Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«— Ô Malik, malheur à toi ! Que t’arrive-t-il ?» Il leur rapporta alors ce qu’il avait vu.

Le Prophète (ﷺ) dit : « S’il s’était avancé, les anges l’auraient saisi membre après membre. »

De même, la nuit de l’Hégire, lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) sortit tandis qu’ils l’épiaient sur son seuil et le long de sa route, ils avaient envoyé à sa demeure des hommes pour le surveiller afin qu’il ne pût s’échapper ; s’ils l’apercevaient, ils le tueraient. Il ordonna alors à ‘Alî, qu’il soit satisfait de lui, de s’allonger à sa place, puis il sortit devant eux alors qu’ils étaient assis. Il se mit à saupoudrer de poussière la tête de chacun d’eux, en disant : « Shâhat el-wujûh (1) », puis il s’en alla sans qu’ils ne le vissent. Il rejoignit ainsi Abou Bakr As-Siddîq dans la grotte de Thawr, comme nous l’avons déjà relaté dans la Sîra.

Nous avons également mentionné que l’araignée tissa sa toile à l’entrée de la grotte afin que Dieu leur voilât l’endroit où se trouvait le Prophète (ﷺ). D’après le hadith authentique, Abou Bakr (qu’il soit satisfait de lui) déclara : « Ô Messager de Dieu ! Si l’un d’eux baissait seulement les yeux vers l’emplacement de ses pieds, il nous verrait », et le Prophète (ﷺ) répondit : « Ô Abou Bakr, que penses-tu de deux hommes dont Dieu est le troisième ? (2) » À ce sujet, un poète déclara : « Le tissage de David n’a pas protégé le compagnon de la grotte / Et c’est l’araignée qui en tira toute la gloire. »

Pareillement, le Prophète (ﷺ) fut préservé de Sourâqa ibn Mâlik ibn Ju‘chum lorsqu’il se lança à leur poursuite : les pattes de son cheval s’enfoncèrent en terre au point qu’il demanda à bénéficier de la protection du Prophète, comme nous l’avons déjà détaillé dans le récit de l’Hégire.

Ibn Hâmid rapporte dans son ouvrage que, tout comme Abraham (que la paix soit sur lui) avait accepté d’égorger son fils en totale soumission à l’ordre de Dieu, de même le Messager de Dieu (ﷺ) offrit sa vie à la mort le jour de la bataille d’Uhud et en d’autres occasions, si bien que l’ennemi atteignit sa personne et lui causa des blessures, lui fendant le crâne et lui brisant la dent incisive inférieure droite, ainsi qu’il est détaillé dans la Sîra.

Il poursuivit en disant : « Ils affirment qu’Abraham (que la paix soit sur lui) fut jeté dans le feu par son peuple et que Dieu la rendit fraîcheur et salut. Nous disons : le Messager de Dieu (ﷺ) reçut un semblable prodige lorsqu’à Khaybar, une femme de la localité l’avait empoisonné. Or, ce poison fut transformé en son intérieur en fraîcheur et en salut jusqu’à ce que son terme (ﷺ) fût arrivé. Pourtant le poison, lorsqu’il pénètre le corps, le brûle comme le ferait le feu. » J’ajoute que nous avons déjà rapporté ce hadith à propos de la conquête de Khaybar, ce qui appuie cette interprétation : Bichr ibn Al-Barâ’ ibn Ma‘rour mourut rapidement de ce mouton empoisonné, et la patte de l’animal informa alors le Messager de Dieu (ﷺ) qu’elle contenait du poison. Lui (ﷺ) en avait déjà goûté un morceau, et l’on avait délibérément concentré le poison dans cette partie, les empoisonneurs sachant qu’il (ﷺ) aimait l’épaule de l’agneau. Toutefois, par la permission de Dieu (– glorifié soit Sa majesté –), le poison intérieur ne lui fit aucun mal jusqu’à l’expiration de son délai ; on rapporte qu’il ressentit à ce moment-là la douleur de ce poison ingéré à Khaybar (ﷺ).

Nous avons également mentionné, dans la biographie de Khâlid ibn Al-Walîd Al-Makhzûmî, conquérant du Bilâd Ash-Shâm, qu’on lui présenta un poison qu’il but devant ses ennemis pour les effrayer, sans en ressentir le moindre mal, qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde.

