Il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs et de Sa‘îd ibn Jubayr qu’ils ont dit : « L’Ange de la pluie demandait : “À quel moment me donnera-t-on l’ordre d’envoyer la pluie ?” Mais l’ordre d’Allah fut plus prompt (1). »
[Allah, exalté soit-Il, dit :] « Nous avons dit : “Ô feu, sois fraîcheur et salut pour Abraham.” » (Sourate Al-Anbiyâ’, v. 69).
‘Alî ibn Abî Tâlib expliqua : « C’est-à-dire : ne lui cause aucun mal. » (2)
Ibn ‘Abbâs et Abû Al-‘Âliya ont dit : « N’eût été la Parole d’Allah “et salut pour Abraham”, le froid du feu l’aurait atteint. » Ka‘b Al-Ahbâr a raconté : « Les gens sur terre ne purent alors tirer profit d’aucun feu, et seuls ses liens furent brûlés (3). »
Ad-Dahhâk a dit : « On rapporte que Jibrîl (sur lui la paix) était avec lui et essuyait la sueur de son visage ; rien d’autre n’éprouva Abraham hormis cette sueur (4). » As-Suddî a ajouté : « Un Ange de l’ombre se trouvait aussi en sa compagnie (5). »
Abraham (sur lui la paix) resta dans une sorte d’enceinte entourée de feu, mais il se trouvait dans un jardin verdoyant. Les gens le regardaient sans pouvoir l’atteindre, tandis que lui ne sortait pas vers eux.
Abû Hurayra raconta qu’il avait dit : « La meilleure parole prononcée par le père d’Abraham fut lorsqu’il vit son fils dans cet état : “Quel excellent Seigneur que ton Seigneur, ô Abraham !” » (6)
Ibn ‘Asâkir rapporte, d’après ‘Ikrima, que la mère d’Abraham le remarqua et l’appela : « Ô mon fils, je veux m’approcher de toi ; invoque donc Allah pour qu’Il me préserve de la chaleur du feu autour de toi. » Il répondit : « Oui. » Elle s’approcha alors sans être atteinte par la chaleur, l’enlaça et l’embrassa, puis repartit (7).
Selon Al-Minhâl ibn ‘Amr, on rapporte qu’Abraham demeura ainsi quarante ou cinquante jours, et aurait dit : « Je n’ai jamais vécu de jours et de nuits plus agréables ; j’aurais aimé que toute mon existence s’y passe (8). » Que les prières et la paix d’Allah soient sur lui.
Ils voulurent triompher mais furent anéantis, s’élever mais s’abaissèrent, l’emporter mais échouèrent. Allah le Très-Haut dit : « Ils voulurent ruser contre lui, mais Nous fîmes d’eux les plus grands perdants » (Sourate Al-Anbiyâ’, v. 70), et dans un autre verset : « les plus humbles » (Sourate As-Sâffât, v. 98).