La parole au sujet de ce dont Ibrahim al-Khalil (que la paix soit sur lui) fut gratifié :
Cheikhunâ, l’éminent savant Abu al-Ma‘âlî Ibn al-Zamlakânî (que Dieu lui fasse miséricorde et arrose sa tombe de Sa grâce), a dit : « Quant à l’extinction du feu pour Ibrahim (que la paix soit sur lui), le feu s’est éteint pour notre Prophète Muhammad (ﷺ) lorsque le feu de Perse s’est éteint, alors qu’il ne s’était pas éteint depuis mille ans. Et ce fut à l’occasion de la naissance de notre Prophète (ﷺ), bien que cet événement se trouvât à plusieurs mois de distance. C’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on fait allusion à l’extinction du feu de Perse, la nuit de sa noble naissance. Nous l’avons mentionné avec ses chaînes de transmission et ses voies dans les premières pages de la Sîra (1), au moment de l’évocation de la naissance noble et purifiée (2), d’une manière suffisante et convaincante.
Puis Cheikhunâ dit : « De plus, il est arrivé que certains membres de cette communauté aient été jetés au feu, lequel ne leur causa aucun tort, et ce grâce à la bénédiction de notre Prophète Muhammad (ﷺ). Parmi eux, figure Abû Muslim al-Khawlânî. On raconte qu’al-Aswad ibn Qays al-‘Ansî était au Yémen. Il envoya chercher Abû Muslim al-Khawlânî et, lorsqu’il le fit comparaître, il lui demanda : “Attestes-tu que Muhammad est l’Envoyé de Dieu ?” Il répondit : “Oui.” Il reprit : “Attestes-tu que je suis l’envoyé de Dieu ?” Il dit : “Je n’entends pas.” Il interrogea de nouveau, et il répondit la même chose. Alors, il ordonna d’allumer un grand feu et on y jeta Abû Muslim, mais celui-ci n’en subit aucun mal. On dit alors à al-Aswad : “Si tu laisses cet homme dans ton pays, il va te corrompre tes partisans.” Il le contraignit donc à partir. Abû Muslim partit et arriva à Médine après que l’Envoyé de Dieu (ﷺ) eût quitté ce monde et qu’Abû Bakr lui eût succédé. Il entra dans la mosquée et pria près d’une colonne. ‘Umar l’aperçut et lui demanda : “D’où viens-tu ?” Il répondit : “Du Yémen.” ‘Umar reprit : “Qu’est-il advenu de l’ennemi de Dieu qui voulut brûler notre compagnon dans le feu, lequel ne lui causa aucun dommage ?” Il dit : “C’était ‘Abd Allâh ibn Thawb (3).” ‘Umar répliqua : “Je t’adjure par Dieu ! Est-ce bien toi ?” Il répondit : “Ô Dieu, oui.” Alors ‘Umar l’embrassa entre les deux yeux, l’emmena et le fit asseoir entre lui et Abû Bakr as-Siddîq. Il s’exclama : “Louange à Dieu qui ne m’a pas fait mourir avant que je ne voie, dans la communauté de Muhammad (ﷺ), quelqu’un à qui il est arrivé ce qui arriva à Ibrahim, l’ami du Miséricordieux (que la paix soit sur lui).” »
Ce récit, rapporté ainsi par notre Cheikh, est également attesté par le grand hadithologue Abû al-Qâsim Ibn ‘Asâkir (que Dieu lui fasse miséricorde) dans la biographie d’Abû Muslim ‘Abd Allâh ibn Thawb, dans son “Târîkh”, à travers plusieurs chaînes de transmission. Parmi elles, celle passant par ‘Abd al-Wahhâb ibn al-Ḍaḥḥâk, qui la tenait d’Ismâ‘îl ibn ‘Ayâsh al-Ḥimṣî : il m’a été rapporté par Sharḥabîl ibn Muslim al-Khawlânî que l’imposteur al-Aswad ibn Qays, appelé également Dhû al-Khimâr, s’était proclamé prophète au Yémen. Il fit venir Abû Muslim al-Khawlânî. Quand on l’amena devant lui, il lui demanda : “Attestes-tu que je suis l’envoyé de Dieu ?” Il répondit : “Je n’entends pas.” Il poursuivit : “Attestes-tu que Muhammad est l’Envoyé de Dieu ?” Il répondit : “Oui.” Et cela se répéta plusieurs fois. Puis, al-Aswad ordonna d’allumer une grande flambée, dans laquelle Abû Muslim fut alors jeté, sans qu’il en subisse le moindre préjudice. On dit alors à al-Aswad : “Bannis-le d’ici ou il va corrompre tes partisans.” Il l’expulsa donc, et Abû Muslim s’achemina vers Médine, où il arriva après le décès de l’Envoyé de Dieu (ﷺ) et l’intronisation d’Abû Bakr… et là, Abû Muslim mit pied à terre.