Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Bayhaqī rapporta que son oncle, Abū Ṭālib, tomba malade. Le Prophète (que Dieu le protège et le salue) lui demanda alors de prier son Seigneur pour lui. Il pria donc pour lui, et il fut guéri de cette maladie (1). Il existe d’ailleurs de nombreux récits de ce genre et suivant la même voie, concernant la guérison de douleurs et la dissipation de maladies, dont l’énumération détaillée serait trop longue.

Parmi les prodiges (karamāt) des saints, on relève aussi la guérison d’un aveugle après qu’on l’eut frappé d’aveuglement par invocation, comme le relate l’historien Ibn ‘Asākir, d’après la chaîne de transmission comprenant Sa‘īd Abū Sa‘īd ibn al-A‘rābī, se référant à Abū Dāwūd : “C’est ‘Umar ibn ‘Uthmān qui nous a rapporté, lui-même le tenant de Baqiyya, qui le tenait de Muḥammad ibn Ziyād, qui le tenait d’Abū Muslim : une femme avait corrompu la femme d’Abū Muslim, alors il invoqua contre elle et elle perdit la vue. Elle vint alors lui dire : ‘Ô Abū Muslim, j’ai bien agi comme tu le dis, et je ne recommencerai pas !’ Il pria donc en disant : ‘Ô Dieu, si elle est sincère, rends-lui la vue.’ Elle recouvra alors la vue (2).”

On rapporte une autre version (par la voie d’Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā) : ‘Abd al-Raḥmān ibn Wāqid nous raconta, relayé par Ḍumra, qui le tenait de ‘Āṣim, lui-même le tenant de ‘Uthmān ibn ‘Aṭā’, lequel raconta : “Chaque fois qu’Abū Muslim al-Khawlānī entrait chez lui, il proclamait ‘Allāhu Akbar !’. Lorsqu’il atteignait le milieu de la cour, il répétait ‘Allāhu Akbar !’ et son épouse répondait de même. Quand il arrivait à la maison, il répétait encore ‘Allāhu Akbar !’ et elle lui répondait à nouveau. Il entrait alors, ôtait son manteau et ses sandales, et elle lui apportait de quoi manger. Une nuit, il arriva, proclama ‘Allāhu Akbar !’, mais elle ne lui répondit pas. Il s’approcha de la porte, salua et dit ‘Allāhu Akbar !’ mais elle ne répondit toujours pas. La maison était sans lanterne et il la trouva assise, un bâton à la main, qu’elle enfonçait dans le sol. Il lui demanda : ‘Que t’arrive-t-il ?’ Elle répondit : ‘Les gens vivent aisément, tandis que toi, Abū Muslim, si seulement tu allais voir Muʿāwiyah, il nous accorderait une servante et te donnerait de quoi subvenir à nos besoins.’ Abū Muslim dit alors : ‘Ô Dieu, quiconque a semé la discorde dans mon foyer, aveugle son regard !’ Or, une femme était venue voir l’épouse d’Abū Muslim pour la pousser à demander à son mari d’intercéder auprès de Muʿāwiyah en ce sens. Soudain, chez elle, alors que la lampe brillait, elle constata qu’elle avait perdu la vue. Elle demanda : ‘Votre lampe s’est éteinte ?’ Ils lui répondirent : ‘Non !’ Elle s’écria : ‘C’est moi ! Je suis devenue aveugle !’ Elle se rendit aussitôt et comme elle était auprès d’Abū Muslim, supplia et implora sa clémence. Il invoqua Dieu et recouvra pour elle la vue. Quant à son épouse, elle reprit alors son état initial (3).”

Pour ce qui concerne l’histoire de la Table (al-Māʾida) à propos de laquelle Dieu – Exalté soit-Il – dit : « (Et lorsque les Apôtres dirent : “Ô Jésus fils de Marie ! Ton Seigneur peut-Il faire descendre sur nous une Table servie du ciel ?” Il répondit : “Craignez Dieu, si vous êtes croyants.” (112) Ils dirent : “Nous voulons en manger, apaiser nos cœurs, savoir que tu nous as dits vrais et en être témoins.” (113) Jésus fils de Marie dit : “Ô Dieu, notre Seigneur, fais descendre sur nous une Table du ciel qui soit pour nous un festin, pour le premier comme pour le dernier d’entre nous, et un signe de Ta part. Nourris-nous, car Tu es le meilleur des nourrisseurs.” (114) Dieu dit : “Oui, Je la fais descendre sur vous. Mais quiconque parmi vous reniera par la suite, Je le châtierai d’un châtiment dont Je ne châtierai personne d’autre de toute l’humanité.” (115) » (Al-Māʾida, v. 112-115) — nous en avons donné l’exposé et évoqué les divergences des exégètes à ce sujet dans le Tafsīr (4), pour savoir si

