Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un homme issu des Juifs racontait : « Chaque fois que je te mentionnais, je trébuchais par sa faute, et il me frappait durement. » Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) déclara alors : « Toi, tu es Ya‘four. » (1)

Ce ḥadith présente une forte improbabilité, et il n’est pas nécessaire de s’y attarder à la lumière des ḥadiths authentiques déjà mentionnés, qui suffisent amplement à le remplacer. Il a d’ailleurs été rapporté sous une autre forme, et Ibn Abī Ḥātim, se référant à son père, l’a déclaré réprouvé. Dieu est plus savant.

Nous en venons maintenant à ce qui fut accordé à ʿĪsā ibn Maryam (que la paix soit sur lui), que l’on nomme al-Masīḥ (2). Quant à l’explication de ce titre, il a été dit qu’il vient du fait qu’il parcourait (masḥ) la terre ; ou qu’il s’était essuyé le pied ; ou bien qu’il était sorti du sein de sa mère oint d’huile ; ou encore que Gabriel l’avait béni en le touchant ; ou que Dieu avait effacé (masaḥa) ses péchés ; ou enfin qu’il ne touchait personne sans le guérir. Toutes ces interprétations ont été rapportées par le ḥāfiẓ Abū Nuʿaym (que Dieu lui fasse miséricorde).

Parmi ses spécificités, il fut créé par la Parole divine à partir d’une femme sans père, tout comme Ḥawwā (Ève) fut créée à partir d’un homme sans mère, et comme Adam (que la paix soit sur eux) fut créé sans père ni mère. En vérité, Dieu, Exalté soit-Il, l’a créé à partir de la terre, puis Lui a dit : « Sois » et il fut (Coran 3:59). De même, ʿĪsā fut créé par la Parole de Dieu et par le souffle de Gabriel sur Maryam. Dieu créa ainsi ʿĪsā d’elle.

Parmi ses particularités, ainsi que celles de sa mère, il y a le fait que, lorsque ʿĪsā naquit, Iblīs — que Dieu le maudisse — voulut le piquer, mais il ne put le faire et ne piqua que le voile qui le protégeait, comme il est rapporté dans le ḥadith authentique (3).

Il est également distinctif qu’il soit vivant et ne soit pas mort. Il se trouve actuellement, corporellement, dans le premier ciel. Il redescendra avant le Jour de la Résurrection sur le minaret blanc à l’est de Damas, et il emplira la terre de justice et d’équité après qu’elle aura été remplie d’injustice et d’oppression. Il jugera selon la loi muḥammadienne, puis il mourra et sera enterré dans la chambre prophétique, comme le rapporte at-Tirmidhī (4). Nous avons détaillé son histoire dans notre présent ouvrage.

Notre maître, l’éminent savant Ibn az-Zamalkanī (que Dieu lui fasse miséricorde), a déclaré : « Quant aux miracles de ʿĪsā (que la paix soit sur lui), on compte parmi eux la résurrection des morts. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) en a également obtenu de nombreux. Mieux encore, redonner la vie à un objet inanimé est plus surprenant que ressusciter un mort. Ainsi, l’épaule empoisonnée parla au Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Or, ce prodige dépasse la résurrection d’un être humain défunt sous plusieurs aspects. Le premier : il s’agit de ranimer une partie d’un être vivant, sans le reste de son corps, ce qui serait déjà miraculeux s’il s’agissait d’une partie demeurant attachée au corps. Le deuxième : il s’agit de la faire revivre seule, séparée des autres parties de l’animal, celles-ci restant mortes. Le troisième : Dieu lui rendit la vie avec perception et raison, alors que, durant sa vie, cet animal n’était pas doué de raison ; voici qu’une partie de lui devint vivante et douée de compréhension. Le quatrième : Dieu lui donna la capacité de parler et de s’exprimer, alors même que… »

