Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Anas ibn Mâlik a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : « Lorsque j’eus accompli ce que Dieu – exalté soit-Il – m’avait ordonné à propos des cieux et de la terre, je dis : “Ô Seigneur, pas un prophète n’est venu avant moi sans que Tu ne l’aies honoré : Tu as fait d’Abraham Ton ami intime, de Moïse Ton interlocuteur, Tu as asservi les montagnes à David et les vents comme les démons à Salomon, et Tu as ressuscité les morts pour Jésus. Qu’as-Tu réservé pour moi ?” Il répondit : “Ne t’ai-Je pas accordé mieux que tout cela ? Je ne suis jamais mentionné sans que tu ne sois mentionné avec Moi, et J’ai fait des poitrines de ta communauté des Évangiles, car ils récitent le Coran à haute voix. Je ne l’ai accordé à aucune autre communauté. De plus, J’ai fait descendre sur toi une parole tirée des trésors de Mon Trône : ‘Il n’y a ni puissance ni force en dehors de Dieu.’” » (1)

Il s’agit d’une chaîne de transmission qui présente une certaine étrangeté. Cependant, on en trouve un témoignage complémentaire (shâhid) par la voie d’Abû al-Qâsim ibn Bint Mani‘ al-Baghawî, rapporté de Sulaymân ibn Dâwud al-Mah­rânî, d’après Hammâd ibn Zayd, d’après ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, avec un propos similaire attribué au Prophète.

Abû Zur‘a ar-Râzî l’a aussi rapporté dans son ouvrage « Dalâ’il an-Nubuwwah » sous une autre forme, mais avec une interruption dans la chaîne. Il déclare : « Hishâm ibn ‘Ammâr ad-Dimashqî nous a raconté, d’après al-Walîd ibn Muslim, d’après Shu‘ayb ibn Zurayq, qui a entendu ‘Atâ’ al-Khurâsânî relater que Abû Hurayra et Anas ibn Mâlik ont transmis, de la part du Prophète (ﷺ), un récit concernant la Nuit où il fut emporté en ascension (al-Isrâ’). » Celui-ci dit : « Dieu me montra certains de Ses signes, et je perçus un parfum agréable. Je demandai : “Qu’est-ce donc, ô Jibrîl ?” Il répondit : “C’est le Paradis. Elle dit : ‘Ô Seigneur, amène-moi mes hôtes !’ Et Dieu, exalté soit-Il, répondit : ‘Tu auras ce que Je t’ai promis : tout croyant, toute croyante, qui ne prend nul associé en dehors de Moi. Quiconque Me prête [en dépensant pour Ma cause], Je le rapprocherai de Moi ; quiconque se confie à Moi, Je lui suffirai ; quiconque Me demande, Je lui donnerai. Ses dépenses ne s’amoindriront pas, et ses souhaits ne seront point écourtés. Tu auras bien ce que Je t’ai promis. Excellent séjour pour les pieux que tu es !’ J’ai dit alors : ‘Je suis satisfait.’ Puis, lorsque nous parvînmes au Lotus de la Limite, je tombai prosterné, puis j’ai relevé la tête en disant : ‘Ô Seigneur, Tu as fait d’Abraham Ton ami intime, Tu as parlé directement à Moïse, Tu as donné les Psaumes à David, et Tu as comblé Salomon d’un immense royaume.’ Et Il me répondit : ‘Pour toi, J’ai élevé ton renom ; nul ne prendra la parole dans ta communauté sans qu’on atteste que tu es Mon Messager. J’ai fait des cœurs de ta communauté des Évangiles, et Je t’ai accordé les derniers versets de la sourate al-Baqarah, tirés de dessous Mon Trône.’” » (2)

Puis Abû Zur‘a rapporta par la voie de ar-Rabî‘ ibn Anas, d’après Abû al-‘Âliyah et Abû Hurayra, un récit complet de la Nuit de l’Ascension, semblable à la version transmise par Ibn Jarîr dans son tafsîr. Il ajoute : « Ensuite, il (le Prophète) rencontra les âmes des prophètes (que la paix soit sur eux), et ils louèrent Dieu (qu’Il soit glorifié). »

Ibrâhîm (que la paix soit sur lui) dit : « Louange à Dieu qui m’a pris pour ami intime, qui m’a octroyé un grand royaume, qui a fait de moi une communauté entièrement dévouée à Dieu dans ma vie et dans ma mort, qui m’a sauvé du feu et l’a rendue fraîcheur et salut pour moi. »

Ensuite, Mûsâ (que la paix soit sur lui) loua son Seigneur, disant : « Louange à Dieu qui m’a parlé directement ; qui m’a choisi pour transmettre Son message et pour Sa Parole ; qui m’a rapproché comme confident, qui a fait descendre la Tawrâ (la Torah) sur moi, qui a fait périr Pharaon par ma main et procuré le salut aux enfants d’Israël par mon intermédiaire. »

