Mohammad Ibn ‘Alî al-Maymûnî nous a rapporté, al-Firyâbî nous a rapporté, ‘Abbâd Ibn Kathîr, d’après al-A‘raj (1), d’après Abou Hurayra qui a dit : « Par Dieu, Celui en dehors de Qui il n’est point de divinité, si Abou Bakr n’avait pas été désigné calife, Dieu n’aurait pas été adoré. » Puis il le dit une seconde fois, puis une troisième fois. On lui demanda : « Doucement, ô Abou Hurayra ! » Il répondit : « En effet, le Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) avait envoyé Oussâma Ibn Zayd avec sept cents hommes en direction du Shâm. Lorsqu’ils s’installèrent à Dhî Khushub (2), le Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) rendit l’âme, et les tribus arabes autour de Médine apostasièrent. Les Compagnons du Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) se réunirent alors auprès d’Abou Bakr et dirent : “Ô Abou Bakr, rappelle ces hommes ! Vas-tu donc les envoyer vers les Romains alors que les tribus arabes autour de Médine ont renié la foi ?” Il répondit : “Par Celui en dehors de Qui il n’est point de divinité, même si les chiens entraînaient les épouses du Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) par les pieds, je ne rappellerais pas une armée que le Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) a envoyée, et je ne délierais pas une bannière que le Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) a nouée.” » Ainsi, il dépêcha Oussâma. Chaque fois qu’Oussâma traversait un groupe tentant de faire défection, ils se disaient : « Si ces gens n’étaient pas puissants, ils ne seraient jamais partis ainsi de chez eux ; laissons-les donc affronter les Romains. » Ils rencontrèrent effectivement les Romains, les vainquirent, en tuèrent un certain nombre, puis s’en retournèrent sains et saufs. Ainsi, ces tribus demeurèrent fermes dans l’Islam.
(‘Abbâd Ibn Kathîr dont il est question ici, je le pense être al-Barmakî, puisque al-Firyâbî rapporte de lui ; son hadith est acceptable. Quant à ‘Abbâd Ibn Kathîr al-Basrî ath-Thaqafî, il est abandonné en hadith. Dieu est plus savant.)
Seyf Ibn ‘Oumar (3) a aussi rapporté, d’après Abou Damrah, Abou ‘Amr et d’autres, d’après al-Hasan al-Basrî : lorsque Abou Bakr fut déterminé à équiper l’armée d’Oussâma, certains Ansâr dirent à ‘Oumar : « Dis-lui de nous désigner un autre chef que Oussâma. » ‘Oumar le transmit à Abou Bakr. On rapporte qu’alors Abou Bakr saisit la barbe de ‘Oumar en lui disant : « Que ta mère te perde, ô fils d’al-Khattâb ! Vais-je nommer un autre à la place de celui que le Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) a établi comme émir ? » Puis il se rendit lui-même à al-Jurf pour inspecter l’armée d’Oussâma et leur ordonna de marcher. Il marcha à pied, tandis qu’Oussâma était à cheval, et ‘Abd Ar-Rahmân Ibn ‘Awf guidait la monture du Siddîq (Abou Bakr). Oussâma lui dit : « Ô Calife du Messager d’Allah, soit tu montes, soit je descends. » Il répondit : « Par Dieu, tu ne descendras pas et je ne monterai pas. » Ensuite, le Siddîq obtint d’Oussâma qu’il lui laisse ‘Oumar Ibn al-Khattâb – qui était inscrit dans son armée. C’est pourquoi, plus tard, chaque fois que ‘Oumar rencontrait Oussâma, il lui disait : « Que la paix soit sur toi, ô émir ! »
Le meurtre d’al-Aswad al-‘Ansî, le faux prophète imposteur
Abou Ja‘far Ibn Jarîr (4) a dit : « ‘Omar Ibn Shabbah an-Numayrî (5) nous a rapporté ; ‘Alî Ibn Mohammad – c’est-à-dire al-Madâ’inî – nous a rapporté d’après Abou Ma‘shar, Yazîd Ibn ‘Iyâdh Ibn Ju‘dubah (6), Ghassân Ibn ‘Abd al-Hamîd et Jouwayriyah Ibn Asmâ’, citant leurs maîtres, qui ont dit… »