(1) Le juge ʿIyāḍ le mentionne dans « Al-Shifāʾ » (1/314), et As-Suhailī dans « Ar-Rawḍ al-ʾAnf » ainsi que dans « Al-Fuṣūl fī Sīrah ar-Rasūl ﷺ » (p. 259). Al-Ḥāfiẓ Ibn Kathīr a dit : « J’ai demandé à notre cheikh Abū al-Ḥajjāj al-Mizzī au sujet de ce rapport, il répondit : il n’a pas de fondement, c’est un rire. » (2) Ce qui est correct, c’est que « al-Masīḥ » est un surnom ; son origine en hébreu est « Mashiaʾ », et son sens en arabe est « l’ami fidèle ». (3) C’est un hadith rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (no 3286) au sujet du commencement de la création. (4) Rapporté par at-Tirmidhī dans ses Sunan dans le chapitre des mérites (no 3617), qui commenta : « Ce hadith est ḥasan gharīb, et sa chaîne de transmission est faible. »
رجل من اليهود، وكنت إذا ذكركَ عثرتُ به، فيُوجعني ضربًا. فقال النبي ﷺ : "فأنتَ يعفورُ" (١) . وهذا الحديث فيه نكارةٌ شديدة ولا يُحتاج إلى ذكره مع ما تقدَّم من الأحاديث الصحيحة التي فيها غُنيَةٌ عنه، وقد رُوي على غير هذه الصِّفة، وقد نصَّ على نكارته ابن أبي حاتم عن أبيه، والله أعلم. القول فيما أُوتي عيسى ابن مريم (عليه السلام) ويُسمَّى المسيح (٢) ، فقيل: لمسحه الأرض، وقيل: لمسح قدمه، وقيل: لخروجه من بطن أمه ممسوحًا بالدهان، وقيل: لمسح جبريل بالبركة، وقيل: لمسح الله الذنوب عنه، وقيل: لأنه كان لا يمسحُ أحدًا إلا برأ. حكاها كلَّها الحافظُ أبو نعيم (رحمه الله) . ومن خصائصه أنه (عليه السلام) مخلوق بالكلمة من أُنثى بلا ذكر، كما خُلقت حواء من ذكر بلا أُنثى، وكما خُلقَ آدم (عليه السلام) لا من ذكر ولا من أنثى، وإنما خلقه الله تعالى من تراب، ثم قال له: ﴿كُنْ فَيَكُونُ﴾ [ال عمران: ٥٩] . وكذلك يكون عيسى بالكلمة وبنفخ جبريل مريم فخلق الله منها عيسى. ومن خصائصه وأمه أن إبليس لعنه الله حين وُلد، ذهبَ يطعن فطعنَ في الحجاب كما جاء في الصحيح (٣) . ومن خصائصه أنه حيٌّ لم يمت، وهو الآن بجسده في السماء الدنيا، وسينزل قبلَ يوم القيامة على المنارة البيضاء الشرقية بدمشق، فيملأ الأرض قسطًا وعدلًا، كما مُلئت جورًا وظلمًا، ويحكمُ بهذه الشريعة المحمَّدية، ثم يموتُ ويُدفن بالحجرة النبوية، كما رواه الترمذي (٤) . وقد بسطنا ذلك في قصته من كتابنا هذا. وقال شيخنا العلامة ابن الزملكاني رحمه الله تعالى: وأما معجزات عيسى (عليه السلام) ، فمنها إحياء الموتى، وللنبيّ ﷺ من ذلك كثير، وإحياء الجماد أبلغ من إحياء الميت، وقد كلَّم النبيَّ ﷺ الذراعُ المسمومةُ، وهذا الإحياء أبلغ من إحياء الإنسان المَيِّت من وجوه، أحدُها: إنَّه إحياءُ جزءٍ من الحيوان دون بقيَّة بدنه، وهذا معجز لو كان متصلًا بالبدن. الثاني: أنه أحياه وحدَه منفصلًا عن بقية أجزاء ذلك الحيوان مع موت البقية. الثالث: أنه أعاد عليه الحياة مع الإدراك والعقل، ولم يكن هذا الحيوانُ يعقل في حياته فصار جزؤه حيًّا يعقل. الرابع: أنه أقدره الله على النطق والكلام ولم يكن
(١) ذكره القاضي عياض في "الشفا" (١/ ٣١٤) والسهيلي في "الروض الأنف" وفي "الفصول في سيرة الرسول ﷺ " (ص ٢٥٩) قال الحافظ ابن كثير: سألت شيخنا: أبا الحجاج المزي عن هذا الخبر، فقال: ليس له أصل وهو ضحكة. (٢) الصواب أن المسيح لَقَبٌ، وأصله في العبرانية مشيحا، ومعناه في العربية: الصديق. (٣) رواه البخاري في صحيحه (٣٢٨٦) في بدء الخلق. (٤) رواه الترمذي في سننه في المناقب رقم (٣٦١٧)، وقال: هذا حديث حسن غريب، وفي إسناده ضعف.

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