Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’animal dont une partie s’exprime fait apparaître un prodige plus grand encore que la vie des oiseaux que Dieu rendit vivants pour Abraham (que la prière et la paix soient sur lui).

J’ai dit : De même, le fait que la vie, la perception et la raison soient insufflées dans la pierre qui adressait la parole de salutation au Prophète (ﷺ), comme rapporté dans le Ṣaḥīḥ de Muslim (1), constitue un miracle plus étonnant que de rendre un animal vivant de manière générale. En effet, cette pierre avait reçu la vie pendant un temps, contrairement à l’animal qui a déjà connu la vie auparavant, tandis qu’elle n’avait aucune vie au départ. Il en va de même pour le salut des pierres et des mottes de terre à son égard, tout comme les arbres, les branches qui témoignèrent de sa mission, et le tronc qui gémit à sa séparation, que les bénédictions et la paix soient sur lui.

Notre maître (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : Ibn Abī al-Dunyā a composé un ouvrage au sujet de ceux qui ont vécu après la mort, et il y a rapporté de nombreux exemples. Il est établi d’après Anas (qu’Allâh l’agrée) qu’il a dit : « Nous sommes entrés auprès d’un homme des Anṣār qui était malade mais conscient. Nous ne l’avons pas quitté avant qu’il ne rende l’âme (2). Nous l’avons alors recouvert de son vêtement et l’avons enveloppé, tandis que sa mère, une vielle femme âgée, se tenait à son chevet. L’un de nous l’a interpellée en disant : “Ô toi, compte ton malheur auprès de Dieu !” Elle répondit : “Qu’est-ce que cela signifie ? Mon fils est-il mort ?” Nous avons dit : “Oui.” Elle demanda : “Est-ce vrai ce que vous dites ?” Nous avons confirmé. Elle leva alors les mains vers Dieu en disant : “Ô Dieu, Tu sais que je me suis convertie à l’islam et que j’ai émigré vers Ton Messager dans l’espoir que Tu me soutiendrais en toute difficulté et en toute aisance ; ne m’impose pas ce malheur aujourd’hui.” Alors l’homme découvrit son visage, se releva, et nous ne sommes pas partis avant d’avoir mangé avec lui (3). »

On avait déjà signalé ce récit dans les signes de la prophétie, ainsi que lors de la mention du miracle du déluge accompagné de l’histoire d’al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī. Le contexte rapporté par notre maître en reprend une partie selon le sens. Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā et l’historien ḥadith Abū Bakr al-Bayhaqī (4) l’ont tous deux relaté à partir de plusieurs chaînes de transmission, notamment via Ṣāliḥ ibn Bachīr al-Murrī — l’un des ascètes et grands adorateurs de Baṣra — dont le récit, qui comporte une certaine faiblesse, provient de Thābit, lequel le tenait d’Anas. Dans la version rapportée par al-Bayhaqī, la mère était une vieille femme aveugle. Puis al-Bayhaqī (5) poursuivit en transmettant le récit par voie de ‘Īsā ibn Yūnus, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Awn, d’après Anas, comme mentionné plus haut, avec un récit plus détaillé. Il y est dit que cela s’était produit en présence du Messager de Dieu (ﷺ). Il s’agit d’une chaîne de transmission dont les rapporteurs sont fiables, mais il existe une coupure entre ‘Abd Allāh ibn ‘Awn et Anas. Et Dieu est plus Savant.

