Ils lui demandèrent d’implorer Dieu afin d’obtenir une amélioration du temps. Il leva alors la main et dit : « Ô Dieu, [fais pleuvoir] autour de nous et non pas sur nous. » Puis, à chaque fois qu’il indiquait une direction de la main, les nuages s’y déplaçaient, jusqu’à ce que Médine fût entourée à la manière d’un diadème : la pluie tombait partout alentour, mais non sur la ville. Il s’agissait ainsi d’une couverture nuageuse à laquelle on aspirait, plus essentielle encore que tout autre besoin, et ô combien bénéfique. Pouvoir la diriger par un simple geste est un signe miraculeux plus éloquent et une preuve manifeste du soin divin. Dieu est Celui qui sait le mieux.
Quant à la descente de la manne et des cailles (man et salwâ) sur eux, le Messager de Dieu (ﷺ) multiplia à maintes reprises la nourriture et la boisson, comme cela est évoqué dans les « Preuves de la Prophétie », lorsqu’il nourrit une foule nombreuse à partir de biens très modestes. Ainsi, le jour du Fossé, il offrit un repas à plus de mille personnes affamées avec pour seule ressource une petite brebis de Jâbir Ibn ‘Abd Allâh ainsi qu’un sâ‘ d’orge. Que les prières et le salut de Dieu soient toujours sur lui, jusqu’au Jour de la Rétribution.
Il nourrit également un groupe de personnes à partir d’une simple poignée (de nourriture), dont la quantité se renouvelait du ciel ; et il y a bien d’autres événements similaires qu’il serait long de relater. Abû Nu‘aym et Ibn Hâmid indiquent aussi, à propos de la manne et des cailles, qu’il s’agissait d’une subsistance accordée sans peine ni effort de leur part. Ils rapportent en regard de cela le hadith à propos de la licéité du butin de guerre (qui ne l’était pas pour ceux qui nous ont précédés), ainsi que le hadith de Jâbir au sujet de l’expédition d’Abû ‘Ubaydah, où les compagnons furent accablés par la faim au point de manger de la végétation des arbres (al-khabt), avant que la mer ne leur révélât un animal appelé al-‘anbar, dont ils se nourrirent durant trente jours et trente nuits, jusqu’à devenir corpulents et voir leurs ventres se plisser. Ce récit se trouve dans les recueils de hadith authentiques, comme déjà mentionné (4), et il sera de nouveau abordé à propos de la « table servie » (al-mâ’idah) parmi les miracles du Christ, fils de Marie.
On rapporte également l’histoire d’Abû Muslim al-Khawlânî : parti avec un groupe de ses compagnons pour le pèlerinage, il leur recommanda de ne prendre ni provisions ni outres. Lorsqu’ils faisaient halte, il accomplissait deux raka‘ât (unités de prière), puis on leur apportait de quoi manger, boire et nourrir leurs montures, pour le matin comme pour le soir, tout au long de leur voyage aller et retour (5).
Pour ce qui est de la parole du Très-Haut : « Et [rappelez-vous] quand Moïse demanda de l’eau pour son peuple. Nous dîmes : “Frappe le rocher de ton bâton.” Alors, douze sources en jaillirent, et chaque tribu sut où s’abreuver » [Al-Baqara, 60], nous en avons déjà parlé en détail dans l’histoire de Moïse (sur lui la paix) et dans le Tafsîr (commentaire). Nous avons aussi abordé (6) les hadiths qui rapportent que le Prophète (ﷺ) posa sa main dans un petit récipient qui ne lui permettait même pas de l’étendre entièrement.