Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Jusqu’à ce qu’ils s’adoucissent, Khalid arriva avec ses troupes. À la tête des Anṣâr qui l’accompagnaient se trouvait Thâbit ibn Qays ibn Sham mâs. Il envoya devant lui Thâbit ibn Aqram et ʿUkkâsha ibn Miḥṣan comme éclaireurs. Tulayḥa et son frère Salma, avec ceux qui les suivaient, partirent à leur rencontre. Lorsqu’ils se retrouvèrent face à Thâbit et ʿUkkâsha, ils s’affrontèrent en duel. ʿUkkâsha tua alors Ḥibâl (1), fils de Tulayḥa.

On a aussi rapporté qu’il l’avait tué auparavant et s’était emparé de ce qu’il possédait. Tulayḥa se jeta alors sur lui et le tua. Tulayḥa et son frère Salma tuèrent également Thâbit ibn Aqram. Khalid arriva avec ses hommes et les trouva tous deux gisant à terre, ce qui affligea grandement les musulmans.

À ce propos, Tulayḥa composa ces vers (2) (mètre al-Ṭawîl) :

« Le soir où je laissai Ibn Aqram inanimé…
et ʿUkkâsha al-Ghanmî sous mon élan.
Je lui opposai la pointe de ma monture (3),
Car elle est habituée, devant les héros, à livrer combat.
Un jour, tu la vois préservée dans son bel apparat,
Et un autre jour, tu la vois sous l’ombre des lances brandies.
Même si des enfants et des femmes ont été atteints,
Qu’ils ne croient pas rentrer les mains vides après la mort de Ḥibâl ! »

Khalid se tourna ensuite vers Banû Ṭayy. ʿAdî ibn Ḥâtim vint à sa rencontre et déclara : « Accorde-moi trois jours. Eux-mêmes m’ont demandé un délai pour envoyer un message à ceux de chez eux qui ont déjà rejoint Tulayḥa, afin qu’ils reviennent. Ils craignent que, s’ils te suivent, Tulayḥa ne mette à mort ceux qui l’ont rejoint. Et il vaut mieux pour toi qu’ils ne se précipitent pas en enfer. » Après trois jours, ʿAdî revint avec cinq cents combattants parmi ceux qui étaient revenus à la vérité, et ils s’ajoutèrent à l’armée de Khalid.

Khalid se dirigea alors vers Banû Jadîla (4). ʿAdî lui dit : « Ô Khalid, accorde-moi encore quelques jours pour aller les voir : peut-être Dieu les sauvera-t-Il comme Il a sauvé (la tribu de) Ṭayy. » ʿAdî se rendit donc auprès d’eux et ne cessa de les exhorter jusqu’à ce qu’ils se repentent et qu’il les amène à Khalid en tant que musulmans. Mille cavaliers de chez eux rejoignirent alors les musulmans. Ainsi, ʿAdî fut pour son peuple le plus vertueux des fils et le plus béni.

Ils racontent que Khalid poursuivit sa route jusqu’à camper à Ajaʾ et Salmâ, où il disposa son armée. Il y affronta Tulayḥa al-Asadî dans un lieu appelé Buzâkha (5). De nombreux clans d’Arabes bédouins observaient de quel côté pencherait la victoire. Tulayḥa arriva avec les siens et ceux qui s’étaient alliés à lui. ʿUyayna ibn Ḥiṣn se joignit à eux avec sept cents hommes de son peuple, Banû Fazâra. Les deux camps se rangèrent en ordre de bataille.

Tulayḥa s’assit alors, enveloppé dans son manteau, prétendant recevoir la prophétie et disant qu’il attendait la “révélation”. De son côté, ʿUyayna livrait combat tant qu’il pouvait, puis, las de se battre, il venait retrouver Tulayḥa, toujours emmitouflé dans son manteau, et lui demandait : « T’est-elle parvenue ? »

