Les saints (al-awliyâ’). Joseph le Véridique (Yûsuf al-Ṣiddîq) – que la paix soit sur lui – dit à ces deux jeunes hommes qui étaient emprisonnés avec lui : « Aucune nourriture que vous recevez ne vous parviendra sans que je ne vous annonce son interprétation avant qu’elle ne vous arrive. Cela fait partie de ce que mon Seigneur m’a enseigné » (Sourate Yûsuf, v. 37).
Le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) informa aussi des événements passés exactement comme ils se sont produits, et de ceux qui se déroulaient alors, avec la même précision. Il raconta, entre autres, comment les termites avaient dévoré ce document inique que les clans de Quraysh avaient autrefois rédigé afin de boycotter les Banû Hâshim et les Banû al-Muṭṭalib jusqu’à ce qu’ils leur livrent le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Ils avaient rédigé cette charte et l’avaient suspendue au plafond de la Ka‘ba, puis Allah envoya la termite qui la rongea, à l’exception des passages où figurait le Nom d’Allah (1).
Dans une autre version, il est dit que la termite consuma le Nom divin, par révérence pour Sa transcendance, afin qu’il ne soit pas associé à ce qui s’y trouvait d’injustice et d’agression. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) en informa alors son oncle Abû Tâlib, alors qu’ils étaient dans le col (du mont). Abû Tâlib alla rapporter ces propos à Quraysh, et ces derniers dirent : « Si c’est exact, sinon livrez-le-nous. » Ils acceptèrent, détachèrent donc la charte et la retrouvèrent conforme mot pour mot à ce qu’en avait dit le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Dès lors, les clans de Quraysh renoncèrent à la ligue qu’ils avaient formée contre les Banû Hâshim et les Banû al-Muṭṭalib, et Allah guida alors un grand nombre de personnes (2). Il existe nombre d’exemples semblables, comme cela a déjà été présenté et développé dans divers endroits de la Sîra (3) et d’autres ouvrages. À Allah reviennent la louange et la grâce.
Le jour de Badr, lorsque le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) réclama une rançon à son oncle al-‘Abbâs, celui-ci prétendit ne pas posséder d’argent. Le Prophète lui dit : « Où est donc l’argent que toi et Umm al-Faḍl avez enfoui sous le linteau de la porte, en lui disant : “Si je suis tué, cet argent sera pour les enfants” ? » Al-‘Abbâs répondit : « Par Allah, ô Messager d’Allah, c’est une chose dont personne n’avait connaissance en dehors de moi et de Umm al-Faḍl, hormis Allah – Exalté soit-Il – (4). »
Il (que la prière et la paix soient sur lui) annonça la mort du Négus (an-Najâshî) le jour même où il rendit l’âme en Abyssinie, puis il accomplit la prière funéraire pour lui (5). Il informa également du martyre des commandants lors de la bataille de Mu’ta, l’un après l’autre, alors qu’il se tenait sur la chaire, des larmes coulant de ses yeux (6). Il rapporta encore l’affaire de la lettre qu’Hâṭib ibn Abî Balta‘a envoya par l’intermédiaire de Sâra, l’affranchie des Banû ‘Abd al-Muṭṭalib. Il dépêcha ‘Alî, az-Zubayr et al-Miqdâd à sa poursuite ; ils la trouvèrent après qu’elle eut caché ce message dans sa natte de cheveux (ou, selon un autre récit, dans un repli de son pagne). Cet épisode a déjà été évoqué lors du récit de la conquête (al-Fatḥ) (7).
Par ailleurs, il dit aux deux émissaires de Chosroès (Kisrâ) qu’avait envoyés le gouverneur du Yémen pour enquêter sur la mission du Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) : « En vérité, mon Seigneur… »