Nous leur avons dit : « Il est vrai que Muhammad (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) a reçu quelque chose de plus excellent que cela : une lumière qui se manifestait à sa droite et à sa gauche, là où il s’asseyait ou se levait, et que tous pouvaient voir. Cette lumière demeure jusqu’au Jour de la Résurrection. Ne vois-tu pas la lumière éclatante que l’on aperçoit au-dessus de son tombeau (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) à une distance équivalant à une journée et une nuit de marche ? » Tels sont ses propos. Or, ce qu’il a rapporté au sujet de cette lumière est très étonnant.
Nous avons déjà mentionné, dans le récit de la Sîra, l’histoire de la conversion de Tufayl ibn ‘Amr ad-Dawsî. Il avait demandé au Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) un signe qui aiderait son peuple à embrasser l’islam. Le Prophète pria en sa faveur et Tufayl retourna auprès des siens. Lorsque, de sa demeure, il apparut devant eux, une lumière brilla entre ses deux yeux comme une lampe. Il s’exclama : « Ô Dieu, pas à cet endroit, car ils croiraient que c’est une difformité ! » Alors la lumière passa à l’extrémité de son fouet, et les gens l’observaient comme on regarderait une lampe. Grâce à la bénédiction du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) et à son invocation pour eux – « Ô Dieu, guide (la tribu de) Daws, et amène-les » (1) – ils se convertirent par son intermédiaire. Tufayl fut dès lors surnommé « celui qui porte la lumière ».
Il est aussi fait mention du récit d’Usayd ibn Hudayr et de ‘Abbâd ibn Bishr, qui sortirent de chez le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) par une nuit obscure. L’extrémité du bâton de l’un d’eux s’illumina. Lorsqu’ils se séparèrent, l’extrémité du bâton de chacun d’eux brilla à son tour. Ce récit est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî (2) et ailleurs.
Abû Zur‘a ar-Râzî a d’ailleurs indiqué dans son ouvrage « Dalâ’il an-Nubuwwa » : « Sulaimân ibn Harb nous a relaté : Hammad ibn Salama nous a relaté, d’après Thâbit, qui le tenait d’Anas ibn Mâlik, que ‘Abbâd ibn Bishr et Usayd ibn Hudayr sortirent de chez le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) par une nuit extrêmement sombre (hindas). Alors le bâton de l’un d’eux s’illumina comme une lampe, et ils marchèrent à sa clarté. Lorsqu’ils se séparèrent pour rejoindre chacun sa demeure, le bâton de chacun d’eux se mit à briller. »
Il rapporta ensuite, d’après Ibrâhîm ibn Hamza ibn Muhammad ibn Hamza ibn Mus‘ab ibn az-Zubayr ibn al-‘Awwâm et d’après Ya‘qûb ibn Humayd al-Madanî, tous deux tenant de Sufyân ibn Hamza, de Kathîr ibn Zayd, de Muhammad ibn Hamza ibn ‘Amr al-Aslamî, d’après son père, qui raconta : « Nous partîmes en expédition avec le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) par une nuit très sombre (dihmisa). Alors mes doigts se mirent à briller, au point que ceux qui m’accompagnaient se regroupèrent autour de moi et furent préservés. Mes doigts continuaient de rayonner » (4).
Enfin, Hishâm ibn ‘Ammâr rapporte dans son ouvrage “al-Mab‘ath” : « ‘Abd al-A‘lâ ibn Muhammad al-Bakrî nous transmit le récit suivant : Ja‘far ibn Sulaymân al-Basrî nous raconta, d’après Abû at-Tayyâh ad-Dab‘î : “Il arrivait que Mutarrif ibn ‘Abd Allâh, qui passait de longues périodes à la campagne, rentrât chaque vendredi. Il advint parfois que la lumière se manifestât en lui.” »