Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’il revint vers elle, il lui dit : « Voici que cet homme m’a interrogé à ton sujet, et je lui ai répondu que tu étais ma sœur, alors ne me traite pas de menteur. » Puis il l’envoya chercher. Lorsqu’elle entra auprès de lui, il voulut la saisir de la main, mais il fut immédiatement paralysé. Il s’écria : « Invoque Dieu pour moi, et je ne te ferai pas de mal. » Elle invoqua donc Dieu, et il fut libéré. Il tenta de la saisir une seconde fois et fut à nouveau paralysé, de même ou plus sévèrement encore. Il dit : « Invoque Dieu pour moi, et je ne te ferai pas de mal. » Elle invoqua Dieu, et il fut alors libéré. Puis il appela certains de ses serviteurs et déclara : « En vérité, vous ne m’avez pas amené un être humain, mais un démon ! » Il la relâcha et lui offrit Hâjar.

Elle retourna alors vers Abraham, qui se tenait debout en prière. Lorsqu’il remarqua sa présence, il lui fit signe de la main et dit : « Que se passe-t-il ? » Elle répondit : « Dieu a détourné le dessein du mécréant — ou du malfaiteur — contre lui-même, et il m’a accordé Hâjar pour me servir. » Abou Hurayra (qu’Allah l’agrée) commenta : « Voilà votre mère, ô fils de (…)", selon ce qui est rapporté dans cette chaîne de transmission, mais de façon interrompue (mouqoufan).

Le hâfiẓ Abou Bakr al-Bazzâr a également rapporté ce récit, d’après ‘Amr ibn ‘Alî al-Fallâs, par l’intermédiaire de ‘Abd al-Wahhâb al-Thaqafî, de Hishâm ibn Hassân, de Muhammad ibn Sîrîn, et d’Abou Hurayra, d’après le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qui a dit : « Ibrâhîm (Abraham) n’a jamais menti, si ce n’est à trois reprises, toutes pour la cause de Dieu : lorsqu’il a dit (Coran 37 : 89) : “Je suis malade”, lorsqu’il a dit (Coran 21 : 63) : “C’est le plus grand d’entre eux qui l’a fait”, et lorsqu’il voyageait dans la contrée d’un tyran et que celui-ci envoya quelqu’un interroger Ibrâhîm au sujet de son épouse, il répondit : ‘C’est ma sœur.’ Or, il n’y avait pas alors de musulmans sur terre, si ce n’est lui et elle. » Il lui dit encore : « Ne me fais pas passer pour un menteur. » Il l’emmena alors, mais chaque fois qu’il tentait de la saisir, il était paralysé, jusqu’à ce qu’il dise : “Vous ne m’avez pas amené un être humain, mais un démon !”. Il la relâcha et lui donna Hâjar. Puis elle revint vers Ibrâhîm qui priait debout ; quand il la vit, il lui dit : “Qu’y a-t-il ?”, et elle répondit : “Dieu a détourné le complot de l’oppresseur contre lui-même et m’a donné Hâjar.” »

