Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les vainqueurs dans les champs de bataille se sont finalement trouvés ébranlés par le temps, devenant poussière et laissant place aux démunis (1). Les femmes mauvaises pour les hommes mauvais et les hommes mauvais pour les femmes mauvaises. Où sont les rois qui ont remué la terre et l’ont habitée ? Ils se sont éloignés et leur souvenir s’est effacé, ils sont devenus néant. Certes, Dieu — exalté soit-Il — leur a laissé leurs conséquences à assumer et leur a coupé l’accès à leurs désirs. Ils se sont en allés et leurs œuvres demeurent leurs œuvres, tandis que cette vie est désormais celle d’autres qu’eux. Nous avons été suscités après eux : si nous tirons leçon de leur état, nous serons sauvés ; sinon, nous finirons comme eux. Où est l’éclat resplendissant de leurs visages, eux qui s’enorgueillissaient de leur jeunesse ? Ils ne sont plus que poussière, et ce qu’ils ont négligé s’est transformé en un profond regret pour eux. Où sont ceux qui ont bâti les cités, les ont fortifiées de murs et y ont produit des merveilles ? Ils les ont abandonnées à leurs successeurs. Voilà leurs demeures vides, tandis qu’ils sont dans les ténèbres des tombeaux. « Entends-tu l’écho de l’un d’entre eux ou perçois-tu le moindre bruit provenant d’eux ? » (Maryam, 98).

Où sont ceux que vous connaissiez parmi vos pères et vos frères ? Leur terme est arrivé à son terme et ils ont été ramenés à ce qu’ils avaient auparavant accompli ; ils y ont été installés et ont pris demeure pour la souffrance ou le bonheur après la mort. Sachez qu’il n’y a aucun associé à Dieu, et il n’existe aucun lien entre Lui et les créatures qui permettrait d’obtenir un bien ou d’écarter un mal, hormis l’obéissance envers Lui et le respect de Ses commandements. Sachez que vous êtes Ses serviteurs, débiteurs de vos actes, et que l’on ne parvient à ce qu’Il détient que par l’obéissance. N’est-il pas temps pour chacun de vous de se préserver du Feu et de se rapprocher du Paradis ?

Chapitre : L’envoi de l’armée d’Oussâma ibn Zayd

Ceux-là avaient reçu l’ordre du Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) de partir vers les confins d’al-Balqâ’, en Syrie, où Zayd ibn Hâritha, Ja‘far et Ibn Rawâha avaient été tués, afin d’y mener une expédition dans ces contrées. Ils se rendirent à al-Jurf et y établirent leur camp. Parmi eux se trouvait ‘Oumar ibn al-Khattâb, et l’on dit qu’Abou Bakr as-Siddîq s’y trouvait aussi ; le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) l’en avait toutefois exempté pour qu’il dirige la prière. Lorsque le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) tomba gravement malade, ils restèrent sur place. Puis, à sa mort, le coup fut immense, la situation devint critique, l’hypocrisie se manifesta à Médine, et des tribus de Bédouins vivant autour de la ville apostasièrent, tandis que d’autres refusèrent de verser la zakât à as-Siddîq. Il ne subsistait plus nulle part de prière du vendredi hormis à La Mecque et à Médine. Juwâthâ, au Bahreïn, fut le premier village à rétablir la prière du vendredi après le retour des gens vers la vérité, comme le rapporte al-Bukhârî (2) d’après Ibn ‘Abbâs, ainsi qu’il sera mentionné.

Pour ce qui est de Thaqîf à Tâ’if, ils demeurèrent fermes dans l’islam, sans fuir ni apostasier. L’essentiel est que, lorsque ces événements survinrent, beaucoup conseillèrent à as-Siddîq de ne pas envoyer l’armée d’Oussâma, car il en avait besoin pour des affaires plus urgentes, la préparation de cette expédition ayant eu lieu en temps de paix. ‘Oumar ibn al-Khattâb fut de ceux qui émirent cet avis. Pourtant, as-Siddîq s’y refusa catégoriquement et tint bon pour dépêcher l’armée d’Oussâma, déclarant : « Par Dieu ! Je ne délierai pas un nœud que le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) a lui-même noué, même si les oiseaux nous emportaient et si les bêtes sauvages cernaient Médine, et même si les chiens traînaient les pieds des Mères des croyants, j’enverrais tout de même l’armée d’Oussâma, tout en ordonnant à des gardes de rester autour de Médine. » En vérité, le fait d’expédier l’armée à ce moment-là, dans cet état de choses, fut d’un immense avantage.

