Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Mâjah (1) le rapporte ainsi : d’Abû Bakr ibn Abî Shaybah, d’après Yûnus ibn Muhammad, d’après Jarîr ibn Hâzim, avec cette même chaîne de transmission.

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Voici le récit de la controverse entre Abraham l’Ami intime (Ibrâhîm al-Khalîl) et celui qui voulut disputer à l’Auguste et Majestueux Sa grandeur et Sa suprématie, en prétendant à la seigneurie alors qu’il n’était qu’un humble serviteur parmi d’autres. Dieu – Exalté soit-Il – a dit :

« N’as-tu pas vu celui qui disputa avec Abraham au sujet de son Seigneur – parce que Dieu lui avait accordé la royauté ? – lorsqu’Abraham dit : “Mon Seigneur est Celui qui fait vivre et fait mourir.” Il répliqua : “Moi aussi, je fais vivre et je fais mourir.” Abraham poursuivit : “Certes, Dieu fait venir le soleil de l’Orient ; fais-le donc venir de l’Occident.” Alors le négateur resta confondu, et Dieu ne guide pas les gens injustes. » (Sourate al-Baqara, 2/258).

Dieu évoque ici la controverse de Son ami intime avec ce roi tyrannique et rebelle, qui revendiqua pour lui-même la seigneurie. Abraham (– paix sur lui –) invalida son argument, mit en évidence l’étendue de son ignorance et la faiblesse de son esprit ; il le confondit par la preuve, et lui montra clairement la voie de la vérité.

Les exégètes et d’autres spécialistes en généalogie et en récits ont déclaré : ce souverain était le roi de Babylone ; il s’appelait Nimrod fils de Kanaan, fils de Kûsh, fils de Sâm, fils de Noé, comme l’a mentionné Mujâhid (2). D’autres (3) ont dit : il s’agissait de Nimrod fils de Fâlih, fils de ‘Âbir, fils de Shâlkh, fils d’Arfakhshadh, fils de Sâm, fils de Noé.

Mujâhid (4) et d’autres ont également dit qu’il comptait parmi les rois ayant régné sur la terre entière, puisqu’on rapporte que seuls quatre rois ont régné sur le monde : deux croyants et deux mécréants. Les deux croyants sont Dhu al-Qarnayn et Salomon, et les deux mécréants sont Nimrod et Nabuchodonosor. On rapporte que Nimrod régna quatre cents ans, qu’il se montra insolent et tyrannique, s’enorgueillit, transgressa et préféra la vie ici-bas.

Lorsque Abraham l’Ami intime l’invita à adorer Dieu sans aucun associé, son ignorance, son égarement et l’illusion née de la longue durée de son règne le conduisirent à nier l’Existence du Créateur. Il contesta donc Abraham à ce sujet et prétendit à la seigneurie. Lorsque l’Ami intime (Abraham) dit : « Mon Seigneur est Celui qui fait vivre et fait mourir », il répliqua : « Moi aussi, je fais vivre et je fais mourir » (Sourate al-Baqara, 2/258).

Qatâda, as-Suddî et Muhammad ibn Ishâq (5) ont expliqué que, selon lui, on lui présentait deux hommes condamnés à mort : il ordonnait d’exécuter l’un et de gracier l’autre, comme s’il faisait vivre celui-ci et mourir celui-là.

Or, ceci n’est pas une réfutation de l’argument de l’Ami intime, mais plutôt un propos extérieur au sujet de la controverse, qui ne constitue ni interdiction ni objection, mais

