Voici une version du récit plus complète. Elle contient l’histoire de la femme à qui Dieu rendit son fils à la vie grâce à son invocation. Nous attirerons l’attention sur ce fait en lien avec les miracles du Messie, ‘Issa fils de Maryam, et sur tout ce qui lui est semblable, si Dieu le veut. Nous évoquerons également l’histoire d’al-‘Alā’ mentionnée ici et ce que nous lui rattacherons au sujet des miracles de Mûsâ (que la paix soit sur lui) dans l’épisode du fendre de la mer pour les Enfants d’Israël. Notre maître y a fait allusion dans ses propos les plus notables.
Un autre récit similaire à l’histoire d’al-‘Alā’ ibn al-Hadramî
Al-Bayhaqî rapporte dans son ouvrage « Dalâ’il » – et cela a déjà été mentionné – par la voie de Sulaymân ibn Mihrân al-A’mash, d’après certains de ses compagnons : « Nous sommes parvenus à la rivière du Tigre, qui était en crue avec les Perses de l’autre côté. Un homme parmi nous déclara : “Au nom de Dieu !” puis il poussa son cheval qui se mit à avancer sur l’eau. Les autres firent de même en disant : “Au nom de Dieu !” et leurs montures avancèrent également sur l’eau. À cette vue, les Perses s’exclamèrent : “Dîwân, Dîwân”, c’est-à-dire : “Ils sont fous !”, puis ils prirent la fuite. Nous ne perdîmes alors qu’une simple tasse accrochée à la selle d’un cheval. Lorsque nous fûmes sortis de l’eau, nous prîmes le butin et le partageâmes ; puis l’un d’eux disait : “Qui échangerait de l’or (as-safrâ’) contre de l’argent (al-bayḍâ’) (1) ?” »
Nous l’avons déjà mentionné dans « As-Sîra al-‘Umarîya » et les événements de cette époque, ainsi que dans le Tafsîr (2). On y relate que le premier à s’élancer dans le Tigre, ce jour-là, fut Abû ‘Ubayd ath-Thaqafî (3), le commandant des armées à l’époque de ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée). Il observa alors la rivière du Tigre puis récita la Parole de Dieu : « Et jamais une âme ne meurt si ce n’est par la permission de Dieu, selon un terme fixé » [Coran 3 : 145]. Puis il invoqua le Nom de Dieu et lança sa monture à l’eau, suivi par le reste de l’armée. Lorsque les Perses les virent faire cela, ils s’écrièrent : “Dîwânâ, Dîwânâ” (c’est-à-dire “Ils sont fous !”) et prirent la fuite. Les musulmans les poursuivirent, les mirent à mort et remportèrent un butin considérable.
[Un autre récit ressemblant à celui-ci]
Al-Bayhaqî rapporte également, par la voie d’Abû an-Nadr, d’après Sulaymân ibn al-Mughîra, qu’Abû Muslim al-Khawlânî arriva devant la rivière du Tigre en crue, charriant des troncs d’arbres. Il s’engagea à pied sur l’eau, se retourna vers ses compagnons et leur dit : « Avez-vous perdu quelque bien ? Si c’est le cas, invoquons Dieu. » Puis il conclut : « Cette chaîne de transmission est authentique (4). »