Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils s’employèrent à défendre leur propre sottise et leur tyrannie, mais le Seigneur – Exalté soit-Il – les prit au piège, tout en élevant Sa parole, Sa religion et Sa preuve, comme Il l’a dit (Sourate al-Anbiyâ’, v. 68-70) : « Ils dirent : “Brûlez-le et secourez vos divinités, si vous agissez vraiment !” (68). Nous dîmes : “Ô feu, sois pour Abraham fraîcheur et salut !” (69). Ils voulurent le perdre par leur ruse, mais Nous les rendîmes les plus perdants (70). »

En effet, ils commencèrent à rassembler du bois de partout où ils le pouvaient, et poursuivirent cette collecte durant un certain temps, au point que si l’une de leurs femmes était malade, elle promettait, si elle guérissait, d’apporter du bois pour alimenter le feu destiné à Abraham. Ils creusèrent ensuite une grande fosse (1), y entassèrent tout ce bois, y mirent le feu qui s’embrasa, se propagea et s’éleva en produisant des flammes dont on n’avait jamais vu l’égal.

Ils placèrent alors Abraham (paix sur lui) dans le panier d’une catapulte (2), conçue par un homme kurde (3) nommé « Hîzan », le premier à avoir fabriqué ce type de machines. Dieu fit alors s’enfoncer cet homme dans la terre, où il continue de s’abîmer (4) jusqu’au Jour de la Résurrection. Ils ligotèrent et enchaînèrent Abraham, tandis que celui-ci répétait : « Il n’est de dieu que Toi, gloire à Toi ! A Toi la louange et à Toi la royauté, Tu n’as aucun associé. » Quand on le plaça, lié et entravé, dans la catapulte pour le précipiter dans le feu, il s’écria : « Dieu nous suffit, Il est le Meilleur garant. »

Al-Bukhârî (5) rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs, que ce dernier a dit : « “Dieu nous suffit, Il est le Meilleur garant.” C’est ce que prononça Abraham lorsqu’il fut jeté dans le feu, et ce que prononça aussi Muhammad quand on lui dit : “Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les !” Mais cela ne fit qu’augmenter leur foi et ils dirent : “Dieu nous suffit, Il est le Meilleur garant.” Puis ils s’en retournèrent comblés d’une grâce et d’une faveur de Dieu, indemnes de tout mal. » (Sourate Âl ‘Imrân, v. 173-174)

Abou Ya‘lâ rapporte d’après Abou Hishâm ar-Rifa‘î, d’après Ishâq ibn Soulaymân, d’après Abou Ja‘far ar-Râzî, d’après ‘Âsim ibn Abî an-Nujoud, d’après Abou Sâlih, d’après Abou Hurayra, que le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a dit (6) : « Lorsque Abraham fut jeté dans le feu, il dit : “Ô Dieu, Tu es l’Unique au ciel et je suis l’Unique sur terre qui T’adore.” »

Selon certains Anciens, l’ange Gabriel l’aurait abordé alors qu’il était suspendu dans les airs et lui aurait demandé : « As-tu besoin de mon aide ? » Abraham répondit : « De toi, non (7). »

