Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il le rapporta ainsi, puis garda le silence à son sujet, et cela est très étrange. Le cheikh Jamâl al-Dîn Abû Zakariyyâ, Yaḥyâ b. Yûsuf b. Manṣûr b. ʿUmar al-Anṣârî al-Ṣarṣarî (1), poète éminent, connaisseur des hadiths et de la langue, dont l’amour pour le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) était sincère – si bien qu’on le comparait, à son époque, à Ḥassân b. Thâbit (qu’Allah l’agrée) –, a composé un recueil de poèmes à la louange du Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Il était privé de la vue, mais clairvoyant de cœur. Il mourut à Bagdad en l’an 656 de l’Hégire, tué par les Tatars lors de l’événement de Bagdad, comme nous le verrons en temps voulu dans ce livre, si Allah le veut, en Lui est notre confiance et sur Lui nous comptons. Il dit dans l’une de ses odes, extraite de son recueil (« dîwân »), où la rime se termine par la lettre ḥâ’ (ح) :

« Muhammad, envoyé en miséricorde à l’humanité,
Rebâtit ce que l’égarement a fragilisé et rétablit l’ordre.
Si certes les montagnes inanimées répondirent en glorifiant (Dieu)
À l’appel de Dâwud, et si le fer se ramollit sous sa main,
Alors les rochers inertes devinrent malléables à sa paume,
Et les cailloux, dans sa main, ne cessaient de célébrer (Dieu).
Si Mûsâ fit jaillir l’eau du bâton,
De sa main à lui, l’eau s’écoula en abondance.
Si la brise légère obéissait à Sulaymân sans relâche,
Allant et venant,
La brise d’est (al-ṣabâ) servit à secourir notre Prophète
En semant la terreur chez l’ennemi sur un mois de marche (2).
Et s’il (Sulaymân) reçut un grand royaume, soumettant les djinns
Qui guérissaient ses malades et soignaient leurs maux (3),
Alors, à lui (Muhammad) parvinrent les clés de tous les trésors,
Mais le renonçant au profit d’autrui refusa cet honneur.
Si Ibrâhîm obtint l’amitié (divine),
Et si Mûsâ fut gratifié de la parole au Mont Tûr,
Lui est l’Aimé, et même l’Intime, à qui la parole fut adressée ;
Il fut spécifiquement honoré par la Vision, et je l’explique avec certitude.
Il fut distingué par l’immense Bassin (al-Ḥawḍ) et par l’Étendard (al-Liwâ’),
Et intercédera pour les pécheurs quand le Feu les guettera.
Au Siège Suprême (al-Maqʿad al-Aʿlâ), proche de Lui, il reçut un don
Dont la bonne nouvelle me réjouit et me réconforte davantage.
Au rang le plus élevé et authentique, bien au-dessus
Des degrés que l’on puisse imaginer pour les autres privilégiés.
Et dans le Jardin du Paradis (Jannat al-Firdaws), c’est lui le tout premier à y entrer,
Tandis que toutes ses portes s’ouvrent pour lui de l’extérieur (4) (5). »

(1) Voir sa biographie dans Fawāt al-Wafayāt (4/298-319),uzdīl Ṭabaqāt al-Ḥanābilah (2/262) et Shadharat adh-Dhahab (7/493). Quant à "aṣ-Ṣarṣarī", cela fait référence à Ṣarṣar, un village parmi les villages de Bagdad. (2) "Yuklaḥ": signifie devenir de plus en plus renfrogné et sombre, en raison de sa défaite. (3) "Taldah": al-Ladhḥ signifie frapper avec la main. (4) "Al-Asīlah": désigne ce qui est doux et délicat. (5) "Al-Khār": signifie la prédominance bonne.
هكذا أوردَه وسكت عليه، وهو غريب جدًّا. وقال الشيخ جمال الدين أبو زكريا، يحيى بن يوسف بن منصور بن عمر الأنصاري الصَّرصَري (١) ، المادح الماهر، الحافظ للأحاديث واللغة، ذو المحبَّة الصادقة لرسول الله ﷺ فلذلك يُشبَّه في عصره بحسَّان بن ثابت (رضي الله عنه) ، في ديوانه المكتوب عنه في مديح رسول الله ﷺ ، وقد كان ضريرَ البصر، بصيرَ البصيرة، وكانت وفاتُه ببغداد في سنة ست وخمسين وستمئة، قتله التتار في كائنة بغداد، كما سيأتي ذلك في موضعه، في كتابنا هذا إن شاء الله تعالى، وبه الثقة، وعليه التكلان، قال في قصيدته، من حرف الحاء المهملة، من ديوانه: مُحمَّدٌ المبعُوثُ لِلنَّاسِ رَحمَةً … يُشيِّدُ مَا أَوهَى الضلالُ ويصلحُ لَئِنْ سَبَّحَتْ صُمُّ الجِبالِ مجيبَةً … لِداودَ أَو لَانَ الحديدُ المصَفَّحُ فَإنَّ الصُّخُور الصُّمَّ لَانَت بِكَفِّه … وَإنَّ الحَصى في كَفِّهِ ليُسَبِّحُ وَإِن كانَ مُوسَى أَنبَعَ الماءَ بالعَصَا … فَمِن كَفِّهِ قد أصبَحَ الماءُ يَطفَحُ وَإن كانَت الريحُ الرُّخاءُ مُطيعةً … سُليمان لا تَألو تَروحُ وتسرَحُ فإنَّ الصَّبا كَانَت لِنصرِ نَبِيِّنا … بِرعبٍ عَلى شَهرٍ به الخصمُ يُكلَحُ (٢) وَإن أُوتيَ الملكَ العظيمَ وسُخِّرت … لَهُ الجِنُّ تشفى مارِضيهِ وتَلدَحُ (٣) فَإنَّ مَفاتيح الكُنُوزِ بِأَسرِهَا … أَتَتْهُ فَرَدَّ الزَّاهِدُ المترَجّحُ وَإن كان إبراهيمُ أُعطي خِلَّةً … ومُوسى بتكليم على الطُّور يُمنحُ فَهذَا حَبيبٌ بَل خَليلٌ مُكَلَّم … وخُصِّصَ بالرؤيا وبالحقِّ أشرَحُ وَخُصِّصَ بالحوضِ العظيمِ وباللوا … ويَشفَعُ لِلعَاصِينَ والنَّار تَلفحُ وبالمقعَدِ الأعلى المُقَرَّبِ عِندَهُ … عَطاءٌ بِبُشراهُ أَقَرُّ وأَفرَحُ وبالرتبةِ العُليا الأسِيلةِ دونها … مَراتبُ أربابِ المواهِبِ تُلمَحُ (٤) وَفي جَنَّةِ الفِردَوس أوَّلُ دَاخِلٍ … لَه سائِرُ الأبواب بالخار تُفتَحُ (٥)
(١) انظر ترجمته في فوات الوفيات (٤/ ٢٩٨ - ٣١٩) وذيل طبقات الحنابلة (٢/ ٢٦٢) وشذرات الذهب (٧/ ٤٩٣). والصَّرصَري: نسبة إلى صرصر، وهي قرية من قرى بغداد. (٢) "يُكْلحُ": يزداد عبوسًا وتجهمًا، بسبب هزيمته. (٣) "تَلْدَحُ": اللَّدْح: الضرب باليد. (٤) "الأسيلة": الناعمة الرقيقة. (٥) "الخار": الغلبة الخَيِّرة.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies