Il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs qu’il a confirmé la possibilité de la vision (du Seigneur), et également qu’il l’a réfutée, ces deux positions se trouvant dans le recueil de hadiths Sahîh Muslim (1). Il est aussi rapporté dans les deux Sahîh (2) qu’‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) a rejeté cette vision.
Nous avons exposé, à propos de l’Isrâ’, que selon Ibn Mas‘ûd, Abû Hurayra, Abû Dharr et ‘Â’isha (qu’Allah les agrée), l’être qui fut vu lors des deux occurrences mentionnées au début de la sourate an-Najm n’était autre que Jibrîl (qu’Allah l’élève en honneur). Par ailleurs, dans le Sahîh Muslim, Abû Dharr rapporte avoir demandé : « Ô Messager d’Allah ! As-tu vu ton Seigneur ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « C’était (de la) Lumière, comment pourrais-je Le voir ? » (3). Dans une autre version, il est dit : « J’ai vu une Lumière » (4).
Nous avons déjà développé ce sujet dans le récit de l’Isrâ’, tel qu’il est relaté dans la Sîra, ainsi que dans le Tafsîr, au début de la sourate Banî Isrâ’îl. C’est aussi ce qu’a évoqué notre Cheikh au sujet des miracles conférés à Moïse, sur lui la meilleure des prières et la plus pure des salutations.
Par ailleurs, Allah – qu’Il soit exalté – parla à Moïse au mont Sînâ, et celui-ci demanda à Le voir mais s’en trouva empêché. Il s’adressa également à Muhammad (ﷺ) la nuit de l’Isrâ’, alors qu’il se trouvait dans la plus haute assemblée céleste, moment où il fut élevé à un rang lui permettant d’entendre le grincement des plumes. Selon une large partie des savants parmi les Anciens et les Modernes, il lui fut alors accordé une vision, et Allah est plus savant. Ensuite, j’ai constaté qu’Ibn Hâmid avait abordé ce point dans son livre, et qu’il l’avait commenté de manière éclairante et pertinente. Ibn Hâmid a dit :
« Allah – qu’Il soit exalté – dit à Moïse : “Et J’ai répandu sur toi une affection de Ma part” (Tâ-Hâ, 39). Et Il dit à Muhammad : “Dis : Si vous aimez (vraiment) Allah, suivez-moi. Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.” (Âl ‘Imrân, 31). »
Quant à la main qu’Allah a érigée en preuve pour Moïse contre Pharaon et son peuple—comme Allah – qu’Il soit exalté – l’a dit après avoir mentionné la transformation du bâton en un serpent vivant : « Introduis ta main dans l’ouverture de ta tunique, elle en sortira blanche, sans aucun mal ; puis ramène ton bras contre toi pour calmer (ta crainte). Voilà deux preuves de ton Seigneur pour Pharaon et ses notables » (Al-Qasas, 32) — Il est aussi dit dans la sourate Tâ-Hâ : « (Voilà) un autre signe (22), afin que Nous te montrions (ainsi) parmi Nos plus grands signes » (Tâ-Hâ, 22-23).
De même, Allah accorda à Muhammad (ﷺ) le miracle de la lune qui se fendit en deux à son simple geste : une partie derrière la montagne de Hirâ’, et l’autre devant, comme cela a été éclairé par les hadiths reçus par voie multiple (mutawâtir). On lit à ce propos dans le Coran : « L’Heure approche et la lune s’est fendue (1) ; et s’ils voient un signe, ils s’en détournent, disant : “C’est une magie persistante.” » (Al-Qamar, 1-2). Il ne fait aucun doute que ce miracle-là est plus grand, plus éclatant et plus manifeste que celui de la main blanche (de Moïse).
K‘ab ibn Mâlik, relatant son long récit sur sa repentance, dit : « Quand le Messager d’Allah (ﷺ) était heureux, son visage rayonnait au point de ressembler à un morceau de lune. » Ce hadith se trouve dans le recueil de l’imam al-Bukhârî (5). Ibn Hâmid a aussi ajouté : « Ils disent que Moïse reçut la “main blanche”… »