(1) Jawba : la jawba : c'est la fosse ronde et large, et tout creux sans construction est une jawba. En marge de B : Al-Jalāl al-Suyūṭī dit dans le Mukhtaṣar al-Nihāya : « Et la ville devint comme une jawba » signifiant une large fosse, et tout creux sans construction est une jawba. (2) Manjanīq : avec un « m » ouvert puis cassé : un engin ancien de siège, avec lequel on lance de grosses pierres contre les murailles pour les détruire. (3) Voir l’exégèse d’al-Ṭabarī (vol. 9, p. 42). (4) Yatajallal : signifie qu’il s’enfonce dans la terre lors d’un affaissement, et al-jaljala désigne un mouvement accompagné d’un bruit. (5) Rapporté par al-Bukhārī (n° 4563) dans son Tafsīr. (6) Rapporté également par Abū Naʿīm dans al-Ḥilya (1/19), et par al-Bazzār comme dans Kashf al-Astār (2349) avec une chaîne de transmission comprenant ʿĀṣim ibn Abī al-Najūd, qui est ʿĀṣim ibn Bahdalah, un narrateur fiable mais sujet à des erreurs. Sa validité est probante dans la lecture coranique, et son hadith est mentionné dans les Sahīḥayn. (7) Rapporté par Abū Naʿīm dans al-Ḥilya (1/20) d’après les paroles de Muqātil et Saʿīd, ceci relève des isrāʾīliyyāt, issu de la narration de Kaʿb al-Aḥbār, et n’est pas authentique, en contradiction avec ce que rapporte al-Bukhārī comme indiqué précédemment.
لينصروا ما هم عليه من سَفَههم وطُغيانهم، فكادَهم الربُّ (جل جلاله) ، وأعلى كلمته ودينه وبرهانَه، كما قال تعالى: ﴿قَالُوا حَرِّقُوهُ وَانْصُرُوا آلِهَتَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ فَاعِلِينَ (٦٨) قُلْنَا يَانَارُ كُونِي بَرْدًا وَسَلَامًا عَلَى إِبْرَاهِيمَ (٦٩) وَأَرَادُوا بِهِ كَيْدًا فَجَعَلْنَاهُمُ الْأَخْسَرِينَ﴾ [الأنبياء: ٦٨ - ٧٠] . وذلك أنَّهم شرعوا يجمعون حَطبًا من جميع ما يمكنهم من الأماكن، فمكثُوا مدَّة يجمعون له، حتى أن المرأة منهم كان إذا مرضت تنذرُ لئن عُوفيت لتحملنَّ حطبًا لحريق إبراهيم. ثم عمدوا إلى جَوْبةً (١) عظيمةً، فوضعوا فيها ذلك الحطبَ، وأطلقوا فيه النَّار، فاضْطَرمتْ وتأجَّجتْ والتهبتْ، وعلا لها شَرَرٌ لم يُرَ مثله قط. ثم وضعوا إبراهيمَ (عليه السلام) في كِفَّة مَنْجنيق (٢) ، صنعَه لهم رجلٌ من الأكراد (٣) ، ويُقال له: "هيزن" ، وكان أَوَّلَ من صنعَ المجانيقَ، فخسفَ الله به الأرضَ فهو يتجلجلُ (٤) فيها إلى يوم القيامة. ثم أخذوا يُقيِّدونه ويُكَتِّفُونهُ، وهو يقول: لا إله إلا أنت سبحانك، لك الحمد، ولك الملك، لا شريكَ لك. فلما وُضعَ الخليلُ (عليه السلام) في كِفَّة المَنْجنيق مُقيَّدًا مكتوفًا، ثم ألقَوه منه إلى النار، قال: حسبنا الله ونعم الوكيل. كما روى البخاريُّ (٥) : عن ابن عباس: أنه قال: حسبُنا اللّه ونعمَ الوكيل، قالها إبراهيمُ حين أُلقيَ في النَّار، وقالها محمَّد حين قيل له ﴿الَّذِينَ قَالَ لَهُمُ النَّاسُ إِنَّ النَّاسَ قَدْ جَمَعُوا لَكُمْ فَاخْشَوْهُمْ فَزَادَهُمْ إِيمَانًا وَقَالُوا حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ (١٧٣) فَانْقَلَبُوا بِنِعْمَةٍ مِنَ اللَّهِ وَفَضْلٍ لَمْ يَمْسَسْهُمْ سُوءٌ﴾ [آل عمران: ١٧٣، ١٧٤] الآية. وقال أبو يعلى: حَدَّثَنَا أبو هشام الرفاعي، حَدَّثَنَا إسحاق بن سليمان، عن أبي جعفر الرازي، عن عاصم بن أبي النجود، عن أبي صالح، عن أبي هريرة، قال: قال ﷺ : "لما ألقي إبراهيمُ في النَّار قال: اللَّهُمَّ إنك في السماء واحدٌ، وأنا في الأرض واحدٌ، أعبدُك" (٦) . وذكر بعضُ السَّلف: أنَّ جبريل عرضَ له في الهواء، فقال: ألك حاجة؟ فقال: أمَّا إليكَ فلا (٧) .
(١) جَوْبة: الجَوْبة: هي الحفرة المستديرة الواسعة، وكلُّ مُنْفتق بلا بناءٍ جَوْبة. وبهامش ب: قال الجلال السيوطي في مختصر النهاية: وصارت المدينة مثل الجوبة، هي الحفرة الواسعة، وكل منفتق بلا بناء جوبة. (٢) مَنْجنيق: بفتح الميم وكسرها: آلة قديمة من آلات الحصار، تُرمى بها حجارة ثقيلة على الأسوار فتهدمها. (٣) انظر تفسير الطبري (٩/ ٤٢). (٤) يتجلجلُ: يغوص في الأرض حين يُخسف به، والجلجلة: حركة مع صوت. (٥) أخرجه البخاري (٤٥٦٣) في التفسير. (٦) وأخرجه أبو نعيم في الحلية (١/ ١٩)، والبزار كما في كشف الأستار (٢٣٤٩) وفي سنده عاصم بن أبي النجود، وهو عاصم بن بهدلة، وهو صدوق له أوهام. حجة في القراءة، وحديثه في الصحيحين مقرون. (٧) أخرجه أبو نعيم في الحلية (١/ ٢٠) من قول مقاتل وسعيد، وهذا من الإسرائيليات، من رواية كعب الأحبار، وهو غير صحيح، ومخالف لما رواه البخاري كما تقدم قبل قليل.

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