Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait (quelque chose) dans son fouet. Il voyagea donc une nuit, monté sur son cheval, jusqu’à ce qu’il atteigne le cimetière, où il fut pris de somnolence. Il raconta : « Je vis alors que chaque occupant de ces tombes était assis sur sa propre tombe. L’un d’eux s’écria : “Voici Muṭarrif, il vient le vendredi.” Je leur dis : “Et savez-vous donc, là où vous êtes, quel jour se trouve être le vendredi ?” Ils répondirent : “Oui, et nous savons aussi ce que disent les oiseaux en ce jour.” Je repris : “Et qu’est-ce qu’elles disent ?” Ils déclarèrent : “Elles disent : ‘Ô Seigneur, accorde la paix, accorde la paix ! C’est un jour béni.’” (1)

Quant à son invocation (que la paix soit sur lui) contre eux en vue de leur infliger le déluge – défini selon certains comme une mort foudroyante – ainsi que les signes qui suivirent, la sécheresse et la famine, tout ceci visait à les faire revenir à l’obéissance et à les dissuader de le contredire. Mais cela ne fit que renforcer leur grande arrogance. Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Nous ne leur montrions pas un signe qui ne fût plus grand que le précédent. Et Nous les saisîmes par le châtiment afin qu’ils reviennent (au droit chemin). Et ils dirent : “Ô magicien ! Implore pour nous ton Seigneur en vertu de l’alliance qu’Il a conclue avec toi, car nous sommes assurément bien-guidés.” » (Az-Zukhruf, 48-49)

« Et ils dirent : “Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler par lui, nous ne croirons point en toi.” Nous alors envoyâmes contre eux le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang : des signes explicites. Mais ils s’enorgueillirent et étaient un peuple criminel. Et quand le fléau s’abattait sur eux, ils disaient : “Ô Moïse ! Invoque pour nous ton Seigneur en vertu de ce qu’Il t’a promis. Si tu éloignes de nous ce fléau, nous croirons certainement en toi, et nous laisserons partir avec toi les Enfants d’Israël.” Puis, quand Nous eûmes écarté d’eux le fléau, jusqu’au terme qu’ils devaient atteindre, voilà qu’ils rompaient leur engagement. Aussi Nous Nous vengeâmes d’eux et les noyâmes dans la mer parce qu’ils avaient traité Nos signes de mensonge et les avaient négligés. » (Al-Aʿrâf, 132-136)

Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) invoqua aussi contre Quraysh lorsqu’ils s’obstinèrent dans leur opposition, pour qu’ils subissent une période de sept années semblable à celle de Joseph. Ils furent alors frappés de sécheresse au point de n’avoir plus rien à manger et l’un d’entre eux voyait entre lui et le ciel comme une fumée, à cause de la faim.

Ibn Masʿūd a expliqué le verset suivant : « Attends donc le jour où le ciel apportera une fumée visible » (Ad-Dukhān, 10) comme faisant référence à ce phénomène, selon ce que rapporte Al-Bukhārī (2) à plusieurs endroits de son Ṣaḥīḥ. Ensuite, ils cherchèrent à se faire recommander auprès de lui – que les prières et le salut de Dieu soient sur lui – en faisant valoir leur lien de parenté avec lui, alors même qu’il fut envoyé par miséricorde et compassion. Il invoqua donc en leur faveur, et le châtiment cessa ; ils furent ainsi sauvés alors qu’ils étaient tout proches de la ruine.

Pour ce qui est de la mer fendue pour Moïse (sur lui la paix), lorsque Dieu – Exalté soit-Il – lui ordonna de frapper la mer avec son bâton, au moment où les deux armées se faisaient face, et que l’eau se sépara en deux parties s’élevant chacune comme une énorme montagne, cela constitua un miracle saisissant, une preuve irréfutable et éclatante. Nous avons traité ce sujet en détail dans notre tafsīr (exégèse) ainsi que dans la section consacrée aux récits des prophètes de cet ouvrage (3).

Enfin, le fait que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) pointa sa noble main vers la Lune et qu’elle se fendit en deux, conformément à la demande émise par Quraysh alors qu’ils étaient assis avec lui lors d’une nuit de pleine lune, est une preuve magistrale, un signe parmi les plus éclatants, un argument d’une clarté indéniable et une attestation manifeste de sa prophétie et de sa haute considération auprès de Dieu.

