Les hadiths (1) se sont avérés authentiques et transmis par voie récurrente concernant la scission de la lune, dont une partie se trouvait derrière la montagne et l’autre devant elle. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : « Soyez témoins » (2). Quant aux Quraychites, ils dirent : « C’est un sort qui a ensorcelé nos yeux. » Puis des voyageurs arrivèrent et informèrent qu’ils avaient vu la lune en deux morceaux. À ce sujet, Dieu le Très-Haut a dit : « L’Heure approche et la lune s’est fendue (1). Et s’ils voient un miracle, ils s’en détournent et disent : “C’est une magie perpétuelle” » (Sourate al-Qamar, versets 1-2).
Il est également rapporté que le soleil fut retenu pour le Messager de Dieu (ﷺ) à deux reprises. La première est rapportée par at-Tahâwî, qui déclare que ses rapporteurs sont dignes de confiance, en les énumérant un à un : le Prophète (ﷺ) recevait la révélation alors que sa tête reposait sur les genoux de ‘Alî (qu’Allah l’agrée), et il ne releva la tête qu’après le coucher du soleil, tandis que ‘Alî n’avait pas encore accompli la prière de l’après-midi (‘Asr). Le Messager de Dieu (ﷺ) invoqua alors : « Ô Dieu, il était dans Ton obéissance et l’obéissance de Ton Messager (3), rends-lui donc le soleil » (4). Dieu lui rendit le soleil, si bien qu’on le vit réapparaître ; ‘Alî se leva pour prier l’après-midi, puis le soleil se coucha.
La seconde fois eut lieu le matin de l’Isrâ’ (l’Ascension nocturne). Le Prophète (ﷺ) informa alors les Quraychites de son voyage de La Mecque à Bayt al-Maqdis (Jérusalem). Ils l’interrogèrent sur divers détails de la Maison Sainte, et Dieu la lui rendit visible au point qu’il la vit distinctement et la leur décrivit. Ils l’interrogèrent aussi à propos d’une caravane qu’ils possédaient sur la route, et il dit : « Elle arrivera à vous au lever du soleil. » Or, celle-ci tarda, et Dieu retarda alors le lever du soleil jusqu’à l’arrivée de la caravane. Ceci fut rapporté par Ibn Bukayr (5) dans ses ajouts à la Sîra.
Quant au hadith du retour du soleil pour ‘Alî (qu’Allah l’agrée), nous l’avons déjà mentionné suivant la chaîne de transmission d’Asmâ’ bint ‘Umays, la plus connue, ainsi que celles d’Abû Sa‘îd, d’Abû Hurayra et de ‘Alî lui-même. Ce récit est contesté à tous points de vue. Toutefois, certains savants ont penché pour le renforcer, au nombre desquels figurent Ahmad ibn Sâlih al-Misrî, Abû Ja‘far at-Tahâwî et le Qâdî ‘Iyâd, de même qu’un groupe de savants chiites, tels Ibn al-Mutahhir (6) et ses semblables, qui l’ont déclaré authentique. D’autres, parmi les plus grands spécialistes et critiques du hadith, l’ont rejeté et jugé faible, comme ‘Alî ibn al-Madînî, Ibrâhîm ibn Ya‘qûb al-Jawzjânî – qui le tenait de ses maîtres Muhammad et Ya‘lâ, fils de ‘Ubayd at-Tanafisî –, ainsi que l’expert Abû Bakr Muhammad ibn Hâtim al-Bukhârî (connu sous le nom d’Ibn Zanjawayh), sans oublier le grand hâfiz Abû al-Qâsim ibn ‘Asâkir. Le shaykh Jamâl ad-Dîn Abû al-Faraj ibn al-Jawzî l’a aussi mentionné dans son ouvrage Al-Mawdu‘ât. De même, mes deux maîtres, les grands huffâz (savants du hadith) Abû al-Hajjâj al-Mirrî et Abû ‘Abd Allâh adh-Dhahabî, ont explicitement affirmé qu’il s’agissait d’une narration forgée.
Pour ce qui est de ce qu’a mentionné Yûnus ibn Bukayr dans ses ajouts à la Sîra, au sujet du retard du lever du soleil par rapport à son moment habituel, il n’existe aucune confirmation similaire chez les autres savants.