Ali al-Ansârî as-Simâkî – ainsi nommé par rattachement à Abou Dujâna al-Ansârî, Simâk ibn Aws ibn Kharasha al-Awsî – qu’Allah lui fasse miséricorde, fut sans conteste le maître des shaféites de son temps, connu sous le nom d’Ibn az-Zamlakânî – qu’Allah accorde Sa grâce à son âme. Il mentionna, vers la fin de son ouvrage, certains mérites du Messager d’Allah (ﷺ), et consacra à ce sujet un chapitre où il rassembla des choses dignes d’éloge, tout en signalant de nombreux bienfaits et points particuliers importants. Il laissa toutefois d’autres aspects louables que des imams antérieurs avaient déjà évoqués. Je n’ai pas constaté qu’il ait mené son exposé jusqu’au bout : soit un passage a disparu de son manuscrit, soit il n’a pas achevé son travail.
C’est alors que certains membres de son entourage parmi nos compagnons, dont la requête devait être honorée, m’ont demandé à plusieurs reprises de parachever, classer, organiser, peaufiner, enrichir et compléter ladite œuvre. J’ai donc consulté Allah le Très-Haut pendant un certain temps, avant de m’y atteler pour en retirer la récompense et le salaire auprès de Lui. J’avais entendu notre maître, l’imam, l’érudit, le grand spécialiste du ḥadith, Abou al-Ḥajjâj al-Mirrî – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporter que le premier à s’être exprimé sur ce thème fut l’imam Abou ‘Abdallah Muḥammad ibn Idrîs ash-Shâfi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Par ailleurs, l’historien du ḥadith Abou Bakr al-Bayhaqî – qu’Allah lui fasse miséricorde – raconte dans son livre Dalâ’il an-Nubuwa (1), d’après son maître al-Ḥâkim Abou ‘Abdallah : « Abou Aḥmad ibn Abî al-Ḥasan m’a informé, nous tenant lui-même d’Abd ar-Raḥmân ibn Abî Ḥâtim ar-Râzî, à partir de son père, qui relate qu’Amr ibn Suwwâd a déclaré : “ach-Châfi‘î a dit : ‘Allah n’a accordé à aucun prophète ce qu’Il a donné à Muḥammad (ﷺ).’ Je lui ai alors répondu : ‘Allah a pourtant accordé à ‘Îsâ le pouvoir de ressusciter les morts.’ Il répondit : ‘Allah a donné à Muḥammad (ﷺ) le tronc d’arbre qui se trouvait près de lui lorsqu’il prêchait, avant que ne fût construit le minbar (la chaire). Lorsque le minbar fut érigé, on entendit ce tronc gémir. Ceci est bien plus grand encore.’” » Telles sont ses paroles, qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le but en rapportant ce que nous évoquons dans ce chapitre est de souligner ce que Dieu a accordé à Ses prophètes (que la paix soit sur eux) comme signes évidents, miracles péremptoires et preuves lumineuses, et de montrer comment Dieu – exalté soit-Il – a rassemblé, pour Son serviteur et Son messager, le Maître et le Sceau des prophètes, toutes sortes de mérites et de signes, en plus de ce dont Il l’a gratifié, à nul autre donné avant lui, comme nous l’avons exposé dans ses prérogatives et ses qualités (ﷺ).
J’ai également trouvé un chapitre remarquable à ce propos dans l’ouvrage Dalâ’il an-Nubuwa du ḥâfiẓ Abou Nu‘aym Aḥmad ibn ‘Abdallah al-Iṣbahânî – un large recueil en trois volumes (2). Il y consacre en effet un chapitre à ce thème. Le juriste Abou Muḥammad ‘Abdallah ibn Ḥâmid l’a également mentionné dans son livre “Dalâ’il an-Nubuwa”, un ouvrage conséquent, estimable et riche en perles rares. De même, aṣ-Ṣarṣarî, le poète, inclut dans certains de ses poèmes quelques-uns de ces récits, comme on le verra.
Me voici donc, avec l’aide d’Allah, prêt à présenter de façon concise l’ensemble de ces extraits dispersés, en usant d’expressions les plus brèves et d’indications les plus succinctes. C’est Allah que nous invoquons à l’aide, en Lui nous plaçons toute notre confiance, et nul changement ni force ne sont possibles si ce n’est par Allah, le Très-Haut, l’Infiniment Grand.