(1) Rapporté par al-Bayhaqî dans al-Dalâʾil (6/184), et dans sa chaîne de transmission figure Haytham al-Bakkâʾ, considéré comme faible. (2) Mentionné par le hafiz Ibn ʿAsâkir dans son Taʾrîkh Dimashq, ainsi que dans le Mukhtaṣar d'Ibn Manẓūr (12/60). (3) Voir le Tafsîr d'Ibn Kathîr (2/150-154) édition Dâr Ibn Kathîr. (4) Voir le Tafsîr d'Ibn Kathîr (2/150-154) édition Dâr Ibn Kathîr.
وروى البيهقي أنَّ عمَّه أبا طالب مرض، فسأل منه ﷺ أن يدعوَ له ربَّه، فدعا له، فشُفي من مرضه ذلك (١) . وكم له من مثلها وعلى مسلكها، من إبراء آلام، وإزالة أسقام، مما يطول شرحه وبسطه. وقد وقع في كرامات الأولياء إبراء الأعمى بعد الدعاء عليه بالعمَى أيضًا، كما رواه الحافظ ابن عساكر من طريق سعيد أبي سعيد بن الأعرابي، عن أبي داود: حدَّثنا عمر بن عثمان، حدَّثنا بقية، عن محمد بن زياد، عن أبي مسلم: أن امرأة خبثت عليه امرأتَه، فدعا عليها فذهبَ بصرُها، فأتتهُ فقالت: يا أبا مسلم! إني كنتُ فعلت وفعلتُ، وإني لا أعودُ لمثلها، فقال: اللَّهُمَّ إن كانت صادقةً فاردُدْ عليها بصرَها، فأبصرت (٢) . ورواه أيضًا من طريق أبي بكر بن أبي الدنيا: حدَّثنا عبد الرحمن بن واقد، حدَّثنا ضمرة، حدَّثنا عاصم، حدَّثنا عثمان بن عطاء، قال: كان أبو مسلم الخولاني إذا دخل منزله كبَّر، فماذا بلغَ وسطَ الدار كبَّر وكبَّرت امرأته، فإذا بلغ البيتَ كبَّر وكبَّرت امرأته، فيدخل فينزع رداءَه وحذاءَه، وتأتيه بطعام فيأكل، فجاءَ ذاتَ ليلة فكبَّر فلم تُجبه، ثم جاء إلى باب البيت فكبَّر وسلَّم فلم تُجبه، وإذا البيتُ ليس فيه سراج، وإذا هي جالسة بيدها عود تنكتُ في الأرض به، فقال لها: ما لكِ؟ فقالت: الناس بخير، وأنت أبو مسلم، لو أتيتَ معاوية فيأمر لنا بخادم ويُعطيك شيئًا نعيشُ به، فقال: اللهم من أفسدَ عليَّ أهلي فأعمِ بصرَه. قال: وكانت أتتها امرأةٌ فقالت لامرأة أبي مسلم: لو كلَّمتِ زوجكِ ليُكلِّم معاوية فيُخدمكم ويُعطيكم؟ قال: فبينما هذه المرأة في منزلها والسراج يُزهر، إذ أنكرتْ بصرَها، فقالت: سراجُكم طفئ؟ قالوا: لا، قالت: أنا! ذهبَ بصري، فأقبلت كما هي إلى أبي مُسلم، فلم تزلْ تُناشده وتتلطَّف إليه، فدعا الله فردَّ بصرَها. ورجعت امرأته إلى حالها التي كانت عليها (٣) . وأما قصة المائدة التي قال الله تعالى: ﴿إِذْ قَالَ الْحَوَارِيُّونَ يَاعِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ هَلْ يَسْتَطِيعُ رَبُّكَ أَنْ يُنَزِّلَ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ قَالَ اتَّقُوا اللَّهَ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ (١١٢) قَالُوا نُرِيدُ أَنْ نَأْكُلَ مِنْهَا وَتَطْمَئِنَّ قُلُوبُنَا وَنَعْلَمَ أَنْ قَدْ صَدَقْتَنَا وَنَكُونَ عَلَيْهَا مِنَ الشَّاهِدِينَ (١١٣) قَالَ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ اللَّهُمَّ رَبَّنَا أَنْزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ تَكُونُ لَنَا عِيدًا لِأَوَّلِنَا وَآخِرِنَا وَآيَةً مِنْكَ وَارْزُقْنَا وَأَنْتَ خَيْرُ الرَّازِقِينَ (١١٤) قَالَ اللَّهُ إِنِّي مُنَزِّلُهَا عَلَيْكُمْ فَمَنْ يَكْفُرْ بَعْدُ مِنْكُمْ فَإِنِّي أُعَذِّبُهُ عَذَابًا لَا أُعَذِّبُهُ أَحَدًا مِنَ الْعَالَمِينَ﴾ [المائدة: ١١٢ - ١١٥] وقد ذكرنا في التفسير (٤) بسط ذلك واختلاف المفسرين فيها، هل
(١) رواه البيهقي في الدلائل (٦/ ١٨٤) وفي إسناده هيثم البكَّاء، ضعيف. (٢) ذكره الحافظ ابن عساكر في تاريخ دمشق، كما في المختصر؛ لابن منظور (١٢ - ٦٠). (٣) انظر تفسير ابن كثير (٢/ ١٥٠/ ١٥٤) طبعة دار ابن كثير. (٤) انظر تفسير ابن كثير (٢/ ١٥٠/ ١٥٤) طبعة دار ابن كثير.

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