Puis Abou Nu‘aym déclara : « Si l’on objecte qu’Abraham (que la paix soit sur lui) affronta Nemrod en faisant valoir la preuve de sa prophétie et le rendit ainsi confus, il est dit dans le Coran : ﴿فَبُهِتَ﴾ (“il fut confondu”). »

(1) Dans la Sira prophétique ; d'après Ibn Hichâm (1/628), le Prophète ﷺ a dit cela lors de la bataille de Badr. (2) Rapporté par Ahmad dans son Musnad (1/4), Al-Bukhârî dans son Sahîh (3653) dans les mérites des compagnons, et Muslim dans son Sahîh (2381) dans les mérites des compagnons.
مالكَ، ويحَك؟ فأخبرَهم بما رأى. وقال النبي ﷺ : "لو تقدَّمَ لاختطفته الملائكة عضوًا عضوًا" . وكذلك لما خرجَ رسولُ الله ﷺ ليلة الهجرة وقد أرصدوا على مدرجته وطريقه، وأرسلوا إلى بيته رجالًا يحرسونه لئلا يخرجَ، ومتى عاينوه قتلوه، فأمرَ عليًّا فنامَ على فراشه، ثم خرجَ عليهم وهم جلوس، فجعل يذرُّ على رأس كلِّ إنسان منهم ترابًا، ويقول: "شاهتِ الوجود (١) " ثم خرجَ ولم يروه، حتَّى صارَ هو وأبو بكر الصِّدِّيق إلى غار ثَورٍ، كما بسطنا ذلك في السيرة. وكذلك ذكرنا أن العنكبوت سدَّ على باب الغار؛ ليُعَمِّيَ الله عليهم مكانَه، وفي الصحيح: أنَّ أبا بكر قال: يا رسولَ الله! لو نظرَ أحدُهم إلى موضع قدميه لأبصرنَا، فقال: "يا أبا بكر! ما ظنَّك باثنين الله ثالثهما؟ " (٢) وقد قال بعض الشعراء في ذلك: نَسجُ داودَ ما حَمَى صاحِبَ الغا … رِ وَكانَ الفَخَارُ لِلعَنْكَبُوتِ وكذلك حُجبَ ومُنعَ مِن سراقةَ بن مالكِ بن جُعشُم حين اتَّبعَهم، بسقوط قوائم فرسه في الأرض، حتى أخذ منه أمانًا، كما تقدَّم بَسطُه في الهجرة. وذكر ابنُ حامدٍ في كتابه في مقابلة إضجاع إبراهيم (عليه السلام) ولدَه للذبح مُستسلمًا لأمر الله تعالى، ببذل رسول الله ﷺ نَفسَه للقتل يومَ أُحد وغيره حتَّى نالَ منه العدو ما نالوا، من هَشم رأسه، وكَسْر ثنيَّته اليُمنى السُّفلى، كما تقدَّم بسطُ ذلك في السيرة. ثم قال: قالوا كان إبراهيمُ (عليه السلام) ألقاه قومُه في النَّار فجعلَها الله بردًا وسلامًا، قلنا: وقد أُوتي رسولُ الله ﷺ مثلَه، وذلك أته لما نزل بخيبر سمَّته الخيبريةُ، فصيَّر ذلك السُّمَّ في جوفه بردًا وسلامًا إلى مُنتهى أجلهِ، والسُّمُّ يحرقُ إذ يستقرُّ في الجوف - كما تحرقُ النَّارُ. قلت: وقد تقدَّمَ الحديثُ بذلك في فتح خيبرَ، يُؤَيِّدُ ما قالَه أن بِشْرَ بن البَراء بن مَعرور مات سريعًا من تلك الشاة المسمومة، وأخبرَ ذراعُها رسولَ الله ﷺ بما أُودعَ فيه من السُّمِّ، وكان قد نَهَشَ منه نَهْشَة، وكان السُّمُّ فيه أكثر، لأنهم كانوا يفهمون أنه ﷺ يُحبُّ الذراعَ، فلم يَضرَّه السُّمُّ الذي حصلَ في باطنه بإذن الله (عز وجل) ، حتى انقضى أجلُه ﷺ ، فذكرَ أنَّه وجدَ حينئذٍ من ألمِ ذلك السُّمَّ الذي كان في تلك الأكلة ﷺ . وقد ذكرنا في ترجمة خالد بن الوليد المَخزوميِّ، فاتحِ بلاد الشَّام، أنه أُتي بسُمٍّ فحثاه بحضرة الأعداء ليرهبَهم بذلك، فلم يرَ بأسًا، (رضي الله عنه) . ثم قال أبو نُعيم: فإن قيل: فإن إبراهيمَ خصمَ نمروذَ ببرهان نُبوَّتِه فَبَهَتَه، قال الله تعالى: ﴿فَبُهِتَ
(١) في السيرة النبوية؛ لابن هشام (١/ ٦٢٨) أن النبيَّ ﷺ قال ذلك في غزوة بدر. (٢) رواه أحمد في المسند (١/ ٤) والبخاري في صحيحه (٣٦٥٣) في فضائل الصحابة، ومسلم في صحيحه (٢٣٨١) في فضائل الصحابة.

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