Le Khalîl (Ibrahim) dit : « Éloigne-moi, ainsi que mes enfants, d’adorer les idoles » (Ibrâhîm, 35).
Et Dieu s’adressa au Bien-Aimé en disant : « Dieu ne veut que vous débarrasser de toute souillure, Ô gens de la Maison, et vous purifier pleinement » (Al-Aḥzâb, 33).
Le Khalîl (Ibrahim) dit encore : « Fais de moi l’un des héritiers du Jardin des délices » (Ash-Shu‘arâ’, 85), tandis que Dieu dit à Muḥammad : « En vérité, Nous t’avons accordé l’Abondance (al-Kawthar) » (Al-Kawthar, 1). Il est aussi fait mention d’autres choses.
Le ḥadith à venir dans le Ṣaḥîḥ de Muslim est rapporté d’après Ubayy ibn Ka‘b, selon lequel le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Certes, je tiendrai, au Jour de la Résurrection, une position telle que toute la création se tournera vers moi, y compris leur père, Ibrahim le Khalîl. » Cela prouve qu’il (le Prophète) est supérieur à lui, puisque ce dernier aura besoin de lui en cette situation. Cela montre aussi qu’Ibrahim est le meilleur de la création après lui. S’il y avait quelqu’un de meilleur qu’Ibrahim après le Prophète, il l’aurait mentionné.
Puis Abû Nu‘aym a dit : « S’il est objecté qu’Ibrahim (— sur lui la paix) fut protégé de Namroûdh par trois voiles, on répondra qu’il en fut ainsi, et que Muḥammad (ﷺ) fut protégé de ceux qui voulaient l’atteindre par cinq voiles. » Dieu le Très-Haut dit à son propos : « Et Nous avons placé devant eux une barrière, et derrière eux une barrière, et Nous les avons voilés, si bien qu’ils ne peuvent rien voir » (Yâ-Sîn, 9) : voilà trois voiles. Puis Il dit : « Et quand tu récites le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’au-delà un voile invisible » (Al-Isrâ’, 45). Puis encore : « Jusqu’au menton, si bien qu’ils sont raidis » (Yâ-Sîn, 8) : cela fait cinq voiles.
On rapporte la même chose, à l’identique, de la part du juriste Abû Muḥammad ibn Ḥâmid, et j’ignore lequel a repris l’idée de l’autre. Dieu le sait mieux.
Ce qu’il a dit est toutefois étrange : quant aux voiles qu’il attribue à Ibrahim (— sur lui la paix), je ne sais pas ce qu’elles sont. Comment cela alors qu’il fut jeté dans le feu dont Dieu le sauva ? Quant aux prétendus voiles que l’on déduit de ces versets, il a été dit qu’ils sont tous d’ordre moral et non matériel : en d’autres termes, ils ont été détournés de la vérité, qui ne parvient pas jusqu’à eux et ne touche pas leurs cœurs. Comme Dieu le Très-Haut l’a dit : « Ils disent : “Nos cœurs sont voilés contre ce à quoi tu nous appelles, nos oreilles sont sourdes, et entre nous et toi il y a un voile” » (Fussilat, 5). Nous avons éclairci ce point dans notre commentaire (Tafsîr).
Nous avons indiqué dans la Sîra et dans le Tafsîr qu’Oumm Jamîl, la femme d’Abû Lahab, quand fut révélé le chapitre la blâmant ainsi que son époux, annonçant leur entrée en Enfer et leur perte, vint avec une pierre allongée (fihr) pour lapider le Prophète (ﷺ). Elle arriva devant Abû Bakr, qui se trouvait auprès du Prophète (ﷺ), sans voir ce dernier. Elle dit alors à Abû Bakr : « Où est donc ton compagnon ? » Il répondit : « Qu’a-t-il ? » Elle répliqua : « Il m’a satirisée. » Il lui demanda : « Comment t’a-t-il satirisée ? » Elle s’exclama : « Par Dieu, si je le vois, je le frapperai de cette pierre ! » Puis elle repartit en disant : « Nous rejetons ce ‘Mudhammam’ (celui qu’elle dénigrait), nous haïssons sa religion. »
De même, il fut caché et préservé d’Abû Jahl lorsque celui-ci projeta de fouler la tête du Prophète (ﷺ) du pied pendant qu’il était en prosternation. Abû Jahl vit alors un vaste abîme de feu, un spectacle terrible et les ailes des anges s’interposant, si bien qu’il recula en marchant à reculons et se protégeant de ses mains. Les Quraysh lui dirent :