(1) Dans at-Tabarī : al-Qālāt. (2) Le rapport d'Ibn ʿAbbās dans le Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, numéro (892) au sujet de la prière du vendredi, et numéro (4371) dans le livre des expéditions (al-Maghāzī), dont le texte est : "La première prière du vendredi qui a été accomplie."
والغلبةِ في مواطن الحروبِ، قد تضعضعَ بهم الدهرُ، وصاروا رميمًا، قد تولَّت عليهم العالاتُ (١) ، الخبيثاتُ للخبيثين، والخبيثونَ للخبيثاتِ، وأينَ الملوكُ الذين أثاروا الأرضَ وعمروها؟ قد بعدُوا ونُسِيَ ذكرُهم، وصاروا كلا شيءَ، ألا إنَّ اللهَ – Exalté soit-Il – قد أبقى عليهم التبعاتِ، وقطَعَ عنهمِ الشهواتِ، ومضوا والأعمالُ أعمالُهم، والدنيا دنيا غيرِهم، وبُعثنا خلَفًا بعدَهم، فإن نحن اعتبرنا بهم نجَوْنا، وإن انحدرنا كنا مثلهم، أين الوضاءةُ الحسنة وجوههم، المعجبونَ بشبابهم؟ صاروا ترابًا، وصار ما فرَّطوا فيه حسرةً عليهم، أين الذين بنوا المدائن وحضَّنوها بالحوائط، وجعلوا فيها الأعاجيبَ؟ قد تركوها لمن خلفَهم، فتلك مساكنُهم خاويةٌ وهم في ظلماتِ القبور، ﴿هَلْ تُحِسُّ مِنْهُمْ مِنْ أَحَدٍ أَوْ تَسْمَعُ لَهُمْ رِكْزًا﴾ [مريم: ٩٨] ؟ أين من تعرفون من آبائكم وإخوانكم، قد انتهت بهم آجالُهم، فرُدُّوا على ما قدموا، فحلُّوا عليه وأقاموا للشقوة أو السعادة بعد الموث، ألا إن الله لا شريكَ له، ليس بينه وبين أحد من خلقه سبب يعطيه به خيرًا، ولا يصرف به عنه سوءًا، إلَّا بطاعته واتباعِ أمره، واعلموا أنَّكَم عبيدٌ مدينون، وأنّ ما عنده لا يُدرك إلا بطاعته، أما آن لأحدكم أن تحسر عنه النار ولا تَبْعُدُ عنه الجنة؟. فصل في تنفيذ جيش أسامةَ بن زيدٍ الذين كانوا قد أمرَهم رسول الله ﷺ بالمسير إلى تُخُومِ البَلقاء من الشام، حيث قُتل زيدُ بن حارثة، وجعفر، وابن رُواحةَ: فيغتزوا على تلك الأراضي، فخرجوا إلى الجُرف فخيَّموا به، وكان بينهم عمرُ بن الخطاب، ويقال: وأبو بكر الصديق فاستثناه رسول الله منهم للصلاة، فلما ثَقُلَ رسولُ الله ﷺ أقاموا هنالك، فلما مات عَظُمَ الخطبُ واشتدَّ الحالُ ونجم النفاقُ بالمدينة، وارتدَّ من ارتدَّ من أحياءِ العرب حولَ المدينة، وامتنع آخرون من أداء الزكاة إلى الصدِّيق، ولم يبقَ للجمعة مُقامٌ في بلدِ سوى مكةَ والمدينة، وكانت جُواثى من البحرين أول قرية أقامت الجمعةَ بعد رجوع الناس إلى الحق، كما في صحيح البخاري (٢) ، عن ابن عباس كما سيأتي. وقد كانت ثقيفُ بالطائف ثَبَتوا على الإسلام، لم يفرُّوا ولا ارتدّوا، والمقصود أنه لما وقعت هذه الأمور أشار كثيرٌ من الناس على الصديق أن لا يُنفذ جش أسامة لاحتياجه إليه فيما هو أهم، لأنَّ ما جهز بسببه في حال السلامة، وكان من جملة من أشار بذلك عمر بن الخطاب، فامتنع الصدّيق من ذلك، وأبى أشدَّ الإباء، إلا أن يُنفذَ جيشَ أسامةَ، وقال: والله لا أحلُّ عقدةً عقدها رسولُ الله ﷺ ، ولو أنَّ الطير تَخْطفُنا، والسباع من حول المدينة، ولو أنَّ الكلابَ جرت بأرجلِ أمهات المؤمنين لأجَهّزن جيشَ أسامةَ وآمر الحرس يكونون حول المدينة، فكان خروجه في ذلك الوقت من أكبر المصالح والحالةُ تلك،
(١) في الطبري: القالات. (٢) خبر ابن عباس في صحيح البخاري رقم (٨٩٢) في الجمعة، ورقم (٤٣٧١) في المغازي ونصه: إن أول جمعة جمعت.

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