Et voici la bénédiction. C’est la fin de ce qui a été cité textuellement au sujet de Noûh (– paix sur lui –). L’histoire rapportée par notre maître a été mentionnée par le grand traditionniste Abou Bakr al-Bayhaqî dans son ouvrage « Dalâʾil », d’après la chaîne de transmission suivante : Abou Bakr ibn Abî ad-Dunyâ, d’Abou Kourayb, de Muhammad ibn Fudayl, de aṣ-Ṣalt ibn Maṭar al-ʿAjlî, de ʿAbd al-Malik, le neveu de Sahm, de Sahm ibn Minjâb, qui a dit : « Nous avons fait campagne avec al-ʿAlâʾ ibn al-Ḥaḍramî », puis il raconta l’épisode (1).
Al-Boukhârî l’a également rapportée dans son « At-Târîkh al-Kabîr » selon une autre chaîne de transmission. Al-Bayhaqî l’a aussi rapportée d’après Abou Hurayra (– qu'Allah soit satisfait de lui –), qui se trouvait aux côtés d’al-ʿAlâʾ et en fut témoin. Enfin, al-Bayhaqî l’a transmise d’après ʿÎsâ ibn Younous, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAwn, d’après Anas ibn Mâlik, lequel déclara : « J’ai constaté dans cette communauté trois faits qui, s’ils s’étaient produits chez les Enfants d’Israël, auraient été répartis entre les peuples [et en auraient fait un sujet d’étonnement] (2). » Nous lui demandâmes : « Quels sont-ils, Abou Ḥamza ? »
Il dit : « Nous nous trouvions dans la Ṣuffa auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Une femme émigrée arriva, accompagnée d’un fils déjà grand. Il dirigea la femme vers le groupe des femmes et son fils vers nous. Bientôt, le jeune homme fut atteint de l’épidémie de Médine ; il tomba malade pendant quelques jours, puis mourut. Le Prophète (ﷺ) ferma ses paupières et ordonna qu’on le prépare (pour l’inhumation). Lorsque nous voulûmes le laver, il dit : “Ô Anas ! Va trouver sa mère et informe-la.” Je m’exécutai. Elle vint et s’assit à ses pieds, les prit dans ses mains et pria ainsi : “Ô mon Dieu, je me suis soumise à Toi de mon plein gré, et j’ai délaissé les idoles ; ne me soumets donc pas à une épreuve dont je ne pourrais supporter le poids.” Par Dieu, à peine avait-elle fini sa prière qu’il bougea ses pieds, rejeta le drap recouvrant son visage et vécut jusqu’à ce que Dieu rappelât à Lui Son Messager (ﷺ), puis jusqu’à la mort de sa mère.
Anas poursuivit : « Ensuite, ʿOmar ibn al-Khaṭṭâb prépara une armée et désigna al-ʿAlâʾ ibn al-Ḥaḍramî à sa tête. Je pris part à cette expédition. Une fois arrivés sur le lieu de la bataille, nous constatâmes que l’ennemi avait eu vent de notre présence et fait disparaître toute source d’eau. La chaleur était étouffante, nous étions accablés par la soif, et nos montures aussi. C’était un vendredi. Quand le soleil pencha vers son couchant, il nous fit prier deux rakʿa, puis leva les mains vers le ciel, bien que nous n’y apercevions aucun nuage. Par Dieu, il n’avait pas encore abaissé ses mains que Dieu envoya un vent, fit apparaître des nuages et déversa une pluie qui remplit les creux et les lits de torrents. Nous pûmes alors boire, abreuver nos montures et faire provision d’eau.
Puis nous atteignîmes notre ennemi, qui avait déjà traversé un bras de mer menant à une île. Al-ʿAlâʾ se tint au bord de l’eau et invoqua : “Ô Très-Haut, ô Magnifique ! Ô Clément, ô Généreux !” Puis il dit : “Traversez au nom de Dieu !” Nous avons alors traversé un passage où l’eau ne dépassait même pas les sabots de nos montures. Ce temps fut bref ; nous avons attaqué l’ennemi à l’improviste, tué leurs guerriers, pris des captifs et remporté des butins. Ensuite, nous revînmes vers ce même bras de mer ; il répéta la même invocation, et nous avons à nouveau traversé sans que l’eau ne dépasse les sabots de nos montures.
Il rapporta ensuite la mort d’al-ʿAlâʾ et le fait qu’on l’enterra dans une terre qui ne garde pas les morts. Plus tard, ils crurent bon de l’exhumer pour le déplacer ailleurs, mais ne le trouvèrent pas dans la tombe ; la fosse brillait de lumière. Ils remirent donc la terre en place et s’en allèrent (3).