«Dis : “Soyez [changés] en pierres ou en fer (50), ou en toute autre créature plus grande encore à vos yeux.”» [Al-Isrâ’ : 50-51]. Ce verset concerne un autre aspect de l’interprétation. En substance, le fer est, pour l’heure, plus difficile à soumettre que la pierre lorsqu’il n’a pas encore été travaillé. Mais une fois travaillé, le fer réagit alors qu’une pierre ne réagit pas, et Dieu est plus Savant.
Abû Nu‘aym a dit : «Si l’on objecte que Dieu a déjà amolli le fer pour Dâwud (que la paix soit sur lui) au point qu’il forgea de longues cottes de mailles, on répondra que Dieu a également assoupli pour Muḥammad (ﷺ) la pierre et la roche dure. Celles-ci se sont changées pour lui en une grotte où il put se cacher des polythéistes le jour de Uḥud. Ce jour-là, (ﷺ) inclina la tête vers la montagne pour se dissimuler à leurs regards et Dieu l’a ramollie de sorte qu’il put y introduire sa tête. C’est là un prodige d’autant plus grand que le feu peut assouplir le fer, alors qu’on n’a jamais vu un feu assouplir la pierre.» Il poursuivit : «Cela demeura un signe visible pour les gens. Et de même, dans l’un des défilés de la Mecque se trouve un bloc rocheux issu d’une montagne dure, vers lequel le Prophète (ﷺ) s’est tourné en prière ; la pierre s’est alors amollie sous ses bras et ses avant-bras. C’est un fait célèbre que les pèlerins visitent encore aujourd’hui. Par ailleurs, la roche de Bayt al-Maqdis (Jérusalem) est devenue semblable à de la pâte la nuit de l’Ascension, lorsqu’il y attacha sa monture — al-Burâq —, et les gens continuent de toucher cet emplacement jusqu’à présent (1).»
Ce qu’il évoque au sujet du jour de Uḥud et de certains défilés de la Mecque est très étrange. Il se peut qu’il en ait lui-même rapporté la chaîne de transmission auparavant, car ce récit n’est pas connu dans les biographies prophétiques les plus célèbres. Quant au fait d’avoir attaché la monture à la pierre, il est authentique : c’est Gabriel qui l’a attachée, comme il est mentionné dans le Ṣaḥīḥ de Muslim (2).
Pour ce qui est de la Parole divine : «Nous lui avons accordé la sagesse et l’art de trancher les discours» [Sâd : 20], la sagesse donnée à Muḥammad (ﷺ) et la Loi qui lui a été prescrite surpassent toute sagesse et toute Loi accordées aux prophètes antérieurs — que la paix soit sur lui et sur eux tous —, car Dieu a réuni en lui les perfections de ceux qui l’ont précédé, l’a élevé davantage et lui a octroyé ce qu’Il n’avait accordé à nul autre avant lui. Le Prophète (ﷺ) a dit : «J’ai reçu la faculté d’exprimer en peu de mots de vastes significations, et la sagesse m’a été résumée à l’extrême» (3). Il ne fait aucun doute que les Arabes sont le peuple le plus éloquent, et que le Prophète (ﷺ) était le plus éloquent d’entre eux et le plus accompli dans tout ce qui est noble sans restriction.
Quant à ce qui fut attribué à Sulaymân, fils de Dâwud (que la paix soit sur eux), Dieu — Exalté soit-Il — dit : «Nous lui assujettîmes donc le vent qui soufflait, soumise à ses ordres, là où il voulait (36), et [Nous lui assujettîmes également] les diables, bâtisseurs et plongeurs (37), et d’autres encore enchaînés les uns aux autres (38). Voilà Notre don : dispense-le ou retiens-le sans avoir à rendre de comptes (39). Et il aura certes, auprès de Nous, un rapprochement et le plus beau retour» (40) [Sâd : 36-40]. Et Dieu dit aussi : «Et à Sulaymân [Nous assujettîmes] le vent violent qui, sous son ordre, gagnait la terre que Nous avions bénie — et Nous sommes par-dessus tout parfaitement savants — (81). Et parmi les diables, [certains] plongeaient…» [Al-Anbiyâ’ : 81-82].»