(1) Rapporté par Ahmad dans « Az-Zuhd » (n° 246), par Abû Nuʿaym dans « Al-Ḥilya » (2/205), et mentionné par Al-Dhahabî dans « As-Siyar » (4/193). Il est dit : tu dis « Salâm, salâm depuis l’époque de Ṣāliḥ ». Le sens de « yabdū » est qu’il sort vers la badiyya (le désert), et « hawwama bihi » signifie qu’il secoua la tête à cause de la somnolence, ou qu’il dormit légèrement. (2) Rapporté par Al-Bukhârî (n° 4544) dans le Tafsîr, chapitre de l’interprétation de la sourate Ḥûm (Ad-Dukhân), ainsi que dans les hadiths n° 962 et 974 relatifs à la prière de la pluie (Al-Istisqâ). (3) Voir le livre « Qiṣaṣ al-Anbiyâʾ » de l’auteur.
له في سوطه، فأدلجَ ذاتَ ليلةٍ وهو على فرسه، حتَّى إذا كان عند المقابر هوَّم به، قال: فرأيتُ صاحبَ كل قبرٍ جالسًا على قبره، فقال: هذا مُطَرِّفٌ يأتي الجمعةَ، فقلتُ لهم: وتعلمونَ عندَكم يومَ الجمعة؟ قالوا: نعم، ونعلم ما تقولُ فيه الطَّيرُ، قلتُ: وما تقول فيه الطير؟ قالوا: تقول: ربِّ سَلِّم سَلِّم، يومٌ صالح (١) . وأما دعاؤه (عليه السلام) عليهم بالطُّوفان، وهو الموت الذريع في قول، وما بعدَه من الآيات، والقحْط والجَدْب، فإنما كان ذلك لعلَّهم يرجعون إلى متابعته ويُقلعون عن مخالفته، فما زادهم إلا طُغيانًا كبيرًا، قال الله تعالى: ﴿وَمَا نُرِيهِمْ مِنْ آيَةٍ إِلَّا هِيَ أَكْبَرُ مِنْ أُخْتِهَا وَأَخَذْنَاهُمْ بِالْعَذَابِ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ (٤٨) وَقَالُوا يَاأَيُّهَ السَّاحِرُ ادْعُ لَنَا رَبَّكَ بِمَا عَهِدَ عِنْدَكَ إِنَّنَا لَمُهْتَدُونَ﴾ [الزخرف: ٤٨ - ٤٩] ﴿وَقَالُوا مَهْمَا تَأْتِنَا بِهِ مِنْ آيَةٍ لِتَسْحَرَنَا بِهَا فَمَا نَحْنُ لَكَ بِمُؤْمِنِينَ (١٣٢) فَأَرْسَلْنَا عَلَيْهِمُ الطُّوفَانَ وَالْجَرَادَ وَالْقُمَّلَ وَالضَّفَادِعَ وَالدَّمَ آيَاتٍ مُفَصَّلَاتٍ فَاسْتَكْبَرُوا وَكَانُوا قَوْمًا مُجْرِمِينَ (١٣٣) وَلَمَّا وَقَعَ عَلَيْهِمُ الرِّجْزُ قَالُوا يَامُوسَى ادْعُ لَنَا رَبَّكَ بِمَا عَهِدَ عِنْدَكَ لَئِنْ كَشَفْتَ عَنَّا الرِّجْزَ لَنُؤْمِنَنَّ لَكَ وَلَنُرْسِلَنَّ مَعَكَ بَنِي إِسْرَائِيلَ (١٣٤) فَلَمَّا كَشَفْنَا عَنْهُمُ الرِّجْزَ إِلَى أَجَلٍ هُمْ بَالِغُوهُ إِذَا هُمْ يَنْكُثُونَ (١٣٥) فَانْتَقَمْنَا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْنَاهُمْ فِي الْيَمِّ بِأَنَّهُمْ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا وَكَانُوا عَنْهَا غَافِلِينَ﴾ [الأعراف: ١٣٢ - ١٣٦] وقد دعا رسولُ الله ﷺ على قريش حين تمادوا في مخالفته بسبعٍ كَسَبْعِ يوسفَ، فقُحطوا حتَّى أكلوا كلَّ شيء، وكان أحدُهم يرى بينَه وبين السماء مثل الدُّخَان من الجوع. وقد فسَّرَ ابن مسعود قوله تعالى: ﴿فَارْتَقِبْ يَوْمَ تَأْتِي السَّمَاءُ بِدُخَانٍ مُبِينٍ﴾ [الدخان: ١٠] بذلك، كما رواه البخاري (٢) عنه في غير ما موضع من صحيحه. ثم توَسَّلوا إليه، صلوات الله وسلامه عليه، بقرابتِهم منه مع أنه بُعث بالرحمة والرأفة، فدعا لهم، فأقلعَ عنهم، ورُفع عنهم العذاب، وأحيوا بعدما كانوا أَشرفوا على الهلكة. وأما فَلْقُ البحر لمُوسى (عليه السلام) حينَ أمرَه الله تعالى - حين تَراءى الجمعان - أن يضربَ البحرَ بعصاه فانفلقَ فكان كلُّ فِرْقٍ كالطَودِ العظيم، فإنه معجزةٌ عظيمة باهرة، وحُجَّةٌ قاطعة قاهرة، وقد بسطنا ذلك في التفسير وفي قصص الأنبياء من كتابنا (٣) هذا. وفي إشارته ﷺ بيده الكريمة إلى قمرِ السَّماء فانشقَّ القمرُ فِلْقَتَين وَفقَ ما سألَه قريش، وهم معه جلوسٌ في ليلة البدر، أعظمُ آية، وأيمنُ دلالة، وأوضحُ حجَّة، وأبهرُ بُرهانٍ على نبوته وجاهه عند الله
(١) رواه أحمد في الزهد (٢٤٦) وأبو نُعيم في الحلية (٢/ ٢٠٥) وذكره الذهبي في السِّير (٤/ ١٩٣) وفيه: تقول: سلام سلام من يوم صالح. ومعنى "يبدو": يخرج إلى البادية، و "هوَّمَ به": هزَّ رأسه من النعاس، أو نام نومًا خفيفًا. (٢) رواه البخاري (٤٥٤٤) في التفسير، باب تفسير سورة حم (الدخان) و (٩٦٢) و (٩٧٤) في الاستسقاء. (٣) انظر كتاب قصص الأنبياء للمؤلف.

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