(1) Dans l'édition de Jibāl, avec un jīm. Ibn al-ʿAthīr (2/349) précise : ḥibāl ; avec un ḥāʼ non emphatique, un bāʼ simple, et après le alif un lām. (2) Le premier vers concernant la dérivation selon Ibn Duraid (551), et les cinq vers sur la biographie prophétique selon Ibn Hishām (1/637), comportent des récitations et ordres différents. (3) En marge de la Sīra : al-Ḥammālah est le nom d’un cheval de Ṭalīḥah. (4) Dans l’édition imprimée : « Adīlah » ; la correction est issue de l’Histoire de Ṭabarī et de al-Kāmil d’Ibn al-ʿAthīr. (5) « Buzākhah » : avec un ḍamma et un khāʼ emphatique, désigne une source d’eau boueuse dans la région du Najd. Il est également dit que ce nom se rapporte aux Banū Asad, où eut lieu une grande bataille à l’époque d’Abū Bakr al-Ṣiddīq contre Ṭalīḥah al-Asadī. Voir Muʿjam al-Buldān (1/408).
حتى لانوا، وجاء خالد في الجنود وعلى مقدمة الأنصار الذين معه ثابت بن قيس بن شمَّاس، وبعث بين يديه ثابتَ بن أقرمَ، وعُكَّاشةَ بن محصن طليعةً، فتلقاهما طُلَيْحةُ وأخوه سلمة فيمن معهما، فلما وجدا ثابتًا وعُكَّاشة تبارزوا فقتل عُكَّاشة حبال (١) بن طُلَيْحة، وقيل: بل كان قتل حبالًا قبل ذلك وأخذ ما معه، وحمل عليه طُلَيْحة فقتله وقَتل هو وأخوه سلمة، ثابتَ بن أقرم، وجاء خالد بمن معه فوجدوهما صريعين، فشقّ ذلك على المسلمين. وقد قال طليحة في ذلك (٢) : [من الطويل] عَشِيَّةَ غَادَرْتُ ابنَ أقرَمَ ثاويًا … وعُكَّاشةَ الغَنْميَّ تَحتَ مَجَالِ أقَمْتُ لَهُ صَدْرَ الحمالةٍ (٣) إنَّها … معوَّدةٌ قبلَ الكُمَاةِ نَزالِ فيومًا تراها في الجلالِ مَصُونةً … وَيَومًا تَراها في ظِلال عوالي وإن يَكُ أولادٌ أُصِبْنَ ونسوةٌ … فلمْ يَذهبوا فُرغًا بقتلِ حِبَالِ ومال خالدٌ إلى بني طيِّئ، فخرج إليه عديُّ بن حاتم فقال: أنْظِرْني ثلاثةَ أيامٍ، فإنَّهم قد استنظروني حتى يبعثوا إلى منْ تعجَّل منهم إلى طُلَيْحةَ حتى يرجعوا إليهم، فإنهم يخشون إن تابعوكَ أن يقتلَ طليحةُ من سار إليه منهم، وهذا أحبُّ إليك من أن يعجلهم إلى النار، فلما كان بعد ثلاثٍ جاءه عديٌّ في خمسمئة مقاتلٍ ممَّن راجعَ الحقَّ، فانضافوا إلى جيش خالدٍ وقصد خالدٌ بني جديلة (٤) فقال له: يا خالد، أجِّلني أيامًا حتى آتيهم فلعلَّ الله أن ينقذهم كما أنقذَ طَيِّئًا، فأتاهم عديٌّ فلم يزل بهم حتى تابعوه، فجاء خالدًا بإسلامهم، ولحق بالمسلمين منهم ألفُ راكبٍ، فكان عديٌّ خيرَ مولودٍ وأعظمَهُ بركةً على قومه، (رضي الله عنها) . قالوا: ثم سارَ خالدٌ حتى نزلَ بأجأ وسَلْمى، وعَبَّأ جيشَه هنالك والتقى مع طُلَيْحة الأسديِّ بمكانٍ يقال له: بُزاخَة (٥) ، ووقفتْ أحياءٌ كثيرةٌ من الأعراب ينظرون على منْ تكونُ الدائرةُ، وجاء طُلَيْحة فيمن معه من قومه ومن التفَّ معهم وانضافَ إليهم، وقد حضر معه عُيَيْنة بن حصن في سبعمئة من قومه، بني فزارة، واصطفّ الناسُ، وجلس طُلَيْحةُ مُلْتفًا في كساءٍ له يَتَنبّأ لهم ينظر ما يُوحى إليه فيما يزعم، وجعلَ عيينةُ يقاتلُ ما يقاتلُ، حتى إذا ضجرَ من القتال يجيء إلى طُلَيْحةَ وهو مُلْتفٌّ في كسائه فيقول: أجاءك
(١) في ط: جبال بالجيم. قال ابن الأثير (٢/ ٣٤٩): حبال؛ بكسر الحاء المهملة، وفح الباء الموحدة، وبعد الألف لام. (٢) البيت الأول في الاشتقاق لابن دريد (٥٥١) والأبيات خمسة في السيرة النبوية لابن هشام (١/ ٦٣٧) برواية وترتيب مختلفين. (٣) في هامش السيرة؛ أن الحمالة اسم فرس طليحة. (٤) في المطبوع: أديلة؛ والتصحيح من تاريخ الطبري والكامل لابن الأثير. (٥) "بُزَاخة": بالضم والخاء المعجمة: ماء لطيِّئ بأرض نجد، وقيل لبني أسد، كانت فيه وقعة عظيمة في أيام أبي بكر الصديق مع طليحة الأسدي. معجم البلدان (١/ ٤٠٨).

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