Quant au mensonge, on le tient pour établi d’une manière générale. En ce qui concerne le fait de donner le choix au tronc, comme l’a mentionné notre maître, cela n’est pas mutawâtir et la chaîne de transmission n’en est même pas authentique.
Je l’ai cependant rapporté dans les Dalâʾil d’après Ubayy ibn Kaʿb. Il est aussi cité dans le Musnad de l’imam Aḥmad et dans les Sunan d’Ibn Mâjah. Quant au hadith d’après Anas, il est relaté par cinq chaînes différentes : At-Tirmidhî en a authentifié l’une, Ibn Mâjah en rapporte une autre, Aḥmad une troisième, Al-Bazzâr une quatrième et Abû Nuʿaym une cinquième. Celui d’après Jâbir ibn ʿAbd Allâh figure dans le Ṣaḥîḥ d’Al-Bukhârî par deux voies différentes, et Al-Bazzâr le rapporte par une troisième et une quatrième, Aḥmad par une cinquième et une sixième (ces deux dernières répondent aux conditions de Muslim). Quant à Sahl ibn Saʿd, il est mentionné dans le Muṣannaf d’Ibn Abî Shaybah selon une chaîne répondant aux conditions des deux Ṣaḥîḥ. Ibn ʿAbbâs le rapporte dans le Musnad de l’imam Aḥmad et dans les Sunan d’Ibn Mâjah par une chaîne de transmission conforme aux conditions de Muslim. Ibn ʿUmar le rapporte dans le Ṣaḥîḥ d’Al-Bukhârî, et Aḥmad le cite par une autre voie d’après ce même Ibn ʿUmar. Abû Saʿîd le raconte dans le Musnad de ʿAbd ibn Ḥumayd selon une chaîne conforme aux conditions de Muslim, et Abû Yaʿlá al-Mawṣilî en présente une autre voie. ʿÂʾishah, quant à elle, le rapporte — selon l’hâfiẓ Abû Nuʿaym — par la chaîne de ʿAlî ibn Aḥmad al-Jawrubî, d’après Qabîṣah, d’après Ḥabbân ibn ʿAlî, d’après Ṣâliḥ ibn Ḥabbân, d’après ʿAbd Allâh ibn Buraydah, d’après ʿÂʾishah, qui relate alors tout le hadith : il y est dit que le tronc fut invité à choisir entre ce monde et l’Au-delà, et il opta pour l’Au-delà ; il se creusa alors (dans le sol) au point de disparaître, et l’on ne sut plus où il se trouvait. Ce récit, toutefois, est singulier tant par sa chaîne que par son texte. Quant à Umm Salamah, Abû Nuʿaym l’a également rapporté par une chaîne solide.
(1) Il a déjà été question plus haut de ces hadiths, avec le détail de leurs chaînes de transmission, la précision de leurs formules et leur attribution aux différentes sources, d’une manière telle qu’il est inutile de les répéter ici. Quiconque les étudie attentivement en sera pleinement convaincu, louange et grâce en reviennent à Dieu.
Le qâḍî ʿIyâḍ ibn Mûsâ as-Sabtî al-Mâlikî a déclaré dans son ouvrage “Ash-Shifâ” (2) : « C’est un hadith connu et mutawâtir, rapporté par les auteurs de recueils authentiques, et transmis par une quinzaine de Compagnons, parmi lesquels : Ubayy, Anas, Buraydah, Jâbir, Sahl ibn Saʿd, Ibn ʿAbbâs, Ibn ʿUmar, Al-Muṭṭalib ibn Abî Wadâʿah, Abû Saʿîd et Umm Salamah (qu’Allâh soit satisfait d’eux tous). »
Notre maître a commenté : « Voilà des objets inanimés et des plantes qui ont repris vie et se sont mises à parler, ce qui équivaut en quelque sorte à l’inversion du bâton en serpent. »
J’ajoute : Nous y ferons allusion lors de l’évocation des miracles de ʿÎsâ — sur lui la paix — lorsqu’il ressuscitait les morts avec la permission de Dieu, comme le rapporte Al-Bayhaqî, d’après Al-Ḥâkim, lui-même d’après Abû Aḥmad ibn Abî Ḥusayn, d’après ʿAbd Ar-Raḥmân ibn Abî Ḥâtim, d’après son père, d’après ʿAmr ibn Sawâd, qui raconta : « Ash-Shâfiʿî me dit : “Dieu n’a accordé à aucun Prophète ce qu’Il a accordé à Muḥammad ﷺ.” » Je lui dis