Et certes, Dieu a unifié votre affaire autour de votre meilleur, le Compagnon du Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa prière et de Sa paix), celui qui fut le second des deux dans la caverne. Levez-vous donc et prêtez-lui serment d’allégeance. Les gens prêtèrent serment à Abou Bakr après le serment d’allégeance à la Saqîfa.
Ensuite, Abou Bakr prit la parole, loua Dieu, Le remercia selon ce qu’Il mérite, puis dit :
« Ô gens ! On m’a désigné pour être votre dirigeant, bien que je ne sois pas le meilleur d’entre vous. Si j’agis correctement, aidez-moi ; si je dévie, redressez-moi. La véracité est un gage de confiance et le mensonge une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux tant que je ne lui ai pas restitué son droit, si Dieu le veut, et le fort parmi vous est faible tant que je n’ai pas prélevé de lui le droit d’autrui, si Dieu le veut. Jamais un peuple n’abandonne le combat dans la voie de Dieu sans que Dieu ne l’humilie par l’avilissement. Jamais l’immoralité ne se répand dans un peuple sans que Dieu ne l’accable d’un fléau général. Obéissez-moi tant que j’obéis à Dieu et à Son Messager. Si je désobéis à Dieu et à Son Messager, je n’ai plus aucun droit à votre obéissance. Levez-vous pour votre prière, que Dieu vous fasse miséricorde. »
Et cette chaîne de transmission est authentique. Les Compagnons (que Dieu soit satisfait d’eux) furent unanimes à prêter allégeance à as-Siddîq à ce moment-là, y compris ‘Alî ibn Abî Tâlib et az-Zoubaïr ibn al-‘Awwâm (qu’Allah soit satisfait d’eux). La preuve en est ce qu’a rapporté al-Bayhaqî (1) :
Il dit : « Nous a informés Abou l-Hasan (2) ‘Alî ibn Muhammad ibn ‘Alî al-Hâfidh al-Isfarâ’înî ; nous a rapporté Abou ‘Alî al-Husayn ibn ‘Alî al-Hâfidh ; nous a rapporté Abou Bakr ibn Khuzayma (3) et Ibrâhîm ibn Abî Tâlib en disant : nous a rapporté Bundâr ibn Bishshâr (4) ; nous a rapporté Abou Hishâm al-Makhzûmî ; nous a rapporté Wuhayb ; nous a rapporté Dâwûd ibn Abî Hind ; nous a rapporté Abou Nadra (5) d’après Abou Sa‘îd al-Khudrî qui a dit :
« Le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa prière et de Sa paix) rendit l’âme et les gens se rassemblèrent dans la demeure de Sa‘d ibn ‘Ubâda en présence d’Abou Bakr et de ‘Umar. » Il dit : « Un orateur parmi les Anṣâr se leva et déclara : “Savez-vous que nous sommes les auxiliaires du Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa prière et de Sa paix) ? Ainsi, nous serons aussi les auxiliaires de son successeur, tout comme nous fumes les siens.” »
Il poursuit : « Alors ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb se leva et dit : “Celui qui a parlé parmi vous a dit vrai ; et si vous aviez affirmé autre chose, nous n’aurions pas prêté serment.” Puis il prit la main d’Abou Bakr en disant : “Voici votre compagnon, prêtez-lui serment.” ‘Umar lui prêta allégeance, de même que les Muhâjirûn et les Anṣâr. » Et il dit : « Abou Bakr gravit alors la chaire, scruta le visage des gens et ne vit pas az-Zoubaïr. Il le fit appeler ; il vint et Abou Bakr lui dit : “Ô fils de la tante du Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa prière et de Sa paix), aurais-tu voulu briser l’unité des musulmans ?” Il répondit : “Pas de reproche à toi, ô Successeur du Messager de Dieu.” Puis il se leva et lui prêta allégeance. Ensuite, Abou Bakr regarda les gens et ne vit pas ‘Alî. Il le fit appeler…” »