(1) Rapporté par Muslim dans son Sahîh (2277) dans le chapitre des vertus, intitulé \«La vertu de la lignée du Prophète\ ﷺ et le fait de saluer la pierre avant la prophétie\». (2) Dans une version, le mot est «قضى» (qadhā). (3) Rapporté par al-Bayhaqî dans son ouvrage «Adhillah» (6/51), avec une chaîne de transmission incluant Ṣāliḥ ibn Bashīr al-Marī ; al-Bayhaqî le décrit comme \«l’un des pieux habitants de Bassorah, conteur d’histoires, spécialiste de hadiths isolés attribués à Thābit et d’autres\». Al-Nasā’î le qualifie de «métrouk» (à rejeter), voir «Mīzān al-Iʿtidāl» (2/289). (4) Voir «Adhillah» d’al-Bayhaqî (6/50) ; sa chaîne est faible. (5) Même source précédente (6/51).
الحيوان الذي هو جزؤه مما يتكلَّم، وفي هذا ما هو أبلغُ من حياة الطيور التي أحياها الله لإبراهيم ﷺ . قلت: وفي حلول الحياة والإدراك والعقل في الحَجَر الذي كان يُخاطبُ النبيَّ ﷺ بالسلام عليه، كما قد روي في صحيح مسلم (١) ، من المُعجز ما هو أبلغُ من إحياء الحيوان في الجملة، لأنه كان محلًا للحياة في وقت، بخلاف هذا حيث لا حياة له بالكلية قبل ذلك، وكذلك تسليمُ الأحجار والمَدَر عليه، وكذلك الأشجار والأغصان وشهادتها له بالرسالة، وحنين الجذع إليه صلوات الله وسلامه عليه. قال شيخنا رحمه الله تعالى: وقد جمع ابن أبي الدنيا كتابًا فيمن عاش بعدَ الموت، وذكرَ منها كثيرًا، وقد ثبتَ عن أنس (رضي الله عنه) أنه قال: دخلنا على رجل من الأنصار وهو مريضٌ يعقل، فلم نبرح حتى قُبِض (٢) ، فبسطنا عليه ثوبه وسجَّينَاه، وله أُمٌّ عجوز كبيرة عند رأسه، فالتفت إليها بعضُنا وقال: يا هذه احتسبي مصيبَتك عندَ الله! فقالت: وما ذاك! أماتَ ابني؟ قلنا: نعم. قالت: أحقٌّ ما تقولونَ؟ قلنا: نعم، فمدَّت يدها إلى الله تعالى، فقالت: اللهم إنَّكَ تعلمُ أنِّي أسلمتُ وهاجرتُ إلى رسولك رجاءَ أن تُعينني عند كل شِدَّة ورخاء، فلا تُحَمِّلني هذه المصيبة اليوم. قال: فكشفَ الرجلُ عن وجهه وقعدَ، وما بَرِحْنا حتى أكلنَا معه (٣) . وهذه القصة قد تقدَّم التنبيه عليها في دلائل النبوة، وفي ذكر معجزة الطُّوفان مع قصَّة العَلاء بن الحضرمي. وهذا السياق الذي أوردَه شيخنا ذكرَ بعضه بالمعنى، وقد رواه أبو بكر بن أبي الدنيا، والحافظ أبو بكر البيهقي (٤) من غير وجه: عن صالح بن بشير المُرِّي - أحد زهاد البصرة وعبادها - وفي حديثه لين، عن ثابت، عن أنس فذكره. وفي رواية البيهقي: أنَّ أمَّه كانت عجوزًا عمياءَ، ثم ساقَه البيهقيُّ (٥) من طريق عيسى بن يُونس، عن عبد الله بن عَون، عن أنسٍ كما تقدَّم، وسياقُه أتمُّ، وفيه: أن ذلك كان بحضرة رسولِ الله ﷺ ، وهذا إسناد رجاله ثقات، ولكن فيه انقطاع بين عبد الله بن عون وأنس، والله أعلم.
(١) رواه مسلم في صحيحه (٢٢٧٧) في الفضائل، باب فضل نسب النبي ﷺ ، وتسليم الحجر عليه قبل النبوة. (٢) في نسخة "قضى". (٣) رواه البيهقي في دلائله (٦/ ٥١)، وفي إسناده صالح بن بشير المري، قال عنه البيهقي: من صالحي أهل البصرة، وقصَّاصهم، تفرد بأحاديث مناكير عن ثابت وغيره. وقال عنه النسائي: "متروك" انظر ميزان الاعتدال (٢/ ٢٨٩). (٤) انظر الدلائل؛ للبيهقي (٦/ ٥٠) وإسناده ضعيف. (٥) المصدر السابق (٦/ ٥١).

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