(1) En marge de B : Al-Jalāl al-Suyūṭī dit dans « Mukhtaṣar al-Nihāyah » : Ô mon fils, « māʾ al-samāʼ » (littéralement « eau du ciel ») désigne les Arabes, car ils suivaient la direction de l'eau, et ils descendaient là où elle se trouvait. (2) Rapporté par al-Bukhārī (n° 3358) dans le chapitre des Prophètes. Concernant son propos : « Ibrahim n'a menti que trois fois », Ibn ʿAqīl commente que c'est une indication rationnelle qui modère la portée générale de l'accusation de mensonge portée sur Ibrahim. En effet, la raison ordonne que le messager doit être fiable pour être crédible dans ce qu'il rapporte de Dieu, et on ne peut lui faire confiance s'il est permis qu'il mente. Comment pourrait-on alors accepter qu'il mente ? L'expression est donc utilisée parce qu'il s'agit en apparence de mensonge aux oreilles des gens, mais en réalité, aucun mensonge n'est imputable à Ibrahim, sauf dans un état de grande peur, du fait de la grandeur de sa position. En effet, le mensonge pur dans de telles circonstances peut être permis, voire obligatoire pour supporter un moindre mal et repousser un mal plus grand. Quant à qualifier ces actes de mensonges, il ne s'agit pas d'une réprobation, car le mensonge, bien que blâmable et inconsistant, peut être louable dans certains cas, et c'est le cas ici. (Fath al-Bārī, 6/392). (3) Rapporté par Ibn Ḥibbān dans son Sahīh, avec une chaîne de transmission remontant à Hishām ibn Ḥassān, puis Muhammad ibn Sirīn, puis Abū Hurayrah, du Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) (n° 5737). Ce hadith porte sur l'excellence de l'ihsān (bienfaisance) et se trouve dans le musnad de ʿAbd al-Razzāq (n° 20195) ; il est aussi rapporté par Aḥmad (6/152), Abū Dāwūd (2212) dans le chapitre du divorce, an-Nasāʾī dans les vertus des compagnons (296) et al-Bayhaqī (10/196) dans al-Sunan al-Kubrā.
وغيركِ، وإنَّ هذا سألني فأخبرتُه أنَّك أُختي فلا تُكذِّبيني، فأرسلَ إليها، فلما دَخَلَتْ عليه ذهبَ يتناولُها بيده، فأخذ. فقال: ادعي اللّهَ لي ولا أضرُّك، فدعت اللّهَ فأُطلقَ، ثمَّ تناولَها الثانيةَ فأُخذَ مثلها أو أشدَّ، فقال: ادعي اللّه لي ولا أضرُّكِ فدعتْ فأطلق، فدعا بعضَ حَجَبَتِه، فقال: إنكم لم تأتوني بإنسانٍ وإنما أتيتموني بشيطان، فأخدمَها هاجرَ، فأتته وهو قائمٌ يُصلِّي، فأومأ بيده: مَهْيم. فقالت: ردَّ اللّه كيدَ الكافر - أو الفاجر - في نَحْرِه، وأخدمَ هاجرَ. قال أبو هريرة: فتلكَ أمُّكم يا بني ما (١) السما (٢) . تفرَّد به من هذا الوجه موقوفًا. وقد رواه الحافظ أبو بكر البزَّار: عن عمرو بن علي الفَلّاس، عن عبد الوهاب الثقفي، عن هشام بن حسَّان، عن محمد بن سيرين، عن أبي هريرة، عن النبي ﷺ قال: "إنَّ إبراهيمَ لم يكذبْ قطُّ إلا ثلاثَ كذبات، كلُّ ذلك في ذات اللّه، قوله: ﴿إِنِّي سَقِيمٌ﴾ [الصافات: ٨٩] وقوله: ﴿بَلْ فَعَلَهُ كَبِيرُهُمْ هَذَا﴾ [الأنبياء: ٦٣] ، وبينما هو يسيرُ في أرضِ جبَّار من الجَبابرة، إذ نزلَ منزلًا، فأتي الجبَّارُ فقيل له: إنَّه قد نزلَ هاهنا رجلٌ معه امرأةٌ من أحسنِ النَّاس. فأرسلَ إليه، فسأله عنها، فقال: إنَّها أُختي. فلما رجعَ إليها، قال: إنَّ هذا سألني عنكِ، فقلتُ: إنَّك أختي، وإنه ليس اليومَ مسلمٌ غيري وغيرك، وإنك أختي فلا تُكذِّبيني عندَه، فانطلقَ بها، فلما ذهبَ يتناولها أُخذ، فقال: ادعي اللّه لي ولا أضرُّك فدعتْ له فأُرسل، فذهبَ يتناولُها فأُخذ مثلَها أو أشدَّ منها، فقال: ادعي اللّه لي ولا أضرُّك، فدعتْ فأُرسل، ثلاث مرات. فدعا أدنى حَشَمِه، فقال: إنك لم تأتني بإنسان ولكنْ أتيتني بشيطان، أخرجْها وأعطِها هاجرَ. فجاءتْ وإبراهيمُ قائمٌ يُصلِّي، فلمّا أحسنَ بها انصرفَ، فقال: مَهْيَم؟ فقالت: كفى اللّه كَيْدَ الظَّالمِ، وأخْدمني هاجرَ (٣) .
(١) في هامش ب: قال الجلال السيوطي في "مختصر النهاية" يا بني ماء السماء: يُريد العربَ، لأنهم كانوا يتبعون قطرَ الماء، فينزلون حيث كان. (٢) أخرجه البخاري (٣٣٥٨) في الأنبياء. وقوله: "لم يكذب إبراهيم إلا ثلاث كذبات" قال ابن عقيل: دلالة بالعقل تصرف ظاهر إطلاق الكذب على إبراهيم. وذلك أن العقل قطع بأن الرسول ينبغي أن يكون موثوقًا به ليعلم صدق ما جاء به عن اللّه، ولا ثقة مع تجويز الكذب عليه، فكيف مع وجود الكذب منه، وإنما أطلق عليه ذلك لكونه بصورة الكذب عند السامع، وعلى تقديره فلم يصدر ذلك من إبراهيم (عليه السلام) يعني إطلاق الكذب على ذلك - إلا في حال شدة الخوف لعلو مقامه، وإلا فالكذب المحض في مثل تلك المقامات يجوز، وقد يجب لتحمل أخف الضررين دفعًا لأعظمهما، وأما تسمية إياها كذبات، فلا يريد أنها تذم، فإن الكذب وإن قبيحًا مخلًا، لكنه قد يحسن في مواضع، وهذا منها. فتح الباري (٦/ ٣٩٢). (٣) أخرجه ابن حبان في صحيحه وإسناده عن هشام بن حسان، عن محمد بن سيرين عن أبي هريرة، عن رسول اللّه ﷺ (٥٧٣٧) الإحسان وهو في مصنف عبد الرزاق (٢٠١٩٥) ومن طريقه أخرجه أحمد (٦/ ١٥٢) وأبو داود (٢٢١٢) في الطلاق، والنسائي في فضائل الصحابة (٢٩٦)، والبيهقي (١٠/ ١٩٦) في السنن الكبرى.

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