(1) Il a été rapporté par Abū Nuʿaym dans « al-Dalāʾil » comme dans le Tafsīr d’Ibn Kathīr (4/94), toutefois sa chaîne de transmission est faible. (2) Il a été rapporté par Abū Zurʿa al-Rāzī dans ses « Dalāʾil », comme dans le Tafsīr d’Ibn Kathīr (3/25) et (3/29).
أنس بن مالك قال: قال رسول الله ﷺ : "لما فرغتُ مما أمرني الله تعالى به من أمر السمواتِ والأرض قلت: يا ربِّ إنه لم يكن نبيٌّ قبلي إلا قد كرَّمته، جعلتَ إبراهيمَ خليلًا، وموسى كليمًا، وسخَّرت لداودَ الجبالَ، ولسليمانَ الريح والشياطين، وأحييت لعيسى الموتى، فما جعلتَ لي؟ قال: أوليس قد أعطيتُك أفضلَ من ذلك كله، أنِّي لا أُذْكَرُ إلا ذُكِرْتَ معي، وجعلتُ صدورَ أمتك أناجيلَ يقرؤون القرآن ظاهرًا، ولم أُعْطِها أُمَّةَ، وأنزلتُ عليك كلمة من كنوز عرشي: لا حول ولا قوة إلا باللّه" (١) . وهذا إسناد فيه غرابة، ولكن أورد له شاهدًا من طريق أبي القاسم بن بنت منيع البغوي، عن سليمان بن داود المهراني، عن حمَّاد بن زيد، عن عطاء بن السائب، عن سعيد بن جبير عن ابن عباس مرفوعًا بنحوه. وقد رواه أبو زُرعة الرازي في كتاب "دلائل النبوة" بسياق آخر، وفيه انقطاع، فقال: حدَّثنا هشام بن عمَّار الدمشقي، حدَّثنا الوليد بن مسلم، حدَّثنا شعيب بن زريق أنه سمع عطاءً الخراساني، يُحدِّث عن أبي هريرة وأنس بن مالك، عن النبي ﷺ من حديث ليلة أُسري به. قال: "فأراني الله من آياتِه، فوجدتُ ريحًا طيبة، فقلت: ما هذا يا جبريلُ؟ ! قال: هذه الجنَّةُ، تقولُ: يا ربِّ ائتني بأهلي، قال الله تعالى: لك ما وعدتُكَ، كل مؤمن ومؤمنة لم يتخذ من دوني أندادًا، من أقرضني قرَّبته، ومن توكَّل عليَّ كفيتُه، ومن سألني أعطيتُه، ولا ينقص نفقته، ولا ينقص ما يتمنى، لك ما وعدتُكَ، فنعم دار المتقين أنت، قلت: رضيت، فلما انتهينا إلى سدرة المنتهى خررت ساجدًا فرفعتُ رأسي فقلت: يا رب! اتخذت إبراهيم خليلًا، وكلمت موسى تكليمًا، وآتيت داود زبورًا، وآتيتَ سليمان ملكًا عظيمًا، قال: فإني قد رفعتُ لك ذكركَ، ولا تجوز لأمتك خطبة حتى يشهدوا أنك رسولي، وجعلتُ قلوبَ أمتك أناجيل، وآتيتك خواتيم سورة البقرة من تحت عرشي" (٢) . ثم روى من طريق الربيع بن أنس، عن أبي العالية، عن أبي هريرة، حديث الإسراء بطوله، كما سقناه من طريق ابن جرير في التفسير، وقال أبو زُرعة في سياقه: ثم لقيَ أرواحَ الأنبياء (عليهم السلام) ، فأثنوا على ربهم – Exalté soit-Il – . فقال إبراهيمُ (عليه السلام) : الحمدُ لله الذي اتخذني خليلًا، وأعطاني مُلكًا عظيمًا، وجعلني أمَّة قانتًا للّه محياي ومماتي، وأنقذني من النار، وجعلَها على بردًا وسلامًا. ثم إنَّ موسى (عليه السلام) أثنى على ربه، فقال: الحمد لله الذي كلَّمني تكليمًا، واصطفاني برسالته وبكلامه، وقرَّبني نجيًا، وأنزل عليَّ التوراة، وجعلَ هلاك فرعون على يديَّ ونجاة بني إسرائيل على يديَّ.
(١) رواه أبو نُعيم في الدلائل كما في تفسير ابن كثير (٤/ ٩٤) وفي إسناده ضعف. (٢) رواه أبو زرعة الرازي في دلائله، كما في تفسير ابن كثير (٣/ ٢٥) و (٣/ ٢٩).

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