«Cette nuit, on a tué votre seigneur.» Ils consignèrent cette nuit par écrit. Il s’avéra alors que Dieu avait donné au fils de Kisrâ le pouvoir de le tuer ; Kisrâ périt, et ces hommes embrassèrent alors l’islam, de même que le représentant du Yémen. Ce fut la cause qui permit au Messager de Dieu (ﷺ) de prendre possession du Yémen (1).
Quant aux informations données par le Prophète (ﷺ) à propos des mystères à venir, elles sont très nombreuses, comme cela a déjà été longuement exposé. Elles apparaîtront aussi dans les récits historiques, pour que ces événements se déroulent exactement comme ils avaient été annoncés.
Ibn Hâmid évoqua, en parallèle au combat de Jésus (sur lui la paix), le combat du Messager de Dieu (ﷺ), et, en parallèle à l’ascétisme de Jésus (sur lui la paix), l’ascétisme du Messager de Dieu (ﷺ) face aux trésors de la terre qui lui furent présentés et qu’il refusa, disant : «Je jeûne un jour et je mange à satiété l’autre» (2). Il eut treize épouses et, pendant un mois ou deux, il arrivait qu’aucun feu ni aucune lampe ne fût allumé chez elles ; ils ne se nourrissaient alors que des deux “noirs” : les dattes et l’eau. Il attachait parfois une pierre à son ventre à cause de la faim. Jamais ils ne se rassasiaient de pain d’orge trois nuits de suite. Son matelas était fait de cuir rembourré de fibres, et il lui arrivait de traire lui-même la brebis, de raccommoder son vêtement et de réparer ses sandales de sa noble main (ﷺ). Il mourut alors que son bouclier était encore mis en gage chez un Juif pour de la nourriture qu’il avait achetée pour sa famille. Et pourtant, combien de milliers de pièces, de chameaux, de moutons, de butin et de présents n’a-t-il pas offerts à la place, à ses pauvres, aux indigents, aux veuves, aux orphelins, aux prisonniers et aux miséreux !
Abû Nu‘aym raconta que, de la même manière que les anges annoncèrent à Marie la vérité (as-Siddîqa) la mise au monde de Jésus, ils annoncèrent à Âmina, la mère du Messager de Dieu (ﷺ), lorsqu’elle le portait, ce qui lui fut dit dans son songe : «Tu as conçu le maître de cette communauté. Nomme-le Muhammad.» Nous avons exposé cela en détail dans ce qui concerne la naissance, comme indiqué plus haut. Ici, le hâfidh Abû Nu‘aym rapporta un hadith extraordinaire et détaillé à propos de la naissance. Nous souhaitons le citer en intégralité, afin qu’il fasse office de conclusion, à l’image de l’introduction. C’est Dieu que nous implorons pour obtenir aide et soutien, et à Lui reviennent les louanges.
Il dit : «Sulaimân ibn Ahmad nous a raconté, Hafs ibn ‘Umar ibn as-Sabâh nous a raconté, Yahyâ ibn ‘Abd Allâh al-Bâbilî nous a informés, Abû Bakr ibn Abî Maryam, d’après Sa‘îd ibn ‘Amr al-Ansârî, d’après son père, lequel a dit : Ibn ‘Abbâs raconta : “Parmi les signes de la grossesse de Muhammad (ﷺ), il y eut le fait que, cette nuit-là, chaque monture des Quraysh parla et déclara : ‘On a conçu le Messager de Dieu (ﷺ) par le Seigneur de la Ka‘ba ! Il est la sûreté du monde et la lumière de ses habitants.’ Ce jour-là, plus aucune voyante de Quraysh ou d’une autre tribu arabe ne put communiquer avec son génie ; toute science prophétique leur fut retirée. Plus un seul trône des rois de ce monde ne resta debout : chacun fut renversé, et le roi, réduit au silence, ne put parler de toute la journée. Les bêtes sauvages de l’Orient fuirent vers celles de l’Occident, se portant mutuellement la bonne nouvelle, et les peuples des mers se félicitèrent aussi les uns les autres.”
Il ajouta : “Durant chacun des mois de sa grossesse, retentissait sur terre et dans les cieux cette proclamation : ‘Réjouissez-vous ! Le moment est venu pour Abû al-Qâsim de descendre sur terre, plein de bénédiction et de félicité.’ Il demeura dans le ventre de sa mère neuf mois complets, sans qu’elle ne ressentît aucune douleur, ni vent, ni coliques, ni rien de ce qui afflige habituellement les femmes enceintes. Son père, ‘Abd Allâh, disparut alors qu’il…”»