Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Alî ibn Abî Tâlib rapporta : « J’ai dit : “Ô cousin du Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) et gendre par sa fille, voulais-tu donc briser l’unité des musulmans ?” Il répondit : “Pas de reproche à toi, ô Calife du Messager de Dieu.” Puis il lui prêta allégeance. » Telle est la teneur (ou proche de) ces propos.

L’hâfid Abû ‘Alî an-Naysâbûrî a dit : « J’ai entendu Ibn Khuzayma déclarer : “Muslim ibn al-Hajjâj est venu me voir à propos de ce hadith. Je le lui ai transcrit sur un feuillet et le lui ai lu. Il a alors dit : ‘Ce hadith vaut une chamelle.’ Je lui répondis : ‘Il vaut une chamelle ? Non, il vaut (1) un badrah (2).’” »

L’imam Ahmad l’a rapporté, par l’intermédiaire d’un narrateur sûr, de Wuhayb, en version abrégée (3). Al-Hâkim l’a également mentionné dans son “Al-Mustadrak” (4) par la chaîne de transmission de ‘Affân ibn Muslim, celle de Wuhayb, en version longue similaire à celle qui précède. Nous en avons aussi la transmission, par la voie d’al-Mahâmilî, d’après al-Qâsim ibn Sa‘îd ibn al-Musayyib, d’après ‘Alî ibn ‘Âsim, d’après al-Jurayrî (5), d’après Abû Nadrah, d’après Abû Sa‘îd, qui rapporte un récit analogue à propos de l’allégeance de ‘Alî et az-Zubayr (qu’Allâh les agrée) ce jour-là.

Mûsâ ibn ‘Uqbah (6) rapporte dans ses “Maghâzî”, citant Sa‘d ibn Ibrâhîm : « Mon père m’a raconté que son père, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf, se trouvait en compagnie de ‘Umar et que Muhammed ibn Maslamah avait brisé l’épée d’az-Zubayr. Puis Abû Bakr prononça un discours et présenta ses excuses au peuple en disant : “Par Dieu, je n’ai jamais été avide de l’autorité ni un seul jour ni une seule nuit, et je ne l’ai jamais demandée à Dieu, ni en secret ni ouvertement.” Alors les Émigrés acceptèrent ses justifications. Quant à ‘Alî et az-Zubayr, ils déclarèrent : “Nous nous en sommes seulement offusqués parce qu’on nous avait écartés de la consultation. Cependant, nous considérons qu’Abû Bakr est le plus digne d’exercer cette fonction : il est le Compagnon de la Grotte et nous connaissons sa noblesse et sa valeur. D’ailleurs, le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) lui a ordonné de diriger la prière en sa présence (8).” »

Telle est la position convenant à ‘Alî (que Dieu l’agrée), confirmée par les récits où il est rapporté qu’il assistait Abû Bakr dans les prières, qu’il sortit à Dhu al-Qassah (9) après la mort du Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui), comme nous le mentionnerons, et qu’il lui prodiguait conseils et avis avertis.

(1) Yaswa : rare, c’est la langue des habitants du Ḥijāz. Voir al-Lisān (sous l’entrée « سوا »). (2) al-Bidra : un sac contenant mille ou dix mille (unités). Voir al-Lisān (sous l’entrée « بدر »). (3) Tel est le texte original, ce qui est sans aucun doute une erreur. Je ne sais pas si elle vient de l’auteur ou des copistes. Selon moi, la correction serait : « Et l’imam Aḥmad l’a rapporté d’ʿAffān d’après Wahīb en abrégé, et il l’a rapporté intégralement d’un homme digne de confiance d’après ʿAffān ». C’est ainsi que je l’ai trouvé dans l’écriture d’al-Dhahabī (Tārīkh al-Islām, Ayaṣūfīa 3005, feuillet 173). Ce passage figure dans al-Musnad (5/185-186), où Aḥmad ne l’a absolument pas rapporté d’un homme digne de confiance (Bashār). (4) al-Mustadrak ʿalā al-Ṣaḥīḥayn (3/76). (5) Dans l’édition al-Ḥarīrī : une altération, il s’agit de Saʿīd ibn ʿIyās, Abū Masʿūd al-Jurayrī al-Baṣrī. Sa biographie se trouve dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (6/153). (6) Mūsā ibn ʿUqba, auteur des Magāzī, sa biographie est dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (6/114). L’imam al-Dhahabī dit : il était un connaisseur des expéditions prophétiques qu’il a compilées en un volume. (7) Omission dans alif, ṭāʾ ; rectifié d’après al-Mustadrak. (8) Le rapport est plus long dans al-Mustadrak (3/66). Al-Ḥākim dit : ce hadith est authentique selon les conditions des deux Ṣaḥīḥ, mais ils ne l’ont pas rapporté. (9) Dhū al-Qaṣṣa : lieu situé à vingt-quatre milles de Médine, c’est la route de Rabḍah. Voir Muʿjam al-Buldān (4/366) et Muʿjam mā Istaʿjam (1076).
بعلي بن أبي طالب، قال: قلت: ابنَ عمِّ رسولِ الله ﷺ وخَتَنهُ على ابنتهِ، أردتَ أن تَشُقَّ عصا المسلمين؟ قال: لا تثريب يا خليفةَ رسول الله فبايَعَه. هذا أو معناه. قال الحافظ أبو علي النَّيْسابوري: سمعتُ ابنَ خُزيمة يقول: جاءني مسلمُ بنُ الحجاج فسألني عن هذا الحديثِ فكتبتُه له في رُقْعة وقرأت عليه، فقال: هذا حديث يساوي بَدنةً، فقلتُ: يَسْوى بدَنةً، بل هذا يَسْوى (١) بَدْرَة (٢) . وقد رواه الإمامُ أحمد عن الثقةِ عن وُهَيْب مختصرًا (٣) . وأخرجه الحاكمُ في "مستدركِه" (٤) من طريقِ عفانَ بن مسلم، عن وهيب مطوَّلًا كنحو ما تقدَّم. وروينا من طريق المَحَاملي، عن القاسمِ بن سعيد بن المُسيّب، عن علي بن عاصم، عن الجُرَيْري (٥) ، عن أبي نَضْرَة، عن أبي سعيدٍ فَذَكره مثلَه في مبايعةِ علي والزبير (رضي الله عنه) يومئذٍ. وقال موسى بن عقبة (٦) في "مغازيه" عن سعد بن إبراهيم: حدَّثني أبي أن أباه عبد الرحمن بنَ عوفٍ كانَ معَ عمرَ وأنَّ محمَّد بنَ مَسْلمة كسر سيفَ الزُّبير، ثم خطب أبو بكر واعتذر إلى النَّاس وقال: واللهِ ما كنتُ حريصًا على الإمارةِ يومًا ولا ليلةً، ولا سألتُها اللهَ في سِرٍّ ولا علانيةٍ، فقَبِلَ المهاجرونَ مقالتَه، وقال عليٌّ والزبيرُ: ما [غصَبنا] (٧) إلا لأنَّنا أُخِّرْنا عن المشورة، وإنا نرى أبا بكرٍ أحقَّ النّاسِ بها، إنَّه لصاحبُ الغارِ، وإنَّا لنعرفُ شرفَه وخَيْره. ولقد أمَرَه رسولُ الله ﷺ بالصلاةِ بالنّاسِ وهو حيٌّ (٨) . وهذا اللائقُ بعليٍّ (رضي الله عنه) ، والذي يدلُّ عليه الآثارُ من شهودِه معه الصلواتِ، وخُرُوجِه معه إلى ذي القَصَّة (٩) بعد موت رسول الله ﷺ كما سنورده، وبذلِه له النصيحةَ والمشورة، بين يديه.
(١) يَسْوى: نادرة، وهي لغة أهل الحجاز. اللسان (سوا). (٢) البدرة: كيس فيه ألف أو عشرة آلاف. اللسان (بدر). (٣) هكذا وقع هذا النص، وهو غلط لا شك فيه، لا أدري إن كان من المصنف أو من النساخ، وصوابه فيما أرى أن يكون: "وقد رواه الإمام أحمد عن عفان عن وهيب مختصرًا، ورواه بتمامه ثقة عن عفان"، هكذا وجدته بخط الإمام الذهبي (تاريخ الإسلام، أياصوفيا ٣٠٠٥ ورقة ١٧٣)، وهو الذي في المسند (٥/ ١٨٥ - ١٨٦)، إذ لم يروه أحمد عن الثقة البتة (بشار). (٤) المستدرك على الصحيحين (٣/ ٧٦). (٥) في ط: الحريري؛ تحريف، وهو سعيد بن إياس، أبو مسعود الجُريري البصري. ترجمته في سير أعلام النبلاء (٦/ ١٥٣). (٦) موسى بن عقبة، صاحب المغازي، ترجمته في سير أعلام النبلاء (٦/ ١١٤) قال الإمام الذهبي: كان بصيرًا بالمغازي النبوية ألّفها في مجلد. (٧) ساقطة من أ، ط واستدركت من المستدرك. (٨) الخبر بأطول مما هنا في المستدرك (٣/ ٦٦) وقال الحاكم: هذا حديث صحيح على شرط الشيخين ولم يخرجاه. (٩) ذو القصة: موضع بينه وبين المدينة أربعة وعشرون ميلا، وهو طريق الربذة. معجم البلدان (٤/ ٣٦٦) معجم ما استعجم (١٠٧٦).

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