(1) Rapporté par Ibn Māja (n° 3231) dans le chapitre du « Chasse », c'est un hadith considéré comme ḥasan (bon). (2) Exégèse d'al-Ṭabarī (vol. 3, p. 25), également mentionné par al-Suyūṭī dans ad-Durr al-Manthūr (vol. 2, p. 25). (3) Exégèse d'al-Ṭabarī (vol. 3, p. 25). (4) Rapporté par Ibn Jarīr dans son Tafsīr (vol. 3, p. 27) et mentionné par al-Suyūṭī dans ad-Durr al-Manthūr (vol. 2, p. 25). (5) Exégèse d'al-Ṭabarī (vol. 3, p. 27) et ad-Durr al-Manthūr (vol. 2, p. 25).
ورواه ابن ماجة (١) : عن أبي بكر بن أبي شيبة، عن يونس بن محمد، عن جرير بن حازم، به. * * * ذكرُ مناظرة إبراهيم الخليل مع مَنْ أَرادَ أَنْ يُنازعَ العظيمَ الجليلَ في إزار العظمة ورداء الكبرياء، فادَّعى الربوبيَّة، وهو أحدُ العبيد الضعفاء قال اللّه تعالى: ﴿أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِي حَاجَّ إِبْرَاهِيمَ فِي رَبِّهِ أَنْ آتَاهُ اللَّهُ الْمُلْكَ إِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّيَ الَّذِي يُحْيِي وَيُمِيتُ قَالَ أَنَا أُحْيِي وَأُمِيتُ قَالَ إِبْرَاهِيمُ فَإِنَّ اللَّهَ يَأْتِي بِالشَّمْسِ مِنَ الْمَشْرِقِ فَأْتِ بِهَا مِنَ الْمَغْرِبِ فَبُهِتَ الَّذِي كَفَرَ وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ﴾ [البقرة: ٢٥٨] . يذكرُ تعالى مناظرةَ خليله مع هذا المَلكِ الجبَّار المتمرِّد، الذي ادَّعى لنفسه الربوبيةَ، فأبطلَ الخليلُ (عليه السلام) دليلَه، وبيَّن كثرةَ جَهْلِه، وقِلَّةَ عَقْلِه، وألجمَه الحُجَّة، وأوضحَ له طريقَ المحجَّة. قال المفسرون وغيرُهم من علماء النسب والأخبار: وهذا المَلكُ هو مَلِكُ بابلَ، واسمُه النمرود بن كنعانَ بن كوش بن سام بن نوح، قاله مجاهد (٢) . وقال غيرُه (٣) : نمرود بن فالح بن عابر بن شالخ بن أرفخشذ بن سام بن نوح. قال مجاهد (٤) وغيره: وكان أحدَ ملوك الدنيا، فإنه قد ملك الدنيا فيما ذكروا أربعة، مؤمنان وكافران، فالمؤمنان: ذو القَرْنين وسُليمان. والكافران: النمرود وبختنصر. وذكروا أن نمرودَ هذا استمرَّ في ملكه أربعمئة سنة، وكان قد طغى وبغى، وتجبَّر وعتى وآثر الحياةَ الدنيا. ولما دعاه إبراهيمُ الخليلُ إلى عبادة اللّه وحدَه لا شريكَ له، حملَه الجهلُ والضَّلالُ وطولُ الآمالِ على إنكار الصانع، فحاجَّ إبراهيمَ الخليلَ في ذلك، وادَّعى لنفسه الربوبية، فلما قال الخليل: ﴿رَبِّيَ الَّذِي يُحْيِي وَيُمِيتُ قَالَ أَنَا أُحْيِي وَأُمِيتُ﴾ [البقرة: ٢٥٨] . قال قتادة والسُّدِّي ومحمد بن إسحاق: يعني أنه إذا أُتي بالرجلين قد تحتَّم قَتْلُهما، فإذا أمرَ بقتل أحدهما وعفا عن الآخر، فكأنَّه قد أحيا هذا وأمات الآخر (٥) . وهذا ليس بمعارضة للخليل، بل هو كلام خارجيٌّ عن مقام المناظرة، ليس بمنع ولا بمعارضة، بل
(١) أخرجه ابن ماجة (٣٢٣١) في الصيد، وهو حديث حسن. (٢) تفسير الطبري (٣/ ٢٥) وذكره السيوطي في الدر المنثور (٢/ ٢٥). (٣) تفسير الطبري (٣/ ٢٥). (٤) أخرجه ابن جرير في تفسيره (٣/ ٢٧) وذكره السيوطي في الدر المنثور (٢/ ٢٥). (٥) تفسير الطبري (٣/ ٢٧) والدر المنثور (٢/ ٢٥).

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