٢/ ٣٥٠).

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